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Lettre aux Directeurs d’Unités

Par Alain Trautmann, le 23 février 2005

Cher(e) collègue,

L’an dernier, grâce au fort engagement des Directeurs d’Unité, soutenus par l’ensemble de la communauté scientifique et relayé par un soutien populaire exceptionnel, nous avons réussi à contrer une mise en danger gravissime de notre système de recherche

Ce mouvement a non seulement permis d’arrêter net l’hémorragie au niveau des budgets et des postes pour l’année 2004, mais il a surtout débouché sur la tenue d’Etats Généraux (EG) qui ont abouti à un socle de propositions ayant reçu un large consensus au sein de la communauté scientifique et universitaire. Un des enjeux majeurs est maintenant de s’assurer que les grandes lignes des conclusions des EG seront reprises dans une Loi d’Orientation et de Programmation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (LOPRES).

Nous sommes maintenant à la veille d’un moment clé. L’Agence Nationale de la Recherche (ANR) est en train d’être mise en place (le 1er CA du 15 février a désigné son président ainsi que le directeur du GIP).. La Loi d’Orientation et de Programmation de la Recherche et l’Innovation (LOPRI), qui va engager un certain nombre de réformes importantes du système de recherche français pour des années, est en cours d’écriture [1]. Sans revenir sur tous les points des propositions des EG et de la LOPRI, deux aspects plus spécifiques mettent en danger le fonctionnement de la recherche en France, et la survie des éléments moteurs de cette recherche, à savoir les Unités de Recherche :

- l’ANR, dont les thématiques prioritaires sont très finalisées, distribuera en 2010 un budget équivalent à deux fois le montant des crédits de base et d’appareillage de tous les EPST et de la recherche universitaire [2]. Autant dire que le rôle de ces derniers dans la politique scientifique sera considérablement amoindri. Cette orientation met particulièrement en danger les Sciences Humaines Sociales (SHS), mais pour toutes les disciplines la liberté d’action apportée par les crédits de base risque de disparaître.

- La LOPRI ne prend pas la mesure de l’enjeu fondamental que représente l’attractivité des carrières scientifiques. Les mesures pour assurer la qualité des formations doctorales et conserver nos jeunes docteurs ne sont pas prises. Le manque d’ambition du plan pluriannuel pour l’emploi ne permettra ni de renforcer l’activité de recherche des jeunes Enseignants-Chercheurs ni de stopper la précarisation des conditions de vie et de travail des plus jeunes. Enfin, la mise en place d’une politique pluriannuelle des postes ITA/IATOSS n’est absolument pas envisagée.

D’autres points de la LOPRI indiquent clairement que cette loi est motivée par une vision à court terme de la recherche. Elle ne permettra pas de donner aux Unités de Recherche plus de moyens, de responsabilités, et les rendra entièrement dépendantes d’une ANR fortement pilotée par les applications à court terme dans un nombre limité de domaines.

A la suite de la divulgation du projet gouvernemental, l’appel lancé par SLR (36000 signatures le 16 février), le succès des manifestations du 4 février, les protestations d’instances scientifiques (dont le CS du CNRS) ont conduit le gouvernement à différer d’un mois la sortie de son texte. Il nous reste donc un mois pour parvenir à modifier le projet de Loi en profondeur.

De par leur position centrale dans l’organisation de la recherche nationale, les DU ont toujours su, dans les moments difficiles, s’impliquer dans l’interpellation des pouvoirs politiques et dans la mobilisation de la communauté scientifique et universitaire. Aujourd’hui à nouveau, SLR s’adresse à eux, dont l’action a été déterminante le 9 Mars 2004, pour qu’ils s’associent aux nouveaux défis que la communauté scientifique et universitaire doit relever : une LOPRES basée sur les conclusions des EG de Grenoble.

En ce sens, nous vous proposons de réunir les personnels de votre unité afin que soient expliqués à tous la gravité de la situation. Une présentation PowerPoint résumant les points les plus problématiques est à votre disposition [3] pour faciliter le travail de présentation. Nous vous incitons également à faire parvenir à tous les membres de votre laboratoire et à vos collègues universitaires, l’appel lancé par SLR [4] ainsi que notre projet alternatif de programmation [5] qui peut servir de base à l’ouverture d’un débat au sein de votre unité.

Cher Collègue, nous avons besoin de vous, de votre parole explicite et solidaire. La réponse forte et rapide de la communauté a déjà commencé à faire reculer le gouvernement. C’est maintenant que se joue une partie essentielle pour l’avenir de la Recherche.

Alain Trautmann. Porte-parole de Sauvons-la-recherche

PS : le collectif Sauvons la Recherche, par le biais de ses comités locaux [6] se tient à votre disposition pour assurer la diffusion d’informations et pour discuter des actions à mener.

[1] http://www.sncs.cnrs-bellevue.fr/IM...

[2] Selon les chiffres de l’avant-projet rendu disponible le 13 janvier. Depuis, le gouvernement déclare que ce n’est qu’un brouillon, sans avancer aucun autre chiffre.

[3] http://recherche-en-danger.apinc.or...

[4] http://recherche-en-danger.apinc.org/

[5] http://recherche-en-danger.apinc.or...

[6] http://recherche-en-danger.apinc.or...