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Situation critique pour les chercheurs post-doctorants en France : Appel pour un plan d’urgence

le 13 février 2007

Bac + 8 en poche, âgé en moyenne de 30 ans et assumant souvent des responsabilités familiales, le chercheur post-doctorant (non statutaire) est un maillon indispensable à la production de la recherche scientifique française. Et pourtant…

Jusqu’à très récemment, un nombre important de chercheurs post-doctorants était rémunéré au moyen de libéralités financées essentiellement par des associations caritatives à but non lucratif. Ces libéralités correspondaient à de l’argent versé directement au chercheur post-doctorant, sans contrat de travail ni couverture sociale (pas de sécurité sociale, pas de cotisation à l’assurance-chômage ni à la retraite), et donc assimilables à un véritable « travail au noir » ! Suite aux différentes pressions exercées par les associations et les syndicats de chercheurs, ainsi que par les associations caritatives, le Ministère délégué à la Recherche a émis une circulaire en octobre 2006 rappelant que toutes les libéralités devaient être transformées en CDD dans les plus brefs délais.

Tous –les chercheurs post-doctorants les premiers– se félicitent de la disparition des libéralités et de la précarité qu’elles impliquaient. Malheureusement, rien n’a été prévu quant à la manière d’effectuer la résorption de ces libéralités et la mise en place des CDD.

L’absence de plan d’accompagnement et le manque de concertation ont conduit à une situation immédiate aberrante et dramatique pour certains chercheurs post-doctorants, et très préoccupante pour tous dans les mois à venir. En effet, dans l’attente d’un accord hypothétique entre les différents partenaires, certains chercheurs post-doctorants ont vu tout bonnement leur financement suspendu pour une durée indéterminée, sans avoir été prévenus, et ont comme perspective un revenu qui devrait passer de 1500 à 1200 euros nets par mois !

La transformation des libéralités en CDD implique en effet le paiement des charges patronales et salariales, et la mise en place de conventions entre les organismes payeurs et les employeurs. Or c’est précisément sur ces points que le bât blesse !

Aucun des organismes concernés ne veut assumer ces charges. D’un côté, le Ministère refuse de payer (le faisant pourtant provisoirement pour les jeunes chercheurs doctorants), et d’un autre côté, les organismes de recherche (CNRS, INSERM) et les Universités disent ne pas disposer d’une enveloppe budgétaire suffisante. Enfin, une prise en charge par les associations caritatives nécessiterait d’augmenter d’environ 70% le budget affecté aux financements en cours. L’absence d’anticipation dans l’établissement de conventions-négociations entre ces différents partenaires semble une fois de plus traduire un manque de considération des pouvoirs publics français envers les jeunes chercheurs post-doctorants.

Pour remédier à l’urgence de cette situation de crise, nous demandons :

1) l’exonération totale des charges pour les financements en cours, ou qu’un montant équivalent de ces charges soit versé immédiatement par le Ministère aux établissements payeurs puisque aucune enveloppe spécifique n‘existe dans les budgets actuels des associations et des organismes.

2) la revalorisation significative du salaire brut, afin que le salaire net perçu (après déduction des charges salariales) reste au moins équivalent au montant des libéralités.

3) la mise en place d’un véritable statut de chercheur post-doctorant, avec des grilles de salaires équivalentes entre tous les employeurs potentiels (CNRS, INSERM, Universités…). Ce nouveau statut doit permettre d’assurer les conditions décentes d’une transition –aussi courte que possible– entre la thèse et un emploi privé ou public stable, mais ne doit pas être un outil de précarisation supplémentaire.

4) pour les chercheurs post-doctorants étrangers, l’exonération de certaines cotisations, telles que la retraite, dont ils ne pourront bénéficier dans leur pays d’origine.

L’absence de mesures immédiates du gouvernement devant une telle situation ne pourrait être perçue autrement que comme un profond mépris envers les jeunes chercheurs. A long terme, ce genre de dysfonctionnement grave aboutira inéluctablement à accentuer le départ des jeunes chercheurs vers l’étranger et donc à affaiblir gravement la recherche française.

Afin de soutenir ces demandes, nous vous invitons à signer la pétition en ligne à l’adresse suivante : http://www.lapetition.com/sign1.cfm...

Ce texte a été rédigé par les chercheurs post-doctorants du Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy et de l’Institut de Biologie du Développement de Marseille-Luminy.

Contact : feuillet@ciml.univ-mrs.fr