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La journée d’action du 9 mars 2005 a été un succès !

Par Alain Trautmann, le 11 mars 2005

La journée d’action du 9 mars 2005 a été un succès !

Symboliquement, la Foire aux Jeunes Chercheurs sur site e-Brain, parodie du site e-Bay est une opération médiatiquement très réussie, bien reprise par des médias comme Libération, Télérama et le Monde (qui en a fait, en première page du 10 mars, son "ventre"). Ce n’est que justice car ce site est chargé d’une signification symbolique forte et juste. Merci à ceux qui l’ont organisé, et en particulier à SLR-JC (http://slr-jc.jeunes-chercheurs.org/ ).

Dans de nombreuses métropoles universitaires, les actions ont été très visibles, avec, dans certaines d’entre elles, des taux de participation comparables à ceux des mobilisations les plus fortes de 2004. Dans d’autres, qui s’étaient mises en veille après les Etats Généraux, il y a eu un très net regain de mobilisation. Les difficultés de la situation actuelle n’ont pas empêché qu’émergent des formes d’action originales suivant les villes, démontrant l’efficacité d’un fonctionnement basé sur des comités locaux. Ainsi :

- A TOULOUSE ont été organisées des ventes aux enchères de CV de jeunes chercheurs, des courses en sac à l’excellence et à la prime, des concours de réponse à un appel d’offres en un minimum de temps. L’objectif pour les 700 manifestants était de donner à ce regroupement la forme d’un carnaval illustrant la "grande braderie de la recherche".

- A LYON, un millier de manifestants est allé de la place Bellecour à la place des Terreaux. A l’arrivée aux Terreaux, le cortège a rebaptisée la place ’Place Galilée - chercheur opprimé". Puis la fontaine de la Garonne a été décorée avec : des pancartes sur les deux chevaux de tête, repabtisés « Recherche libre et indépendante » et « Recherche publique et fondamentale » ; des blouses, auxquelles des grappes de ballons ont été attachées, se sont envolées, attachées aux rênes des chevaux. Le tout accompagné de la fanfare de l’ENS. Images et CR sur notre site ainsi que sur l’espace Lyon du site national.

- A BORDEAUX, 600 personnes, chercheurs, étudiants, doctorants, enseignants, ont manifesté à l’appel du collectif "Sauvons la recherche - Aquitaine", pour protester contre le pré-projet de loi de programmation pour la recherche. Les manifestants ont défilé jusqu’à la poste centrale pour envoyer une lettre aux parlementaires portant quelque 1.000 signatures.

- A MARSEILLE, 800 manifestants ont défilé de la Gare Saint-Charles au Vieux Port. Les manifestants s’étaient auparavant rassemblés en assemblée générale à l’Université de Saint-Charles où ils ont fait circuler un texte baptisé "Le serment des Marseillais". Dans ce texte, les signataires font serment de se battre par tous les moyens pour poursuivre la lutte, de se réunir régulièrement à jour et heure fixes sur une place de Marseille pour mobiliser l’opinion publique et présenter toutes les semaines dans la presse des encarts exposant un cas de jeune chercheur obligé d’aller vendre ses compétences à l’étranger. Si ces actions s’avéraient sans effet, les signataires s’engagent à renforcer leur action en reconsidérant, chacun à leur niveau, une forme de démission administrative de leurs responsabilités respectives dans la recherche et l’enseignement supérieur du pays. Les chercheurs ont ensuite emprunté le petit ferry-boat qui traverse le vieux port pour y jeter une gerbe à la mémoire de la recherche.

- A GRENOBLE, les chercheurs avaient installé un stand d’information où ils faisaient signer la pétition nationale, et ont recueilli plus de 1200 signatures.

- A LILLE, environ 300 personnes (plus que le 4 février) se sont réunis en fanfare et en chansons devant la Préfecture pendant une heure avant d’être reçu par le préfet.

- A STRASBOURG, où il y avait peu de mobilisation depuis les Etats Généraux, une AG a réuni 200 chercheurs, ITA, et doctorants. La plupart des intervenants ont souhaité que le mouvement soit durci, et relancé avec l’intersyndicale.

- A NANCY, après une AG intersyndicale et SLR et avec le soutien des conseils scientifiques des trois universités, 500 chercheurs et étudiants ont défilé de la Faculté des Lettres à la préfecture pour exprimer leur mécontement face au projet de loi sur la recherche et l’innovation , et ont été reçus par le préfet.

- A CLERMONT-FERRAND, environ 70 chercheurs en blouses blanches ont informé la population et fait signer la pétition en centre ville (environ 500 signatures recueillies). La mobilisation, qui était assez faible depuis les Etats Généraux, est en phase d’amplification très nette.

- Au HAVRE, rassemblés sur le parvis de l’université du Havre (centre ville) avec les slogans hostiles au projet de LOPRI, une cinquantaine d’enseignant-chercheurs ont dialogué avec la population.

- A NICE une centaine de personnes s’est rassemblée devant la préfecture, et une délégation a été reçue par le Préfet.

- A NANTES, SLR Pays de la Loire a organisé avec l’intersyndicale des réunions en amphi sur les différents sites universitaires nantais. Une manifestation de 300-400 personnes a eu lieu devant la préfecture avec une chorale de thésards et post doctorants, munis de leur bagages symbolisant leur obligation de départ vers l’étranger. Une délégation de SLR Pays de la Loire a ensuite été reçue.

- A BREST, une Assemblée Générale de l’Université, tenue à l’appel de son président, a réuni environ 300 personnes. Apres cette AG, nous avons ensuite enchaine sur un "sit in" sur le parvis de la faculte des lettres (en plein centre ville de Brest) et une manifestation de 150-200 personnes a eu lieu au centre-ville. Elle réunissait du personnel de l’Université, du CNRS, de l’INSERM, de la station biologique de Roscoff (UPMC), de l’Ifremer, de l’Ecole Nationale d’Ingenieurs de Brest et de l’Ecole Nationale Supérieure de Télécommunication de Brest.

Il y a eu aussi des rassemblements à Tours, Poitiers, Orléans, Angers.

- A PARIS, la manif était certes en-deçà de celle du 19 mars 2004, mais elle était plus importante que celle du 4 février 2005. Nous estimons la participation du 9 mars à 7000 personnes (3 000 selon la préfecture de police, qui estimait à moins de 1000 la participation à celle du 4 février).

Cette manifestation avait été précédée d’une assemblée générale à la Sorbonne, où plus de 200 chercheurs et personnels techniques non statutaires se sont rassemblés pour signer une lettre de « non-démission » en miroir aux démissions de directeurs d’unités le 9 mars 2004. Ils ont réaffirmé leur détermination à se battre, aux côtés de tous les acteurs de la recherche. En parallèle à la signature organisée selon une chorégraphie permettant à chacun de descendre signer sa petition et s’équiper de brassards rouges et noirs pour la manifestation, une tribune libre a été organisée. Quatre thèmes (Précarité, Formation doctorale, débouchés et emploi, fonctionnement de la recherche et de l’enseignement supérieur) ont été discutés par l’assemblée après de courtes introductions par les diverses associations de doctorants et jeunes docteurs (Confédération des Jeunes Chercheurs, Droit D’entrée, Association Nationale descandidats aux métiers de la science politique, Jeunes Chercheurs Contre la Précarité, SLR-Jeunes Chercheurs) . L’ambiance était très chaleureuse mais également très déterminée. De nombreux journalistes ont pu en témoigner dans les médias.

Les lettres ont été remises au ministère de la recherche mais la délégation, qui comptait au moins pouvoir s’entretenir avec le directeur de cabinet du ministre, n’a pas été reçue.

Toutes ces initiatives montrent l’imagination à l’oeuvre à SLR, sa vitalité, la créativité et la capacité de mobilisation des différents comités locaux. Chaque fois, il y a eu une très bonne couverture par les médias locaux (journaux, radios, FR3), avec des invitations de militants SLR dans plusieurs d’entre eux. Alors que certains pariaient sur notre essoufflement nous avons démontré que le rapport de forces nous est toujours favorable. Nous allons continuer, de toutes les façons possibles, à maintenir la pression pour peser dans la négociation sur le projet de LOP. Il faut que, localement et nationalement, nous continuions à nous adresser aux médias et, à travers eux, à nos concitoyens.

Nous rappelons enfin que le Premier Ministre s’est engagé personnellement à nous recevoir d’ici moins de deux semaines, avec un projet de texte.