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L’avenir menacé des ATER des départements d’outre-mer

le 13 octobre 2006

Une récente mesure de déconcentration administrative, le décret du 22 décembre 2005 qui transfère la gestion des jeunes enseignants chercheurs contractuels, les ATER (Attachés Temporaires d’Enseignement et de Recherche) du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, aux présidents d’université, vient d’avoir une retombée inédite dans les départements d’outre-mer.

En effet, dans ces départements, les employés de l’état touchent depuis le début des années 1950 une prime dite de vie chère, représentant environ un supplément de 40% de traitement, qui a été calculé pour compenser le surcoût de la vie. La mesure de déconcentration citée a pour effet que les ATER ne sont plus des employés de l’état - mais des employés d’un établissement public local - et perdent donc le bénéfice de cette prime. Cette mesure représente donc une amputation de 30% de leur revenu net.

Or, s’il est bien une catégorie de personnels pour lesquels cette prime est tout sauf un privilège superflu, ce sont bien les ATER. Leur métier, la nécessité, dans cette phase de la carrière d’un chercheur, de montrer sa productivité et de se démener pour avoir une chance de trouver à terme un poste stable, les oblige à se déplacer souvent en Europe ou en Amérique du Nord pour participer à des conférences ou des séminaires, se rendre dans des bibliothèques de recherche, aller passer des auditions au CNRS ou dans d’autres universités ... Les finances des équipes de recherche universitaire étant ce qu’elles sont, les jeunes chercheurs contractuels y sont donc bien souvent de leur poche pour ce type de frais, qui relèvent pour eux d’une nécessité vitale.

La prime d’outre-mer est donc pour eux, bien plus qu’une prime de vie chère, une prime pour exercer leur métier dans des conditions normales, en compensant le handicap de la distance géographique avec les grands réseaux de recherche du nord.

Avec la suppression de cette prime, c’est l’attractivité de la fonction d’ATER qui est gravement mise en cause dans les universités d’outre-mer. C’est donc, à moyen terme, la relève de l’enseignement supérieur et de la recherche qui est menacée dans ces régions, où l’investissement public en matière de recherche est déjà plus déficient encore qu’ailleurs (moins de 0,2% de la population active y travaille dans le secteur de la recherche, contre 0,7% en moyenne nationale).

Une mesure d’accompagnement qui permettrait à ces jeunes chercheurs de conserver le bénéfice de la prime d’outre-mer malgré la déconcentration ne coûterait pourtant à l’état que quelques dizaines de milliers d’euros annuels. Si l’on n’est pas capable de faire cet effort, alors quelle contradiction avec les discours (entendus à chaque passage d’un homme politique national ou de représentants de notre ministère de tutelle sur nos territoires) disant que nos établissements de recherche et d’enseignement supérieur sont la vitrine de la France dans la région Caraïbe ou dans l’Océan Indien !

Une analyse des enjeux de cette mesure est à lire dans l’article « On noie l’avenir de la recherche outre-mer  ». Une pétition en ligne pour le rétablissement du statut des ATER d’outre-mer est accessible sur le site : http://www.collectifater.new.fr