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Et maintenant ?

Par Bertrand Monthubert, le 7 mai 2007

Pendant toute la campagne, l’action de SLR a visé à dépasser les grands discours pour comprendre et faire connaitre à l’ensemble des citoyens la cohérence et les effets concrets des propositions des candidats sur ce secteur. Cela nous a conduit à prendre une position en raison des différences majeures entre les deux candidats du second tour. Il est clair que le choix politique assumé par Nicolas Sarkozy est à l’opposé du résultat des Etats-Généraux de la recherche, ce qui suscite des craintes profondes.

Nous avons dit lors de cette prise de position que quelque soit le résultat, nous continuerions le travail. Celui-ci s’avère d’autant plus important que Nicolas Sarkozy a dans ses cartons un projet de loi sur l’enseignement supérieur qu’il veut faire passer au cours de l’été. D’avance, nous réclamons qu’une telle réforme soit précédée d’une concertation avec l’ensemble des acteurs impliqués dans ce secteur crucial. Par ailleurs, nous sommes très inquiets des orientations qui se dessinent dans le programme de Nicolas Sarkozy ou dans ses déclarations, car elles pourraient fragiliser de nombreuses disciplines qui sont au coeur de notre culture (voir Communiqué de la Maison des écrivains), introduire des inégalités préoccupantes entre les territoires ; surtout elles ne répondent pas aux besoins de notre pays. Il va donc être essentiel de travailler, avec tous ceux qui souhaitent s’impliquer, dans le cadre des Etats-Généraux de l’enseignement supérieur, afin de dégager un nombre important de positions communes, et de présenter un front commun face à des réformes qui seraient dangereuses pour l’avenir de la recherche et des universités, et donc de notre pays.

En ce qui concerne plus spécifiquement la recherche, nous avons déjà expliqué le danger des propositions de Nicolas Sarkozy : priorité au court-terme, précarisation des emplois (d’où une perte d’attractivité pour les jeunes générations), affaiblissement des organismes de recherche comme le CNRS au profit de programmes très ciblés centrés sur les modes du moment... Le programme qui se dessine est très idéologisé, et contraire aux besoins de la recherche et de la société. Nous continuerons à expliquer les conséquences de ces réformes, à faire vivre le débat dans la communauté scientifique, et à organiser les actions nécessaires pour lutter contre la mise en péril de la recherche.

Nous aurons besoin de tous dans la période qui s’ouvre. Et nous pouvons garder en mémoire l’exemple de notre grande soeur britannique, "Save British Science", qui s’est battue pendant 10 ans sous l’ère Thatcher en expliquant en quoi sa politique de recherche était mauvaise... Le découragement n’est donc pas à l’ordre du jour.