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Lettre au Président de la République

Par Alain Trautmann, le 30 mars 2005

Paris, le 29 mars 2005

Monsieur le Président,

La crise que traverse la recherche française peut être salutaire à notre pays si elle aboutit rapidement à une réforme ambitieuse de notre système de recherche et d’enseignement supérieur. Il faut pour cela que chacun tienne ses engagements.

La communauté scientifique avait annoncé qu’elle remettrait au gouvernement à l’automne 2004 un ensemble de propositions de réforme fondé sur une analyse en profondeur des forces et faiblesses de notre système de recherche et d’enseignement supérieur. Nous avons tenu cet engagement, dans les délais annoncés.

Vous vous êtes engagé en 2004 à faire de la Recherche l’une de vos priorités en réaffirmant l’objectif fixé au sommet européen de Lisbonne de 3% de la richesse nationale consacrés à la recherche d’ici 2010. Or en 2005, les crédits des laboratoires et le nombre de postes offerts au recrutement sont toujours en stagnation. Vous avez annoncé, le 7 Janvier 2004, puis le 18 Mars dans une lettre que vous nous avez adressée, qu’un projet de LOP serait soumis au Parlement avant la fin 2004. Depuis, la date de discussion de ce projet en Conseil des Ministres n’a cessé d’être reportée de mois en mois. Le Ministre de la Recherche a évoqué récemment la possibilité d’un nouveau report de cette discussion en octobre 2005, ce qui signifierait que sa mise en œuvre ne débuterait qu’en 2007 !

Pour les professionnels de la recherche et pour nos concitoyens, un tel retard serait inacceptable. Chaque année qui passe aggrave le retard qui nous sépare des Etats Unis et maintenant des pays asiatiques. Vous-même venez de rappeler, au Japon, l’importance de la recherche pour l’avenir de notre pays. Or, chaque année qui passe voit fondre le nombre de jeunes qui s’engagent dans les filières scientifiques et dans les doctorats, faute de réels débouchés, alors que ce pays manquera cruellement de chercheurs, d’ingénieurs et de docteurs à très brève échéance.

Monsieur le Président, les mesures que vous vous êtes engagé à prendre, il y a de cela plus d’un an, doivent entrer en vigueur dès à présent. Si tel n’était le cas, cela donnerait inévitablement l’impression que vous renoncez à vos engagements, ainsi qu’à ceux qui ont été pris, au nom de la France, à Lisbonne, pour la recherche européenne. Un tel reniement sur un sujet qui engage l’avenir de notre pays au sein de l’Europe serait incompréhensible pour les scientifiques et leurs concitoyens.

Aussi, comme il y a un an, nous en appelons à vous. Nous vous demandons avec solennité d’intervenir pour que le gouvernement s’engage sur un calendrier définitif, qui ne sera plus remis en cause. Nous souhaitons que le 6 avril, le comité de suivi des Etats Généraux apprenne du Premier Ministre entouré des ministres François Fillon et François d’Aubert, quelles sont les principales propositions du gouvernement pour ce projet, en ce qui concerne le plan pluriannuel pour l’emploi, le financement des organismes de recherche et des universités, ainsi que les réformes de structures majeures. Sur la base de ces propositions formulées dans un document, des négociations devraient s’engager immédiatement avec les syndicats et le collectif SLR, afin qu’un texte puisse être soumis début mai au Conseil d’Etat. Nous attendons de vous un suivi de ce dossier qui permette de faire en sorte qu’un texte soit présenté en conseil des ministres en juin, afin qu’il puisse être aussitôt discuté au Parlement.

Monsieur le Président, la Recherche est un enjeu fondamental pour l’avenir de notre pays et sa situation actuelle est grave, vous ne pouvez rester silencieux.

Au nom de "Sauvons la Recherche", je vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma respectueuse considération.

Alain Trautmann