L’Association "Sauvons la Recherche" Groupes de travail Comités loc. et transv. Université de printemps 2011 EUROPE
Accès thématique Emploi et précarité Communiqués de SLR Actualités communiqués partenaires
Médiathèque Les archives Documentation revue de presse Tribunes et Contributions
accueil contact plan du site admin
caractères +caractères -
article
réactions (0)
Accueil / Tribunes et Contributions / Mise au point d’une journaliste

Mise au point d’une journaliste

Par Henri Audier, le 4 mai 2007

Chers amis de SLR,

Je dois vous présenter mes excuses. Une fois de plus je me suis trompée. Le soir même de mon article dans Le Monde du 2 mai, Ségolène Royal m’a infligé un cinglant démenti en affirmant qu’elle se félicitait du soutien de SLR. De plus, j’ai vérifié que dans son discours de Strasbourg, Mme Royal précisait que c’est bien Jean-Yves Le Déaut et non Laurent Bouvet qui est son conseiller en matière de recherche, contrairement à ce que j’avais écrit. Je suis désolée, car si je visite chaque jour le site de Laurent Bouvet (j’en veux pour preuve que sa dernière mise à jour date d’à peine de six mois), par contre je ne savais pas que SLR avait un site. J’y ai découvert l’excellente comparaison faite entre les programmes de Bayrou, Sarkozy et Royal. Et je vous donne acte que les nombreuses déclarations de la candidate sont claires et convergentes, contrairement à ce que j’insinue dans mon article, en parlant des doutes de son "entourage". C’est pour moi une découverte totale. Et c’est vrai que contrairement à Sarkozy, elle ne veut pas casser les organismes de recherche. Si j’avais su cela, je l’aurais écrit parce que c’est mon sens de l’éthique journalistique.

Mais dans ma repentance, je veux aller plus loin. Je me suis demandé comment j’aurais pu utilement informer les lecteurs du journal en lieu et place de cet article qui à quatre jours du premier tour (mais je vous jure que c’est un hasard) jetait injustement le doute sur le programme d’un seul des candidats. Et en surfant sur votre site, je suis tombée éberluée un graphique dans une revue naturiste ("Nature") qui montrait que, depuis 1981, chaque fois que la gauche était au pouvoir la recherche montait et qu’elle descendait quand la droite y arrivait : 1986 et surtout 1993 et 2002. Je suis certaine que vous n’allez pas me croire car c’est encore un hasard extraordinaire : en 1993, Sarkozy était ministre du budget et en 2004, ministre des finances. Si j’avais su cela, je l’aurais dit, parce que je suis journaliste. .

En parcourant le programme recherche de Sarkozy, j’ai compris pourquoi il répète toujours qu’il faut apprendre les enfants à calculer, car lui-même s’il est très bon pour faire les additions (et surtout des soustractions), pour les multiplications ça laisse à désirer. En effet, pour une fois j’ai bien compris, il faut 15 milliards de plus pour la recherche d’ici 2012 : il dit que l’Etat en met 4 et le privé 11, et cela fait bien 15. Et il dit aussi vouloir augmenter de 25 % les crédits de la recherche publique qui font 8,8 milliards. J’ai fait et refait la multiplication, je trouve toujours que 8,8 x 0,25 = 2,2 et non pas 4 comme il le dit. Si j’avais su cela, je l’aurais écrit, parce que ce n’est pas honnête de tricher. .

S’il n’est pas honnête, il faut par contre reconnaître que si Sarko est généreux. Les 2 milliards par an que doit mettre le privé dans la recherche, il les prend en charge. La baisse de 4 points de PIB des impôts : 12 milliards par an. Les dégrèvements d’impôts sur les heures supplémentaires : 5 milliards. Chaque année 21 milliards de plus seront donnés en pure perte. Exactement le budget annuel de tous les organismes et universités. Emerveillée, j’avais fait un article. Mais quand je l’ai présenté à mon patron Albin Munc, il m’a dit qu’on n’était pas là pour faire la propagande de Sarko et de faire un article sur Ségo. Si j’avais su cela, je n’aurais rien écrit. .

Voilà je vous quitte, comme je quitte le journalisme et je ne pourrai plus vous nuire : je viens d’être nommée à l’Inspection générale des finances. .

Donc à très bientôt. .

Anna Khin