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Le prix Nobel d’Albert Fert : un bel exemple du chemin entre la recherche fondamentale et ses applications

le 10 octobre 2007

Le prix Nobel de Physique vient d’être décerné à Albert Fert et Peter Grünberg pour leurs travaux sur la magnéto-résistance géante. Ces travaux de recherche fondamentale, ont connu des développements très importants, avec notamment le développement de la spintronique, qui a investi de nombreux objets de notre quotidien. Cela constitue un très bel exemple du fonctionnement de la recherche et du développement. Les travaux d’Albert Fert ont commencé dans un contexte de recherche fondamentale, à la croisée des thématiques des couches minces et des multicouches (en plein essor dans les années 80) et du magnétisme. Il ne s’agit pas d’une simple amélioration d’effets connus, mais d’un phénomène qui marie des techniques expérimentales sophistiquées et des concepts théoriques fins. L’effet découvert, aux applications multiples, n’est pas le résultat d’une recherche pilotée par l’aval, sur des objectifs à court terme (qui fait tant rêver certains de nos dirigeants politiques), mais celui du murissement dans la durée d’une recherche académique, dans le cadre conjoint et fertile de l’université et du CNRS, en relation avec un industriel qui a su comprendre l’intérêt et les rythmes de ce type de recherche (au point de construire avec le CNRS une unité mixte de recherche quelques années plus tard).

A l’heure où la politique de recherche se traduit par un renforcement sensible du pilotage gouvernemental (vers un modèle par certains côtés plus "soviétique" qu’anglo-saxon) et de la logique de court-terme, l’exemple d’Albert Fert rappelle que c’est en donnant des marges de manoeuvre importantes aux chercheurs qu’on donnera un avenir à la recherche, et par là à ses applications. Il invite également à une certaine forme de prudence dans une politique affichée de "rupture" : le gouvernement doit cesser une posture idéologique, qui pourrait le conduire, comme on en voit les prémices aujourd’hui, à démanteler des organismes très utiles à la science française. Au-delà des moyens, humains et financiers, qui manquent cruellement à nos laboratoires, il faut qu’il marque dans les faits sa confiance en la capacité de ses scientifiques à conduire leurs recherches. La France possède encore des forces scientifiques importantes ; les aura-t-elle encore dans 20 ans ? Rien dans la politique actuelle ne permet de répondre positivement, bien au contraire.