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Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique (SNTRS CGT)

Crise au CNRS : faisons entendre notre voix !

Par KISTER, le 16 décembre 2005

Le SNTRS-CGT partage l’inquiétude de l’ensemble des personnels du CNRS sur l’avenir de l’organisme. Des articles de presse récents, supputant sur la durée de l’agonie de l’organisme, circulent massivement dans les laboratoires. Mais au-delà de ragots de certains journalistes, les faits sont là.

· Les désaccords entre la présidence et la direction générale de l’organisme sont maintenant connus de tous sans que l’on en perçoive clairement les motivations. A un mois du début de l’année 2006, les directions scientifiques et leurs équipes ne sont toujours pas mises en place. · Le conseil scientifique n’est toujours pas opérationnel, les membres élus l’ont été en juin 2005, la nomination des membres étrangers n’est toujours pas faite. Les futurs Conseils Scientifiques de Département ne seront mis en place au mieux qu’en juin 2006. Pire, alors que depuis leur création, le décret ne permet, ni aux enseignants chercheurs, ni aux personnels de physique nucléaire d’être éligibles, le CNRS n’a rien fait pour remédier à cette exclusion ! Y aurait-il un accord occulte entre le ministère et la direction pour montrer que le CNRS peut fonctionner sans instance d’évaluation à la veille du vote du pseudo-Pacte pour la recherche ? · Les restructurations en cours s’accélèrent, même si parfois, le discours des Directeurs Scientifiques Adjoints et celui des Directeurs Scientifiques diffèrent quand ils ne sont pas contradictoires. Sans en percevoir les nécessités scientifiques, les personnels et les directions de laboratoires en comprennent les dangers concrets en terme de volonté d’économie de moyens humains et financiers. · La valse des reformes mal-menées s’accélère : le 28 octobre, la DR28 qui gère les personnels de l’INP3 a été dissoute ; déjà la délégation de Gif qui gère beaucoup de laboratoires de l’IN2P3 annonce qu’elle ne sera pas en mesure de rembourser les missions avant le printemps prochain. Les élus au comité national s’inquiètent de savoir s’il y aura encore des assistants de gestion affectés aux sections ; à 15 jours de Noël, une partie des personnels du siége ne sait pas qui sera affecté aux nouvelles fonctions de la Direction Scientifique Générale.

Le budget 2006, qui a été adopté au Conseil d’administration du 1er décembre 2005, malgré l’opposition du SNTRS-CGT et du SNCS-FSU et l’abstention du SGEN-CFDT est un mauvais budget. La dotation d’Etat n’augmente que de 3,4%.

· L’augmentation de 50,8 M€ de la masse salariale (sur un total de 1536 M€) est consommée pour moitié par la revalorisation du point d’indice en 2005 (+1,8%). Seules mesures nouvelles : 2,17 M€ pour les 200 créations de postes de titulaires à compter du 1er octobre 2006, 1,74 M€ pour l’accueil des 93 CDD en septembre 2006 et 4,93 M€ pour l’augmentation des primes (ISFIC* et des PPRS) avec la volonté d’individualiser.

· La dotation 2006 des laboratoires sera identique à celle de 2005. Soit une perte en pouvoir d’achat, pour les départements Sciences Chimiques, SDU, SHS et SPI, elle baissera de 2% en PNC, de 1% en SPM et n’augmentera qu’en STIC (+1,2%) et en SDV (+11%).

· Pire, en comparatif avec le budget primitif de 2002, tous les budgets des départements, accusent une perte en euros courant de -4,13% pour SC, -3,92% pour SPI, -4,8% pour SPM, -7,24% pour IN2P3 (il faut y ajouter l’inflation de 4 années soit 8%). Sur la même période, SHS augmente de +1,35%, STIC de 4,82% et SDU+INSU de +2,91% : ils baissent donc en euros constants ! Seul SDV augmente de 22,9%.

· Et, les programmes interdépartementaux s’effondrent en 4 ans de 47,6% ce qui traduit bien l’incapacité budgétaire de mener une réelle politique scientifique interdisciplinaire. C’est une conséquence du pilotage par l’ANR.

Seule la part ressources propres du CNRS augmentera en 2006 sous l’effet escompté des projets de l’ANR. Le CNRS attend en complément de recette 15M€ au titre de 2005 et 76 M€ au titre de 2006.

Ce budget prouve de façon indéniable que le CNRS se transforme rapidement en « hôtel à projet ». Il fournit la main d’œuvre, le gîte et le couvert et les labos vont chercher les rations de survie à l’ANR ou dans les fondations.

Comment dans ces conditions attendre de la direction qu’elle fasse autre chose qu’envoyer des recommandations à l’ANR pour son appel d’offre 2006 . Avec son projet, le Directeur Général avait déjà renoncé à défendre la place du CNRS qui avait été construite par les personnels. En renonçant maintenant à défendre un projet scientifique cohérent pour l’organisme, il fait perdre toute illusion à eux qui croyaient qu’il voulait que le CNRS reste un véritable établissement de recherche.

Depuis sa fondation, le CNRS a su maintenir le haut niveau de la recherche française. Aujourd’hui il est mis à mal, par le poids de l’ANR, par les effets pervers du projet de loi, par les désorganisations induites par la réforme. Qu’il soit lent ou rapide le démantèlement se prépare. Il est temps de réagir. Le SNTRS-CGT appelle tous les personnels à se défendre et à défendre le CNRS.

SNTRS - CGT, , Bat. I, 7rue Guy Môquet, BP8, 94801 VILLEJUIF Cedex Tél : 01 49 58 35 85 - Fax : 01 49 58 35 33 Web : http://www.sntrs.fr - Mél : sntrscgt @vjf.cnrs.fr