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Le 28 février, dans la rue nous dirons : ce n’est pas la loi sur la recherche dont notre pays a besoin !

le 21 février 2006

Le dernier acte de la loi sur la recherche va se jouer en 3 jours, du 28 février au 2 mars 2006.

La communauté scientifique française a voulu une loi d’orientation et de programmation de la recherche pour laquelle elle a fait un ensemble de propositions rassemblé dans le texte des Etats Généraux de la Recherche (octobre 2004). Le gouvernement a d’abord fait traîner toute une année ce projet de loi, avant de décider d’une discussion en urgence en décembre 2005 au Sénat, puis de le reporter pour cause de nouvelle urgence (le passage en force du Contrat Première Embauche). La loi sur la recherche va enfin être discutée à l’Assemblée Nationale, le 28 février.

Sera-t-elle réellement discutée ? On peut se poser la question, étant donné qu’au Sénat, le débat a été totalement verrouillé (voir sur le site SLR : Projet de loi sur la recherche : le Sénat n’a pas joué son rôle de législateur).

Pourtant cette loi est éminemment discutable.

L’effort sans précédent annoncé par le gouvernement correspond, selon les chiffres officiels, à environ 2% d’augmentation par an (hors inflation), dans un pays où l’augmentation annuelle du PIB est du même ordre de grandeur... L’effort financier supplémentaire se concentre sur le soutien à la recherche privée à travers les programmes orientés de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), de l’AII (Agence de l’Innovation Industrielle) et des pôles de compétitivité. La recherche fondamentale conduite dans les universités et les organismes de recherche ne reçoit aucun soutien spécifique.

En l’absence de perspectives professionnelles attrayantes, les jeunes se détournent de plus en plus des filières scientifiques menant à la recherche. Avec ce projet la France s’installe dans les dernières places parmi les nations développées pour ce qui concerne l’investissement national par étudiant (7200 $ /an/étudiant, l’Allemagne y consacrant 30% de plus et les USA presque trois fois plus !). Vis-à-vis des jeunes (futurs) chercheurs, un signal fort était vital. Pourtant le projet refuse d’inclure dans la loi une programmation de l’emploi statutaire sur 5 ans, comme il refuse une augmentation vigoureuse du financement des doctorants. Pour l’emploi, le projet vise en réalité à amplifier le poids relatif de l’emploi précaire. L’ANR délivrera environ 10000 CDD de 18 mois à l’horizon 2010. Avec cette logique, nous allons dans le mur !

Les scientifiques ont fait des propositions pour améliorer sérieusement le système d’évaluation dans les universités, ce qui était nécessaire. Mais une telle réforme ne portera pas de fruit si on ne l’associe pas à des moyens financiers et humains nettement augmentés. Or le projet vise à laisser stagnants les moyens attribués directement aux organismes de recherche et aux universités. Il y a un décalage choquant entre le fait que ces derniers seront plus intensément évalués sans pour autant avoir de moyens, alors qu’au même moment le plus gros de l’effort portera sur des systèmes de financements (ANR, AII, Crédit Impôt Recherche, pôles de compétitivité), pour lesquels AUCUN système sérieux d’évaluation de leur efficacité n’est prévu (ni même aucune contrepartie, comme l’embauche de jeunes docteurs, pour le Crédit d’Impôt) !

L’épanouissement de la créativité des chercheurs est incompatible avec un pilotage en détail de leur activité. Le projet prévoit un renforcement de ce pilotage à tous les niveaux, en particulier à travers le surdimensionnement relatif du budget d’une Agence Nationale de la Recherche dépourvue de Conseil Scientifique, ou le mode de désignation et de fonctionnement du Haut Conseil de la Science. L’intervention brutale du pouvoir politique dans la gestion des organismes de recherche vient d’être illustrée une nouvelle fois par le limogeage récent du Directeur Général du CNRS.

Le gouvernement sait fort bien que son projet de loi est très éloigné des propositions constructives faites il y a plus d’un an par la communauté scientifique, au terme d’une analyse approfondie. Cette loi, il va donc chercher à la faire passer puis à l’appliquer en force. Pour dire publiquement notre désaccord avec cette façon de gouverner, nous appelons à des manifestations, le 28 février, sur tout le territoire.

Le 28 février sera un moment important de la lutte des chercheurs, que vous avez soutenue. Si cela vous est possible, venez les soutenir encore une fois ce jour-là !

Rassemblements

- A Paris, la manifestation partira à 14h du Musée d’Orsay, en direction de l’Assemblée Nationale.

- Lyon : ENTERREMENT DE LA RECHERCHE INDÉPENDANTE ET DU DROIT POUR TOUS À UN EMPLOI STABLE

Place Bellecour, 12h30 le Mardi 28 Février.

Que chacun(e) amène un objet qui symbolise son activité de recherche, et qui sera "enterré" place Bellecour.

- Toulouse : R-V à 14 h au Monument aux Morts pour une marche funèbre avec gerbe et cercueil. Venez tous en noir pour symboliser l’enterrement