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POURQUOI NOUS DEVONS MANIFESTER LE 20 MAI

le 19 mai 2005

Message à tous les signataires, le 19 mai 2005

Cher(e) signataire de l’appel SLR,

Depuis janvier 2004, SLR vous a appelé à 5 reprises à participer à des journées d’action. Nous ne l’avons jamais fait sans un objectif clair et sans avoir l’intime conviction que seule une mobilisation visible de la communauté scientifique pouvait débloquer la situation. Ces journées ont toutes été des succès, et elles ont toutes contribué de façon décisive aux avancées que nous avons obtenues.

SLR appelle une nouvelle fois à se mobiliser demain, vendredi 20 mai. Certains d’entre vous pourraient considérer que cette mobilisation ne se justifie pas : François Fillon ne vient-il pas d’annoncer un ensemble de mesures qui peuvent être considérées comme très positives par rapport au projet de loi sur la recherche ? Le gouvernement essaie de présenter ce nouvel appel comme une réaction irrationnelle de notre part. La réalité, c’est qu’aujourd’hui comme hier, SLR appelle à des actions lorsque le dialogue n’avance plus, alors que persistent des enjeux essentiels pour la recherche.

Nous reconnaissons et saluons sans réserve les avancées, résultat du dialogue avec le gouvernement, et de la pression exercée sur lui par votre mobilisation et le soutien de l’opinion publique. Ces mesures, qu’il s’agisse des 6 milliards supplémentaires pour la recherche, ou des postes statutaires créés dans la recherche et l’enseignement supérieur, ce n’est pas rien !

Nous ne sommes absolument pas dans une optique de surenchère, mais nous sommes inquiets car des éléments qui seront déterminants pour cette loi demeurent cachés. En particulier, pourquoi le gouvernement s’obstine-t-il à refuser de dire, quantitativement quel sera l’équilibre entre les moyens de l’ANR (Agence Nationale pour la Recherche) et ceux des organismes de recherche et des universités ? Suivant la position de ce curseur au sein des 6 milliards, on peut avoir une croissance équilibrée des deux types de structures de financement, ou bien on peut avoir une catastrophe. En effet, si l’ANR croissait au rythme encore annoncé début mai par le directeur de cabinet de François d’Aubert pour 2006 (350 millions par an), alors cet organisme rapidement surdimensionné étoufferait les organismes de recherche : il deviendrait en 2010 la première source de financement pour les laboratoires de toute la recherche publique qui serait alors assujettie à un pilotage direct par le ministère. De plus, cette croissance aboutirait en quelques années à ce que la majorité des postes créés dans la recherche le soient sur CDD. Ce n’est pas un détail !

Autre point qui n’est pas un détail : nous sommes très inquiets du risque que les jeunes continuent à se détourner des carrières de la recherche. Pour enrayer ce processus, il faut non seulement les propositions qualitatives mises en avant par F. Fillon, mais il faut aussi y consacrer une masse budgétaire. Laquelle ? Nous n’avons jamais eu de réponse à cette question. Or il y a urgence. Ce n’est pas dans 3 ans qu’il faudra prendre des mesures énergiques dans cette direction.

Voilà pourquoi nous disons que des annonces sur les mesures de programmation budgétaire sont un élément indissociable des propositions qualitatives. Voilà pourquoi nous sommes persuadés que l’obstination du gouvernement à les dissocier, en prenant ainsi la responsabilité d’une rupture du dialogue, cache un risque majeur.

Nous pouvons être tout près d’obtenir une bonne loi. Pour cela il faut que le gouvernement abatte toutes ses cartes, et fasse des propositions pour la recherche qui garantissent un fonctionnement équilibré des structures, une attractivité pour les métiers scientifiques, et une recherche autonome. Nous avons beaucoup à gagner, mais tout autant à perdre, c’est pourquoi nous n’avons pas le droit de relâcher maintenant notre effort, nos pressions.

Nous vous appelons à venir soutenir, avec nous dans la rue ce 20 mai, cette demande responsable d’une bonne loi pour la recherche.

En espérant que ce sera la dernière ! A ne pas manquer !

Cordialement

Alain Trautmann, porte parole de SLR