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Le 24 janvier, manifestez-vous

le 17 janvier 2008

Ces derniers mois, les réformes engagées sous le quinquennat précédent se sont poursuivies dans l’enseignement supérieur et la recherche, qui continuent à fragiliser l’indépendance scientifique et la capacité d’initiative des personnels de la recherche, et à nous priver de toute perspective de développement réel de ce secteur : loi LRU, mise en cause du rôle des organismes, absence de création d’emplois et du développement de la précarité, mise en cause des statuts et individualisation des salaires. Au travers de "missions" ou de "chantiers" mis en place par le ministère, dans lesquels aucune discussion globale ne peut être menée, les organisations sont au mieux "entendues", problème par problème, sans qu’il n’y ait jamais de négociation avec la ministre, qui garde les mains libres pour décider ce qu’elle veut.

Or, c’est un chamboulement complet des missions, des finalités, des structures et du financement de l’enseignement supérieur et de la recherche qui se préparent. Ne laissons pas faire l’irréversible.

Les fédérations de fonctionnaires CGT, FSU, UNSA, FO, Solidaires, CFTC ont décidé d’appeler à une grêve et des manifestations le 24 janvier sur les salaires, les emplois, le statut des personnels et le défense du service public. C’est pourquoi nous appelons les personnels et étudiants de l’enseignement supérieur et de la recherche à participer à la grève et aux manifestations du 24 janvier, en choisissant des modalités faisant apparaître les problèmes de leurs secteurs. Ainsi, à Paris un rassemblement spécifique aura lieu à Jussieu à 13 heures avec déclaration solennelle en direction des médias et adresse à la ministre. Un cortège rejoindra à 14 H la manifestation centrale. D’autres manifestations auront lieu en province, voir le site pour plus d’infos. Nous les appelons à se rencontrer au niveau local pour agir de manière convergente sur toutes les questions concernant l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche et à organiser des assemblées notamment pour préparer le 24 janvier.

Ce que nous voulons négocier

Une réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche est nécessaire, mais ce n’est pas celle qui est imposée par le gouvernement. En voici les principaux axes. Cette réforme peut être mise en ?uvre avec le 1,8 milliard par an promis pour l’enseignement supérieur et la recherche, du moins s’il était réel et bien réparti. Cette réforme demande aussi une autre logique, un autre cadre législatif, que la loi LRU et le Pacte pour la recherche.

1- Les établissements d’enseignement supérieur

- créer un grand service public de l’enseignement supérieur, organisant le rapprochement et la convergence au sein des universités de l’ensemble des formations post-baccalauréat (universités, écoles, paramédical) ;

- promouvoir la complémentarité des universités sur une base territoriale, au lieu de leur mise en concurrence, évitant notamment que des universités soient coupées de la recherche.

2- La recherche :

- financer principalement les laboratoires par les organismes et les universités (doubler les crédits en 5 ans) ; mettre fin au pilotage systématique de la recherche par des contrats de courte durée ;

- maintenir le rôle d’opérateurs de recherche du CNRS et des EPST dans le cadre de partenariats équilibrés avec les universités ; articuler ces partenariats sur les UMR donnant un double insertion aux laboratoires ;

- réorienter le crédit d’impôt-recherche pour favoriser l’emploi des jeunes docteurs

3- L’enseignement :

- donner les moyens financiers, technologiques et les emplois statutaires nécessaires pour un renouvellement des pédagogies, diversifiées selon les champs disciplinaires ; doubler en 3 ans les moyens d’encadrement en personnels statutaires de la Licence ;

- transformer le LMD et améliorer sa lisibilité ; créer ainsi les conditions pour le droit à poursuite d’études dans des filières adaptées.

4- Les personnels :

- lancer un plan d’attractivité des formations à la recherche et des métiers : plan pluriannuel de recrutement (5000 emplois/an créés) ; recrutement des docteurs au plus près de la thèse ; amélioration des conditions d’emploi des doctorants (contrat couvrant la thèse et une courte période post-doctorale) ;

- s’attaquer aux sources de la précarité et intégrer les précaires sur des emplois stables ;

- reconnaître qualifications et fonctions par l’amélioration des carrières, notamment en leurs débuts ;

- adapter la grille indiciaire des carrières post-thèse à la reconnaissance de celle-ci ;

- revaloriser les salaires dans le cadre des statuts et non en les individualisant par des primes.

5- La démocratie :

- renforcer la collégialité comme principe d’organisation, a contrario d’une logique managériale, avec des conseils ou commissions majoritairement élus dans les établissements.

- évaluer les unités par des instances qui soient collectives et contradictoires, composées de pairs élus en majorité ; recruter les enseignants-chercheurs par des instances pour moitié élues et organisées sur la base des sections du CNU.

6- Les conditions d’étude et de travail :

- réhabiliter les bâtiments universitaires vétustes ; développer les bibliothèques ; construire des équipements adaptés à l’amélioration de la vie des étudiants et des personnels ;

- accroître les moyens pour l’aide sociale, le logement et la réussite des étudiants ;

- insérer les universités au coeur de la vie de la cité.