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Communiqué de presse du 11 janvier 06

le 11 janvier 2006

Le gouvernement vient d’utiliser la démission récente du président du CNRS, Bernard Meunier, comme prétexte au limogeage de son directeur général, Bernard Larrouturou. A plus d’une reprise, SLR a critiqué l’action de B. Larrouturou. Nous l’avons fait lorsqu’en 2004 il a commencé la mise en place de sa réforme du CNRS, sans tenir aucun compte du travail alors en cours de préparation des Etats Généraux de la Recherche. Nous l’avons fait en critiquant une vision trop managériale de l’organisation du CNRS, basée sur des schémas préconçus, forçant des associations non désirées, prenant trop peu en compte les propositions faites par les laboratoires. Nous avons vivement désapprouvé sa politique de "cavalier seul" du CNRS au détriment de possibles rapprochements avec d’autres organismes, dont en particulier l’INSERM.

Pour autant, nul ne doutait du fait que B. Larrouturou se battait pour défendre le CNRS, selon sa vision. Ce changement brutal imposé par le gouvernement à la tête de cette institution est manifestement une décision hostile au CNRS. En effet, il n’y aucune logique apparente à commencer par approuver la "réforme Larrouturou" (ce qu’ont fait les représentants du ministère au CA du CNRS), puis à limoger l’artisan de cette réforme, la rendant sans doute inapplicable (bon prétexte ensuite pour dire que le CNRS est irréformable). Difficile d’y voir autre chose qu’une volonté de déstabilisation de cette institution, déjà menacée par le surdimensionnement de l’ANR, et par la faiblesse des moyens dont elle va se voir dotée dans la loi. Ce n’est pas par hasard que l’organisme ainsi visé est celui qui est au coeur de l’activité de recherche fondamentale dans notre pays (même s’il n’en a pas l’exclusivité), et qui fonctionne avec des structures dans lesquelles la voix des acteurs de la recherche peut se faire entendre.

Il y a dans ce limogeage la même logique que dans “ le pacte pour la recherche ” : la défiance vis-à-vis des institutions scientifiques et des chercheurs, une défiance qui conduit à placer toutes les fonctions de responsabilités entre les mains de personnalités nommées - et donc révocables - par le pouvoir politique, celle de marquer une nouvelle fois que les responsables du système de recherche doivent être "aux ordres". Ainsi, le Haut Conseil de la Science qui sera mis en place par la loi, pour l’instant, le sera dans des conditions telles qu’il n’aura aucune indépendance. Quant aux dirigeants des organismes de recherche, ils sont limogés (ce fut le cas aussi de la précédente DG du CNRS, G. Berger, et du PDG de l’IFREMER, J-F Minster) ou menacés de l’être s’ils refusent de faire preuve de docilité. Les conseils d’administration, où siègent bien souvent des élus des personnels, sont ainsi mis hors jeu, par l’arbitraire des interventions politiques. Ces manifestations d’autoritarisme donnent une image pitoyable de la capacité politique des dirigeants qui les prennent, et de l’intérêt réel qu’ils ont pour l’avenir de la recherche dans notre pays.