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SLR soutient l’appel à la manifestation du 7 mars contre le CPE.

le 3 mars 2006

Le 7 mars aura lieu une manifestation nationale contre la loi dite « d’égalité des chances », et en particulier contre la création du Contrat Première Embauche. Le même jour, la loi pour la recherche sera définitivement adoptée par un vote solennel à l’Assemblée Nationale. Ces deux lois montrent la façon dont le gouvernement entend répondre aux difficultés de la jeunesse en France - notamment le chômage - et au phénomène de discrimination sociale révélé par la crise des quartiers populaires de novembre dernier.

Alors que la formation, et en particulier l’enseignement supérieur, est aujourd’hui la meilleure voie permettant à un jeune d’espérer échapper durablement au chômage et aux petits boulots, le gouvernement refuse d’investir le moindre crédit dans ce secteur. La loi pour la recherche ne prévoit aucune progression significative des crédits universitaires ; le gouvernement s’est refusé en particulier à inscrire dans la loi une programmation de l’emploi universitaire, malgré une demande pressante et quasi unanime en ce sens (SLR, syndicats, instances universitaires et scientifiques, mais aussi l’ensemble des commissions parlementaires en charge d’examiner le projet de loi).

La seule réponse du gouvernement au fléau que constitue le chômage des jeunes est le démantèlement du droit du travail et l’instauration de nouvelles mesures fiscales et de réduction de charges en faveur des entreprises. Ces mesures, qui se sont multipliées depuis une décennie sans effet notable sur les chiffres du chômage, représentent aujourd’hui un coût annuel de 19 milliards d’Euros pour l’Etat, soit 2 fois le budget de l’enseignement supérieur ! Ce montant est aussi équivalent à plusieurs centaines de milliers d’emplois. Comment croire dès lors au discours sur les contraintes budgétaires qui interdiraient une mise à niveau des locaux universitaires et l’embauche de quelques milliers de personnels supplémentaires.

Au sein même de l’enseignement supérieur, les inégalités sont flagrantes. L’Université est le lieu qui accueille l’immense majorité des étudiants, et notamment ceux d’origine modeste. Le coût par étudiant y est l’un des plus faibles des pays de l’OCDE. Il est surtout moitié moindre que celui des filières dites d’excellence, ces écoles professionnelles (improprement nommées « grandes écoles »), essentiellement fréquentées par les enfants de familles aisées, et dont notre personnel politique est majoritairement issu. La loi pour la recherche va ajouter à cette situation des inégalités entre les universités qui, sans soutien à la mobilité des étudiants, vont se traduire par une discrimination géographique accrue.

Si les mots ont un sens, on aurait pu imaginer qu’une loi dite « d’égalité des chances » réponde à ces déséquilibres, et prévoit un investissement non seulement dans l’Université, mais aussi dans le logement étudiant, les bourses d’études, la réduction des droits d’inscription... Rien de tout cela : le mot Université n’y est pas cité une fois ! Par contre, le retour à l’apprentissage dès 14 ans est inscrit comme une mesure phare.

Une telle évolution produit un réel désespoir de la jeunesse, soumise à une précarité et une paupérisation croissantes, et confrontée à une discrimination sociale, géographique et générationnelle. Ce désespoir est en train de tourner en colère, comme l’indique le blocage actuel de nombreuses universités. Il est aujourd’hui urgent que notre société dans son ensemble réagisse et que soit mise en place une autre politique de la jeunesse, fondée sur la reconnaissance de droits égaux dans l’accès à la formation, la protection sociale et professionnelle, quelque soit l’âge, l’origine sociale ou géographique.

SLR appelle donc l’ensemble des citoyens, et tout spécialement les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, à rejoindre la manifestation du 7 Mars pour réclamer :

- L’abrogation de la loi « égalité des chances », et notamment du CPE

- La mise en place d’un plan d’urgence en faveur de l’enseignement supérieur, incluant :

o Un plan pluriannuel pour l’emploi universitaire et des moyens financiers accrus pour la recherche et l’enseignement.

o Une campagne de rénovation des locaux universitaires.

o Des mesures favorisant un accès du plus grand nombre, sans discrimination sociale ou géographique, à un enseignement supérieur de qualité (bourses d’études, logement étudiant, transports gratuits, frais d’inscription réduits...)