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Communiqué du collectif "Sauvons la Recherche", le 13 mars 2006

Par Alain Trautmann, le 13 mars 2006

Le 11 mars 2006 s’est réunie à l’Institut Henri Poincaré à Paris une Assemblée Générale du collectif et de l’association "Sauvons la Recherche". Les principales conclusions de cette réunion sont les suivantes.

Pendant ces deux dernières années, SLR a permis à la communauté scientifique d’analyser collectivement les forces et les faiblesses du système de recherche en France. Dans tous les champs disciplinaires, SLR a facilité le dialogue des personnels des différentes institutions, des doctorants aux chercheurs et enseignants-chercheurs confirmés, en passant pas les ingénieurs et techniciens. Il a permis qu’agissent côte à côte en faveur de la recherche, des organisations et des institutions peu accoutumées à travailler ensemble (syndicats, Académie des Sciences, Comité National, CP-CNU, CPU...). SLR a su imposer la question de la recherche dans le champ politique et médiatique. Il s’est affirmé comme une source de contre-expertise et de propositions, reconnue par les partis, les mouvements et syndicats nationaux. Du fait de sa notoriété, de la fréquentation de son site, et de l’étendue de la liste de diffusion, il a agi comme caisse de résonance pour des campagnes spécifiques (place des femmes dans la société, fin des libéralités, soutien à l’émission Archimède). Il a su faire entendre des voix trop souvent ignorées, en particulier celle des jeunes chercheurs. Il est raisonnable d’espérer que tout cela pèsera positivement sur l’avenir de la recherche en France.

L’action de SLR a abouti à des résultats immédiats, en bloquant la série de mesures prises en 2003 visant à réduire l’effort de recherche en France. Malheureusement, malgré les efforts conjugués de beaucoup des acteurs mentionnés ci-dessus, la loi sur la recherche qui vient d’être votée est en contradiction flagrante avec les principales propositions de la communauté scientifique, ce qui augure très mal de l’avenir du système de recherche en France : la recherche est très loin d’être sauvée.

Le collectif SLR s’était fixé pour objectif de fonctionner jusqu’au vote de cette loi. Respectant cet objectif et prenant acte de la fin de cette période, le collectif a décidé de se dissoudre.

Ceci n’implique pas que les scientifiques engagés dans ce mouvement vont cesser d’agir en faveur de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous savons que la mise en place des décrets d’application de la loi devra être suivie de près. Il sera nécessaire de veiller à ce que les deux engagements solennels pris par le ministre de la recherche devant l’Assemblée Nationale soient effectivement tenus : la programmation de l’effort de recherche en euros constants (ce qui représente une différence d’environ 2 milliards avec la présentation actuelle en euros courants) et le passage de l’allocation doctorale à 1,5 fois le SMIC dès le 1er Janvier 2007. Il faudra faire en sorte que, lors des prochaines échéances électorales, la question de la réforme de la recherche et de l’enseignement supérieur soit traitée sur le fond, et fasse l’objet d’engagements clairs et réalistes. Il faudra se battre pour que l’Europe de la recherche, telle qu’elle est souhaitée par les scientifiques européens, puisse se mettre réellement en place.

SLR va continuer son action sous une autre forme, avec une organisation nouvelle, qui vise à l’ouvrir à de nouveaux acteurs et à d’autres problématiques (politique de recherche industrielle et partenariale, réforme de l’enseignement supérieur ...). A la place d’une structure double (collectif de militants et association de sympathisants), il n’y aura plus qu’une seule structure, l’association, avec un conseil d’administration qui vient d’être renouvelé en partie. Les président et vice-président seront bientôt élus par le CA. Alain Trautmann, porte-parole de l’ex-collectif, désireux de pouvoir consacrer plus de temps à la recherche, ne sera candidat à aucune responsabilité au sein du CA. Après la dissolution du collectif, le CA assurera la coordination d’initiatives qui devront émerger des comités locaux et de groupes thématiques qui seront prochainement mis en place. Celles-ci viseront à maintenir un débat ouvert, à produire des analyses et des propositions pour la recherche et l’enseignement supérieur, qui pourront être soutenues par des campagnes locales ou nationales.

Dans le contexte actuel de refus de la précarisation de l’emploi et de lutte anti-CPE, SLR souhaite réaffirmer son soutien appuyé au mouvement des universités contre la mise en place du CPE (voir aussi http://recherche-en-danger.apinc.org/). Dans l’avenir l’association SLR devra travailler à l’élaboration de propositions pour améliorer notre système d’enseignement supérieur.

De nombreux chantiers sont devant nous qui nécessiteront une implication du plus grand nombre. Nous invitons donc les personnes qui souhaiteraient prendre part à cette nouvelle phase du mouvement à prendre contact dès à présent avec les responsables des collectifs locaux.

Ceci est le dernier communiqué du collectif SLR. Le prochain communiqué de SLR émanera de la nouvelle direction de l’association.

Pour le collectif SLR

Alain Trautmann