L’Association "Sauvons la Recherche" Groupes de travail Comités loc. et transv. Université de printemps 2011 EUROPE
Accès thématique Emploi et précarité Communiqués de SLR Actualités communiqués partenaires
Médiathèque Les archives Documentation revue de presse Tribunes et Contributions
accueil contact plan du site admin
caractères +caractères -
article
réactions (4)
Accueil / communiqués partenaires / Pétition "Qui veut la mort des sciences humaines et sociales ?"

Pétition "Qui veut la mort des sciences humaines et sociales ?"

Par hadjiisky magdalena, le 14 janvier 2004

Cette pétition, lancée le 9 janvier par de jeunes chercheurs et enseignants en sciences politiques, a déjà été signée par plus de 750 personnes, toutes disciplines confondues. Les premières associations signataires sont l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique, l’Association des enseignants de science politique, l’Association des doctorants de l’Université Robert Schuman et Transversale (association franco-allemande de jeunes chercheurs). "Qui veut la mort des SHS ?" soutient activement l’appel "Sauvons la recherche", par voie de signature et de diffusion.

Alors que la demande d’expertise en sciences humaines et sociales (SHS) est en constante augmentation dans l’action publique, les SHS sont aujourd’hui parmi les plus mal loties de la politique de la recherche. Elles sont cantonnées au rôle de "supplément d’âme" d’une science potentiellement "dangereuse" (C. Haigneré in Lettre à tous ceux qui aiment l’école de Luc Ferry). Pourtant M. Luc Ferry, agrégé de philosophie et de science politique, s’il ne veut pas renier la formation qu’il a suivie, doit reconnaître que ces disciplines sont importantes pour la société. Le budget 2004, lui, ne va pas dans le sens de cette reconnaissance et affecte en particulier les jeunes chercheurs, qui sont souvent les chercheurs confirmés de demain. Les conditions des doctorants sont en effet des plus précaires. A moins d’obtenir l’une des rares allocations de recherche (1 177 en SHS pour près de 40 000 doctorants, pour 2 701 en sciences dures pour 20 000 doctorants), le travail intellectuel des doctorants est dominé par une incertitude matérielle extrême. L’enchaînement de petits boulots retarde l’aboutissement de la thèse... alors que les doctorants participent activement à la recherche et aux enseignements dispensés à l’Université. On devient généralement docteur à 30 ans et les perspectives d’emploi sont quasiment nulles. Or, pour la première fois depuis des décennies, aucun poste n’est créé cette année dans les universités. Le CNRS supprime des postes titulaires pour la deuxième année consécutive et sa direction annonce cette tendance comme une politique de long terme. Le manque d’enseignants en SHS débouche sur des amphis surchargés où seuls les plus doués culturellement et socialement pourront tirer leur épingle du jeu. Cette faiblesse de l’encadrement fait de l’"Université pour tous" une vaste illusion. Cela ne semble psa gêner le gouvernement actuel, qui annonce à la fois qu’un départ à la retraite sur deux ne sera pas remplacé et qu’il manque 18 000 postes pour assurer un enseignement de qualité dans le supérieur. D’après les chiffres de l’Union européenne, l’Europe a besoin de 60 000 chercheurs supplémentaires d’ici à 2010 pour rester compétitive face aux Etats-Unis. Peu regardant sur ses paradoxes, le gouvernement français affirme "compenser" les suppressions de postes statutaires par des contrats à durée déterminée... POUR RENDRE LES CARRIRES D’ENSEIGNANT ET DE CHERCHEUR ATTRACTIVES EN FRANCE, IL FAUT PROPOSER AUTRE CHOSE QU’UNE PRECARITE INSTITUTIONNALISEE ET CHICHEMENT REMUNEREE ! Engager une entreprise de démentèlement de la recherche et de l’enseignement des sciences sociales et humaines conduirait pourtant d’abord à une mobilisation sans précédent des étudiants engagés dans ces filières, eux qui ont déjà le sentiment d’être les parents pauvres de l’enseignement supérieur ; cela conduirait ensuite à l’exaspération des jeunes chercheurs, qui n’auront d’autre choix que l’exil ; cela conduirait enfin à l’affaiblissement durable de la position de la France dans des disciplines que personne ne pourra juger secondaires : histoire, sciences économiques, sciences de l’éducation, sociologie, science politique, droit, gestion, anthropologie, psychologie, linguistique... Cela conduira surtout la France à se priver d’une source d’intelligence collective indispensable à la résolution des problèmes auxquels notre société se trouve confrontée (ville, éducation, relations interculturelles, droit et justice, santé publique, éthique...).

Pour donner à la 4ème puissance économique mondiale les moyens d’une recherche ambitieuse, nous appelons le gouvernement à "revoir sa copie", à reconsidérer sa politique à l’égard des sciences humaines et sociales. Nous demandons l’application du texte signé lors du Sommet européen de Barcelone (2001), visant au rattrapage du niveau de l’enseignement et de la recherche par rapport aux Etats-Unis. Dans l’immédiat, nous demandons la transformation des CDD en CDI. A moyen terme, IL FAUT, PLUTOT QUE D’EN SUPPRIMER, CREER DES POSTES D’ENSEIGNANTS ET DE CHERCHEURS ET GARANTIR LA DOTATION DES LABORATOIRES. L’investissement dans la connaissance doit être une vraie priorité nationale. Que le gouvernement fasse ce qu’il s’est engagé à mettre en oeuvre : "Réinscrire la science dans la société" en luttant contre "la désaffection des jeunes pour les carrières scientifiques" pour endiguer "l’exil des cerveaux les plus brillants" (C. haigneré, Le Monde, 5 décembre 2002).

OUI ! L’investissement dans la recherche et l’enseignement en SHS est rentable pour une nation sur le sourt, le moyen et le long terme !! OUI ! Au-delà d’un "supplément d’âme", la recherche et l’enseignement en sciences humaines et sociales contribuent à l’intelligence collective d’un pays !!

Pour signer la pétition individuellement ou collectivement, veuillez nous renvoyer le texte par mail ou par courrier : petitionSHS@yahoo.fr, ou ANCMSP, Paris 1, UFR II - 17, rue de la Sorbonne 75231 Paris cedex 5, en précisant, dans l’ordre vos : nom, prénom, statut, discipline, établissement.