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Donner plus à ceux qui ont tout, malheur aux autres.

Par Dezellus, le 9 novembre 2005

Ce gouvernement est d’une redoutable cohérence. Il applique de façon systématique à la société française un programme guidé par une idéologie féroce. Prenons un exemple : quel rapport à priori entre la banlieue et la recherche publique ? Coïncidence budgétaire tout d’abord : les subventions aux associations éducatives, complémentaires de l’école, qui créent du lien dans les quartiers et donnent un coup de pouce aux jeunes en difficulté scolaires ont vu leurs subventions fondre de 20% en 4 ans. Dans le même temps, depuis 2003, la recherche publique subit également des annulations et gels de crédits. Ces annulations sont justifiées par les moins-values fiscales, le petit nom doux pour désigner les cadeaux fait par l’Etat aux plus riches parmi les riches, entreprises et contribuables.

Dans le domaine de l’emploi, les statistiques du chômage indiquent clairement que les jeunes gens des quartiers dits sensibles sont malheureusement exclus du marché du travail et ce quel que soit leur niveau de qualification. De manière analogue, les jeunes doctorants en possession du grade universitaire le plus élevé délivré dans notre pays sont rejetés par les entreprises qui leur préfèrent les ingénieurs : en France 13% des cadres du secteur privé sont titulaires d’un doctorat contre plus de 50% chez nos voisins européens ! Face à ces situations, la réponse gouvernementale consiste en une uniformisation massive de la précarité : Contrat Nouvel Embauche (CNE) pour tous et emplois aidés pour docteurs BAC+8 dans les entreprises (contrats CIPRE)... Ces deux exemples illustrent parfaitement une volonté constante du gouvernement d’institutionnaliser la compétition et l’élitisme à outrance quitte à en payer le prix en terme d’exclusion. On constate ainsi que toute la proposition du « Pacte pour la Recherche » est construite autour de cette volonté constante d’excellence, c’est-à-dire d’exclure ceux qui ne le sont pas (excellents). Inéluctablement, le texte proposé, s’il est mis en œuvre, conduira rapidement à un enseignement supérieur à deux vitesses : quelques « campus de Recherche », adossés aux pôles de compétitivité, eux-mêmes adossés aux industries, qui draineront l’essentiel des moyens et des postes, et une Université dans laquelle l’enseignement dispensé aura été séparé de la production de connaissances et délivrant au plus grand nombre des licences qui seront de simples passeports pour l’ANPE. Cela aussi les banlieues l’ont compris. Ils ont vu ces grands frères et grandes sœurs travailler avec acharnement pour décrocher un diplôme, acquérir une formation, qui dans leurs mains, se révèle sans valeur sur le marché du travail. Et cela, le soi-disant Pacte ne peut que l’aggraver.

Ce gouvernement construit, jour après jour, une politique d’exclusion, de relégation aux oubliettes de l’histoire des obscurs, des sans-grade, de tous ceux qui n’ont pas l’honneur insigne d’apparaître en beauté dans la lumière des medias. Aujourd’hui la jeunesse, force d’une nation, des jeunes de banlieue aux docteurs-chômeurs se lève pour rappeler à tous que pour vivre ensemble, la Liberté de quelques uns doit savoir céder le pas à la Fraternité de tous.

Olivier Dezellus, Olivier Gandrillon, Patrick Laloi (membres du collectif Lyonnais "Sauvons la Recherche")