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Déclaration de l’UGICT-CGT

Après les États Généraux de la Recherche

Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens de la CGT

Par KISTER, le 2 janvier 2005

Le rapport issu des États généraux de la recherche, adopté à Grenoble le 29 octobre 2004 est issu d’une démarche démocratique résultant d’une large participation de la communauté scientifique. Ce rapport ne saurait en aucun cas être considéré comme un texte parmi d’autres. Il est le socle de référence sur lequel doit se construire la loi d’orientation et de programmation de la Recherche. La prise en compte de ce rapport, dans sa globalité, par le gouvernement, est donc un objectif majeur de l’action syndicale, laquelle devra tout particulièrement veiller à ce que les propositions qu’il contient ne soient pas dévoyées de leurs buts.

L’UGICT-CGT partage l’analyse du rapport quant à la situation de la recherche scientifique et, notamment, la responsabilité des gouvernements successifs en ce qui concerne l’insuffisance récurrente des budgets de la recherche depuis la fin des années 80, la précarisation de l’emploi scientifique et la volonté d’imposer aux chercheurs des décisions prises par les cabinets ministériels « dans l’obscurité de certaines procédures. » (comités ad hoc).

Le rapport souligne la situation désastreuse de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire. Il constate l’insuffisance grave des coopérations scientifiques entre la recherche publique et l’industrie. Cependant, dans ce contexte défavorable, la recherche institutionnelle se maintient « à une position internationale plus qu’honorable. ». Ce constat sans équivoque des Etats Généraux met en cause l’abandon d’une véritable politique de recherche industrielle et interpelle donc directement les entreprises et leur politique de recherche et développement.

Une nouvelle politique scientifique et des réformes appropriées de l’appareil de recherche s’imposent pour répondre aux nouveaux enjeux internationaux. Elles doivent procéder « d’une démarche globale » conforme à l’esprit des États généraux. Elles nécessitent la relance d’une véritable politique industrielle. Ces exigences doivent être prises en compte par la Loi d’orientation et de programmation de la recherche (LOP) en cours de préparation.

L’UGICT-CGT soutient les propositions qui tendent à remettre à niveau l’enseignement supérieur et la recherche universitaire, notamment : l’augmentation des effectifs d’enseignants-chercheurs ; la possibilité réelle d’exercer les deux fonctions d’enseignement et de recherche, par l’allégement des charges d’enseignement et par l’amélioration des conditions d’exercice des fonctions de recherche ; l’instauration d’une évaluation de qualité des personnels et des projets tant pour la recherche que pour l’enseignement.

L’évaluation est au coeur de la réforme proposée par les États généraux. Elle est appelée à structurer la recherche scientifique dans son ensemble. Elle doit notamment permettre « de dominer le morcellement du paysage scientifiqu français entre universités, EPST, EPIC »

Ce système est aussi le seul « qui permette une évaluation comparative, avec un standard commun, de tous les personnels dans l’activité de production des connaissances ». En résumé, ce qui est proposé par le rapport, est une évaluation nationale comparative, faite par des pairs sur une base collégiale. Il conviendra de veiller à ce que cette base soit représentative de la communauté scientifique. L’appel à des experts internationaux, qui peut être utile mais ne saurait être obligatoire, doit se faire suivant des critères bien définis. Les instances d’évaluation doivent être indépendantes des instances décisionnelles.

L’institution de PRES vise à la coordination, à l’échelle régionale ou territoriale de la formation, de la recherche et de la valorisation. Cette fonction est importante pour la cohérence des secteurs publics de recherche et d’enseignement. Une autre de ses fonctions devrait être le renforcement des liens avec le tissu socio-économique local, notamment avec les entreprises, dans une perspective de valorisation et de transfert technologique. Il nous semble qu’il convient de pousser plus loin la réflexion sur l’interface entre, d’une part, une recherche de base développée dans une logique de service public et, d’autre part, des entreprises qui refusent tout pilotage dans le cadre d’une politique industrielle. Il y a un réel problème de gouvernance des PRES par les acteurs régionaux. Des mesures doivent être prises pour empêcher une dérive vers des pôles de compétitivité où les critères financiers d’emportent sur les enjeux technologiques et industriels.

Dans toutes les disciplines, y compris les sciences humaines et sociales, la période doctorale doit être couverte par un statut de travailleur scientifique salarié, avec toutes les garanties sociales inhérentes à cet état. Le début de carrière des jeunes chercheurs scientifiques doit obéir à des règles garantissant, après la thèse, un emploi stable et correctement rémunéré « par des salaires attractifs », par référence à un statut ou une convention collective reconnaissant explicitement leur existence.

L’évaluation des carrières par les pairs doit prendre en compte l’enseignement, les publications, la valorisation, l’expertise, la diffusion des connaissances.

La carrière des personnels doit être basée sur la reconnaissance de la qualification. Elle doit permettre une évolution à la faveur d’une politique de promotion et non à l’aide de gratifications souvent accordées de manière non transparente. Cela implique des remises en ordre, des plans de reclassement (ITA & IATOS), la rénovation des grilles salariales, ce qui est, avec l’abolition de la précarité, un facteur essentiel de l’attractivité des carrières scientifiques.

L’objectif du financement de la recherche à concurrence de 3% du PIB à l’horizon 2010 est plus que jamais d’actualité. Cet objectif conditionne l’accroissement du budget de la recherche et de l’enseignement supérieur de un milliard d’euros par an pendant cinq ans et le respect des engagements pris en matière de création d’emplois. L’UGICT-CGT souligne que l’efficacité de toute politique de recherche implique la mise en oeuvre de politiques industrielles aux échelles nationales et européennes.

Ces politiques doivent passer par la mise en oeuvre de grands projets, dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la santé, des transports et comporter des volets de coopération Nord-Sud.

Paris, décembre 2004