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Communiqué de presse du SNTRS-CGT

A propos de l’installation de l’Institut National du Cancer (InCa)

Sans attendre la future LOP, la transformation en profondeur de la recherche publique avance vite ! Et la liquidation de l’INSERM est déjà bien avancée !

Par KISTER, le 1er juin 2005

Le plan Cancer, initié par le Président Chirac dès 2002, entre dans sa phase concrète avec l’installation officielle du GIP Institut National du Cancer (INCa) le 24 mai 2005. Si on peut penser qu’il y a sans doute du "bon" à la création de l’INCa du point de vue "action" contre le cancer (une certaine coordination des moyens de soins, d’informations, de cliniques et de recherche), il n’en reste pas moins que cela entre dans une politique claire du gouvernement d’éclatement de la recherche Biomédicale et en Santé par l’externalisation des recherches menées à l’INSERM et dans le département des Sciences de la Vie (SDV) du CNRS en différents "Instituts- Agences de pilotage, de moyens et d’évaluation" selon les "grandes pathologies" : SIDA-Hépatites avec l’ANRS, Cancer (thème on ne peut plus transversal car toutes les cellules de tous les organes ont leur "cancer") avec l’INCa et les Cancéropôles. De plus, le Ministre D’Aubert, dans son discours, annonce pour bientôt un nouvel institut de "neurologie" avec des "Neuropôles", puis ensuite des "Instituts" sur l’infectiologie, le cardiovasculaire. Quand on sait qu’il est aussi question d’une nouvelle agence en "Santé Publique" (prévue dans la loi du même nom votée en 2004), d’une agence de "Santé au travail" prévue dans le Plan Santé-Travail 2005-2009, sans oublier les "génopôles" créées il y a déjà longtemps, il ne va pas rester grand chose à l’INSERM et au SDV-CNRS ! De plus, avec l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), les organismes de recherche, comme le CNRS et l’INSERM, se retrouvent "gestionnaires" des appels d’offres concernant leurs domaines de compétence. Autrement dit, les organismes de recherche ne sont même plus des "agences de moyens" mais seulement des "gestionnaires de projets" ! Ce sont l’ANR, l’INCa, l’ANRS qui sont les "agences de moyens" et donc qui décident à qui seront donnés les crédits et les CDD sur projets. De plus les organismes se voient retirer l’évaluation par des comités d’experts nommés par ces agences !! En effet, les projets de l’INCa, comme ceux de l’ANR, seront « évalués » par un « Conseil Scientifique » de personnalités nommées dont un tiers venant de l’étranger. Le Ministre de la Recherche, D’Aubert, a même indiqué « en ce qui concerne l’évaluation, le fonctionnement des cancéropôles est sans aucun doute un exemple à suivre pour la recherche française ». Ce qui veut dire, dans la période actuelle de préparation de la Loi d’Orientation et de Programmation, que le gouvernement privilégie la mise en place de « comité ad hoc », pompeusement appelés « conseil scientifique », au détriment des instances scientifiques des organismes de recherche comme les Commissions Scientifiques de l’INSERM ou les sections du Comité National du CNRS, lesquelles garantissent à la fois une véritable évaluation nationale et comparative par les pairs et le respect de la démocratie par une représentation large des différentes catégories de personnels. Enfin, dans les discours prononcés, presque rien ne concerne les cancers d’origine professionnelle ! Or, il y a près de 20 000 cancers évitables d’origine professionnelle en France par an. Et pourtant cette véritable catastrophe sanitaire annuelle ne remue pas les foules ! Pour le SNTRS CGT, il ne s’agit plus alors de restreindre la lutte contre le cancer à l’éducation pour la santé, mais de développer une connaissance critique des risques industriels pour une stratégie de prévention primaire. L’utilisation des produits cancérogènes aujourd’hui en milieu de travail prépare les cancers de demain.

Dans le cadre du mouvement des personnels de la recherche, le SNTRS CGT appelle les personnels de la recherche publique et la population à se mobiliser pour défendre le service public de recherche par le maintien des crédits récurrents aux unités, du recrutement jeune et des statuts des personnels titulaires, afin que puisse encore exister une recherche fondamentale non finalisée dans le domaine de la santé, de la biologie et de la recherche biomédicale.

Pour tout contact : Jean KISTER, 06 82 35 35 33, kister@kb.inserm.fr