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Vote pour le conseil d’administration

Par Bertrand Monthubert, le 3 mai 2008

Voici la liste des candidats au Conseil d’Administration de l’association Sauvons la Recherche. Attention : le CA comporte au plus 20 membres. Certains candidats ont écrit une présentation de leur candidature, cliquer sur leur nom pour y accéder.

Pour voter, merci de remplir le formulaire à la fin de cette page.

- Colette Anné (mathématicienne, professeure à l’université de Nantes)
- Henri Audier (chimiste, directeur de recherche émérite au CNRS, Paris)
- Joël Barrault (chimiste, directeur de recherche au CNRS, Poitiers)
- Julien Brossard (physicien, ingénieur de recherche au CNRS, Orsay)
- Eliane Daphy (SHS, ingénieure d’études, Paris)
- Georges Debrégeas (physicien, chargé de recherche au CNRS, Paris)
- Julien Demade (historien, chargé de recherches au CNRS, Paris)
- Philippe Enclos (juriste, maître de conférence à l’université Lille 2)
- Jocelyne Fernandez-Vest (linguiste, directrice de recherche au CNRS,Paris)
- Alain Herreman (épistémologue et historien des sciences, maître de conférences à l’université Rennes 1)
- Bernard Jacq (biologiste, directeur de recherche au CNRS, Marseille)
- Catherine Jeandel (océanographe, directrice de recherche au CNRS, Toulouse)
- Eric Matzner-Lober, (mathématicien, professeur à l’université Rennes 2)
- Bertrand Monthubert (mathématicien, professeur à l’université P. Sabatier (IUT de Tarbes), Toulouse)
- Rémy Mosseri (physicien, directeur de recherche au CNRS, Paris)
- Mylène Pardoen (musicologie, docteure, Lyon)
- Michel Saint-Jean (physicien, directeur de recherche au CNRS, Paris)
- Frédéric Sawicki (politologue, professeur à l’université Lille2)
- Daniel Steinmetz (chimiste, ingénieur de recherche au CNRS, Toulouse)
- Isabelle This-Saint-Jean (économiste, professeure à l’Université Paris 13)
- Alain Trautmann (biologiste, directeur de recherche au CNRS, Paris)


- Colette Anné (mathématicienne, professeure à l’université de Nantes)

Je considère que l’association SLR est importante pour la défense de la recherche et je suis prête à participer à son action et à son organisation. Étant responsable de la bibliothèque de mon laboratoire, je suis particulièrement sensible aux problèmes de l’édition scientifique. J’ai été aussi, pendant 5 ans, rédactrice en chef de la Gazette des Mathématiciens, la revue de communication de la Société Mathématique de France et où j’ai été confrontée aux questions éditoriales.

- Henri Audier (chimiste, directeur de recherche émérite au CNRS, Paris)

Comme vous le savez, j’ai été très longtemps militant syndical et, à ce titre, élu au CA du CNRS durant deux sessions et membre du Conseil Supérieur devenu CSRT. Je suis toujours membre du BN du SNCS FSU. Je pense qu’SLR doit jouer tant au niveau national que local un rôle fédérateur. Par son positionnement et son passé, SLR a le devoir de faire discuter et de proposer des évolutions du système de recherche et d’enseignement supérieur. Les propositions doivent être davantage encore pensées dans le cadre du rapport de ces secteurs avec la société. Je pense que SLR doit arriver à fonctionner sur un mode plus décentralisé avec de meilleures implantations locales. C’est une condition pour mener des actions qui soient tantôt en liaison avec les syndicats, tantôt complémentaires avec celles-ci. Vu ce que j’ai déjà écrit par ailleurs, faut-il préciser mon hostilité totale à la politique suivie depuis 2002 tant sur le plan qualitatif que quantitatif.

- Joël Barrault (chimiste, directeur de recherche au CNRS, Poitiers)

La situation de la recherche en France est particulièrement grave et s’est particulièrement dégradée ces dernières années. Comme dans d’autres secteurs, cette situation a été volontairement créée par le pouvoir politique à partir d’une position dogmatique sans mesurer les conséquences sur la formation,l’avancée des connaissances, l’innovation, mais également la création d’emplois de haut niveau dans la majorité des secteurs industriels (les exceptions sont trop peu nombreuses), ...

Nous en mesurons les conséquences aujourd’hui par rapport à de nos voisins qui n’ont pas appliqué "le tout financier" et les réformes proposées ne vont pas, bien au contraire, remédier aux problèmes. Pour faire court ; la présentation de la situation et les propositions faites par le groupe représentant les DU me paraissent aller dans le bon sens même si, à mon avis, elles manquent "de mordant".

Trois points particuliers :

1) la réforme de l’université qui ne règle rien sur le fonds est une erreur mais une stratégie politique destinée à faire passer le reste. Aucun aspect humain et financier n’est réglé par cette loi,

2) L’ANR est une création critiquée à juste titre bien que son principe soit tout à fait acceptable. En effet le problème majeur n’est pas l’existence de l’ANR mais la diminution des moyens financiers et personnels des organismes de recherche comme le CNRS alors que pour faire plus de transferts il faudrait un accompagnement plus important en particulier en personnel permanent ITA-IATOSS et en moyens d’équipements et soutien de base. En outre les structures et le fonctionnement de l’ANR ne sont pas appropriés.

3) La transformation du CNRS en instituts est une erreur car les usines à gaz qui seront mises en place n’apporteront rien de plus ni la lisibilité ni à la multidisciplinarité. Mais là encore il s’agit d’une décision d’organisation politique "visant à mettre en phase les questions de la Société avec la Recherche" (PECRESSE), discours on ne peut plus démagogique qui ne fera rien avancer, bien au contraire car les moyens ne suivent pas. Cela permet simplement de changer structures et responsables.

Je contribue à de nombreuses actions de recherche nationales et internationales ainsi qu’à des travaux en collaboration avec des grands groupes et des PME avec lesquels j’ai établi des relations depuis de nombreuses années. Ces actions m’interessent tout particulièrement car elles permettent entre autres choses de renforcer l’encadrement en personnel formé par la recherche ce qui est important pour les jeunes générations qui arrivent. Tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut leur trouver des emplois, mais pour le moment ils ont plutôt un choix entre technicien de surface, valet de chambre, assistant 3ème age, ....!!!!

Sur le plan des relations recherche-industrie, comme on dit, il y a beaucoup à dire de la politique actuelle qui ne conduit pas à un investissement supplémentaire significatif de la part du secteur privé.

Je n’ai pas de solution miracle à proposer mais certaines convictions résultant de toutes ces actions (j’ai participé également à la création d’un pôle technologique régional, CRITT, entreprises, ....) et je pense continuer dans cette voie.

- Julien Brossard (physicien, ingénieur de recherche au CNRS, Orsay)

- Eliane Daphy (SHS, ingénieure d’études, Paris)

- Georges Debrégeas (physicien, chargé de recherche au CNRS, Paris)

- Julien Demade (historien, chargé de recherches au CNRS, Paris)

Une thèse faite en Allemagne, et un post-doc en Angleterre, m’ont permis d’avoir une expérience directe et détaillée de systèmes de recherche et d’enseignement supérieur autres que celui qui caractérise la France, et par là de mieux percevoir les atouts et faiblesses de ce dernier, ainsi que les menaces qui pèsent sur lui. Je sais, pour l’avoir vécu en Allemagne, qu’un institut peut être fermé du jour au lendemain, et que des disciplines non rentables, parce que fondamentales, peuvent se voir exclues rapidement d’une université dont elles ont pourtant fait l’histoire. Je sais, pour l’avoir vécu en Angleterre, que l’obsession des critères quantitatifs d’évaluation finit par rendre plus important le fait de savoir faire semblant de faire de la recherche, et non de savoir réellement faire de la bonne recherche. Mais je sais aussi bien, par comparaison, combien les universités françaises sont sous-financées, combien l’enseignement y reste académique, largement découplé de l’apprentissage des pratiques et logiques de la recherche, et combien enfin les procédures de recrutement y font de place au localisme. Parce que la recherche et l’enseignement supérieur représentent encore aujourd’hui l’un de ces espaces critiques qui deviennent de plus en plus rares dans notre société, et parce qu’il est essentiel, dans le cadre du développement de "l’économie de la connaissance", qu’ils restent orientés par des modes de fonctionnement et des valeurs au rebours de celle-ci (gratuité et coopération), il est vital de savoir s’opposer sans transiger aux contre-réformes que l’on veut nous imposer, mais aussi bien de construire collectivement de véritables réformes. Tel est le sens de ma candidature au CA de Sauvons la Recherche, où j’essaierai de représenter une conception du lien étroit entre organismes et universités (ancrée dans ma pratique syndicale au sein de mon université de rattachement, Paris-1), une représentation de la science où les sciences humaines et sociales ont pleinement leur rôle à jouer (plutôt que d’être rabattues sur la "culture"), et enfin une conception bottom-up de l’action collective, parce que seule la mobilisation du plus grand nombre de collègues permettra de faire reculer le gouvernement - or une mobilisation ne se décrète pas d’en haut !

- Philippe Enclos (juriste, maître de conférence à l’université Lille 2)

- Jocelyne Fernandez-Vest (linguiste, directrice de recherche au CNRS, Paris)

o Linguiste (typologie et universaux), DR au CNRS.

Itinéraire partagé entre Universités et CNRS depuis 1969 (MC de Langues et Civilisations Scandinaves, poste d’accueil au CNRS, DR2 puis DR1, détachée 5 ans sur un Poste de Prof de Linguistique Finno-ougrienne à l’Univ. Paris III puis mise à la disposition de l’EPHE (2005-2008).

o CNRS :

- Responsable de 5 équipes successivement dans un Labo Propre (Langues et Civilisations à Tradition Orale, LACITO), Directrice d’une UMR jusqu’en 2004.
- Membre élue du CoNRS durant 3 législatures (Sciences du langage et Sciences cognitives entre 1984 et 2004)
- Membre de 2 Laboratoires actuellement : une EA interdisciplinaire de l’EPHE centrée sur l’Europe, et l’UMR LACITO (Paris III-Paris IV).

o SLR :
- Membre du CLOEG Paris-Centre avant les EGR
- Membre du CA depuis 2005. Trésorière depuis septembre 2006
- Co-animatrice du Comité SLR-Europe, projet « Plafond de verre ».
- Invitée permanente (SLR) au CS de Paris III (2006-2008).

Motivation : continuer de défendre et faire vivre la recherche, SHS & pluridisciplinaire, au CNRS & dans l’enseignement supérieur, ce qui nécessite des partenariats renforcés et une détermination sans faille pour refuser de léguer aux plus jeunes la précarité des CDD, pour limiter la culture des projets à court terme, pour réaffirmer, avec l’enthousiasme de notre métier, l’importance et la dignité de domaines non immédiatement rentables.

Engagement : respecter et faire respecter les décisions et documents adoptés collectivement, participer régulièrement aux réunions du CA et à ses actions, faciliter son dialogue avec les autres membres de l’association, par exemple en améliorant le fonctionnement des forums disponibles.

- Alain Herreman (épistémologue et historien des sciences, maître de conférences à l’université Rennes 1)

Formation en mathématiques (DEA de logique et agrégation), et en épistémologie et histoire des sciences (DEA et doctorat). Maître de conférences en épistémologie et histoire des sciences à l’université de Rennes 1 depuis 2002. Membre de la 72ème section du CNU (épistémologie et histoire des sciences).

J’ai rejoint SLR après la dernière université d’automne à Toulouse (2007) à laquelle je m’étais rendu à la suite de la promulgation de la loi LRU, inquiet devant l’absence de réactions des collègues de mon université. J’ai apprécié la convivialité et la grande qualité des échanges qui s’y tenaient.

Je propose ma candidature au CA de SLR pour défendre les valeurs portées par cette association qui a réussi à rassembler des scientifiques compétents, de toutes les disciplines, attachés à leurs recherches et leurs enseignements, et en même temps soucieux des institutions dans lesquelles ils exercent.

Si je suis attaché à la "qualité SLR" (plus évidente à l’université d’automne que dans les échanges sur la liste de diffusion, néanmoins essentielle), je crois que l’association doit aussi évoluer. L’image de SLR apparaît dégradée. Le besoin que des collègues ont eu de créer une autre association (SLU) l’atteste suffisamment. Que cela soit juste ou non importe guère. La situation actuelle n’est pas celle de 2004 et cela a des conséquences qui ne me semblent pas toujours suffisamment prises en compte dans la définition des objectifs et dans les moyens adoptés pour les atteindre. La situation m’apparaît aujourd’hui, mais peut-être est-ce déjà hier..., bien plus grave qu’en 2004 puisque les mêmes problèmes se posent auxquels s’ajoutent les solutions adoptées : l’ANR, l’AERES, la LRU et la réforme des grands organismes de recherche... Notre communauté est néanmoins bien moins mobilisée. Il importe de comprendre cette évolution, pour ensuite mieux définir les objectifs de l’association, puis convaincre et mobiliser, d’abord autour de nous, nos collègues et nos étudiants, puis au-delà.

Quoi qu’il advienne des grands organismes de recherche, l’organisation de l’enseignement et de la recherche a déjà été profondément modifiée avec la LRU. Dans ce nouveau contexte, l’action de SLR ne saurait non plus être la même. SLR doit rapidement définir sa position : s’opposer à l’ensemble du dispositif mis en place ou en prendre acte et chercher à défendre à l’intérieur de celui-ci un enseignement et une recherche dont la croissance économique ne serait pas le seul horizon. Fort des compétences de ses membres, des échanges sur la liste, au sein des groupes locaux et au CA, SLR devra définir une ligne claire, adaptée aux conditions politiques actuelles, afin d’à nouveau peser pour que nos universités et nos laboratoires restent les endroits où nous voulons diffuser et développer des connaissances.

- Bernard Jacq (biologiste, directeur de recherche au CNRS, Marseille)

Depuis Janvier 2004, je suis adhérent à SLR, j’ai été un des animateurs, à Marseille, des manifestations du printemps 2004 et me suis ensuite impliqué dans les phases régionale puis nationale des états généraux de la recherche. Je relaie au niveau de PACA les informations nationales de SLR.

Je suis candidat pour un 3ème et dernier mandat au CA de SLR avec plusieurs convictions :

- Tout d’abord et même si comme beaucoup de personnes, je constate que nous n’avons pas pu faire échec jusqu’ici aux réformes de la recherche et de l’enseignement supérieur que le gouvernement met en place contre la volonté majoritaire des personnels, post-docs et étudiants, je pense qu’il ne faut pas baisser les bras il qu’il faut faire vivre SLR. Nous gardons un grand écho dans la communauté qui répond massivement aux pétitions que nous lançons (plus de 23000 personnes ont signé l’appel pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche) et aux diverses actions que nous initions ou auxquelles nous participons (récente réunion des DU qui a rassemblé plus de 600 personnes). Les media interviewent des membres du CA et reprennent régulièrement les positions de SLR.

- Je souhaite contribuer à un CA rénové, où les sections locales de SLR seront représentées et qui privilégiera le plus possible la recherche de consensus en son sein.

- Je suis favorable à des actions communes avec les syndicats de la recherche et de l’enseignement supérieur et d’autres organisations dès qu’elles sont possibles, mais souhaite que SLR conserve sa force de propositions et d’action autonome.

- Je souhaite qu’au début du prochain mandat, pour être mieux en phase avec ses adhérents, SLR se livre à une enquête auprès d’eux portant principalement sur notre bilan, sur les propositions principales à avancer et sur les moyens d’action à mettre en œuvre.

- Catherine Jeandel (océanographe, directrice de recherche au CNRS, Toulouse)

Je suis DR1 CNRS océanographe, géochimiste, présidente du CSD Planète-Univers , DU adjointe de mon labo, syndiquée SNCS et impliquée a titre personnel dans les groupes de reflexion des DU pour (tenter de) baliser le terrain des réformes en cours. En Midi-Pyrénées, je m’implique au coté des Toulousains pour animer SLR et co-organiser les Universités d’Automne Je trouve que SLR est une association essentielle dans le paysage de la recherche car elle rassemble et mélange des personnels d’horizon variés, et a une ligne de conduite et d’action qui peuvent peser face à un gouvernement qui aimerait renforcer encore le pilotage de la recherche.

Résister doit se conjuguer toujours au présent, vous le savez tous. Je me présente au CA pour contribuer à la résistance contre des réformes qui ont pour objectif avoué de tuer la recherche libre et la liberté du chercheur. Je me présente pour participer à des actions concrètes, à des rédactions de documents, à des bras de fer pour éviter des dérives néfastes dans le système de gouvernance de la recherche. Ceci dit, je me présente dans un esprit de rassemblement et non de division, et je me présente aussi en étant consciente que notre système de recherche a besoin d’évoluer.

- Eric Matzner-Lober, (mathématicien, professeur à l’université Rennes 2)

Je m’étais impliqué au niveau local dans le fonctionnement de l’Université (membre élu du CS) mais suite à la LRU j’ai décidé de m’impliquer plus fortement dans des actions locales et nationales. J’ai présenté la loi en novembre et décembre à L’Université mais je n’ai pas réussi à sensibiliser beaucoup de mes collègues.

J’ai retrouvé dans SLR des personnes partageant mes inquiétudes quant à l’avenir de notre système de recherche et de formation. Si je suis élu au CA, je souhaiterais que nous arrivions à mobiliser nos collègues. Cette mobilisation doit se faire au niveau local et j’imagine une vraie collaboration entre le CA de SLR et les SLR locaux afin que toutes les actions locales intéressantes puissent être centralisées pour être ensuite réutilisées localement.

- Bertrand Monthubert (mathématicien, professeur à l’université P. Sabatier (IUT de Tarbes), Toulouse)

L’activité de SLR s’inscrit dans la durée. Je souhaite continuer à y contribuer, dans un esprit de rassemblement large. La force de SLR est de réunir des adhérents de toutes disciplines, de tous statuts, et aussi des citoyens qui ne travaillent pas dans la recherche. Son activité doit préserver cet atout. Cela passe par le renouvellement des comités locaux, par un travail permanent en direction du grand public, et par un travail d’élaboration de textes et de positions qui dépassent les clivages et divisions apparents pour chercher les convergences, comme nous avons généralement réussi à le faire depuis 2004. C’est la base pour la mise en place d’actions de terrain, locales et nationales, nécessaires pour contrer les projets dévastateurs du gouvernement.

- Rémy Mosseri (physicien, directeur de recherche au CNRS, Paris)

Membre à deux reprises d’une section du comité national, et actuellement du conseil scientifique de département MPPU (Mathématique, Physique, Planète et Univers), dont je suis le président. Membre du CA de SLR depuis un an

Dans le contexte actuel, je pense que si SLR doit se donner un tâche prioritaire, c’est de travailler au rassemblement le plus large de notre milieu autour de quelques points durs, ou "lignes jaunes", à ne pas voir dépassés. Par exemple, et de façon bien sur non exhaustive, la défense de l’existence (mise en danger par les projets initiaux de tutelle universitaire unique des UMR) et du caractère pluridisciplinaire du CNRS (avec comme corollaire une vigilance forte quant aux projets d’instituts), la résistance contre le développement de l’emploi précaire (enseignants-chercheurs comme chercheurs), en réaffirmant la nécessité d’emplois stables rapidement après la thèse, etc... C’est autour de quelques points forts, plutôt qu’une improbable adhésion large à telle ou telle vision politique (notre association regroupe un spectre large d’adhérents, reflet de bons nombre de nos collègues), qu’il sera possible d’être unis, comme nous l’avons réussi, par exemple, cet automne autour de notre pétition nationale. C’est également autour de ces questions là que nous pourrions le cas échéant, avec des chances de succès, proposer des actions plus "dures". Depuis l’université d’automne, je défend en particulier l’idée qu’agiter la menace d’un boycott des évaluations (ANR et AERES) pourrait être la réponse adéquate au franchissement de ces lignes jaunes (notre blocage du périphérique à nous, pour faire référence aux taxis).

- Mylène Pardoen (musicologie, docteure, Lyon)

- Michel Saint-Jean (physicien, directeur de recherche au CNRS, Paris)

Les raisons de cette candidature sont au nombre de trois . Tout d’abord, si la situation était grave, elle le reste. Malgré tous les efforts fournis par la communauté scientifique pour alerter les pouvoirs publics et l’opinion de la situation catastrophique dans laquelle se trouvaient aussi bien la recherche que l’enseignement supérieur, les gouvernements qui se sont succédés depuis plus de 4 ans n’ont proposé aucune solution permettant des progrès notables pérennes, quelles qu’aient pu être les mesures prises ou annonces faites qui sont insuffisantes, ou vont dans le mauvais sens.

Reste donc pour nous à faire et à refaire un important travail pour diffuser nos analyses et convaincre de leur pertinence auprès des décideurs - présents ou futurs - des médias, de l’opinion publique…et de certains de nos propres collègues. C’est en poursuivant cette accumulation d’interventions systématiques que nous pourrons espérer ébranler l’édifice et remettre en cause la machine infernale qui s’est mise en route.

C’est dans cet esprit que, depuis le début du mouvement, mon engagement a été constant dans le débat d’idées qu’a suscité et initié SLR, comme dans l’élaboration des propositions avancées aux Etats Généraux de la Recherche.

Je souhaite donc pouvoir continuer ce travail et intervenir plus directement au CA, l’instance délibérative de SLR. Dans mon esprit cette structure doit être, dans la logique de ce qui a été rappelé avec force à la dernière assemblée générale, une structure légère, ouverte, attentive et réactive. J’aimerais y promouvoir en particulier une remise en perspective de la situation française dans le cadre général du mouvement de « marchandisation des savoirs » engagé en Europe depuis plus de dix ans et examiner quelles pourraient être les actions à mener vers les milieux politiques et auprès de nos collègues européens pour briser cette logique issue du processus de Bologne.

- Frédéric Sawicki (politologue, professeur à l’université Lille2)

Professeur de science politique, directeur d’une UMR CNRS, je me suis engagé dès 2004 à SLR en animant le collectif lillois. Avec d’autres collègues, nous avons organisé les Etats généraux en région Nord-Pas-de-Calais et fait fonctionner le collectif lillois jusque 2006. Depuis cette date, en dépit d’un sursaut au moment de la lutte contre la LRU, ce collectif est en sommeil. J’ai été parallèlement élu au CA l’année de la constitution de SLR en association. Je me suis investi dans les trois universités d’automne en animant notamment les débats concernant l’enseignement supérieur, dont j’ai un temps animé le groupe. A ce titre j’ai rédigé plusieurs tribunes. Récemment j’ai lancé la pétition « Pas de CNRS sans SHS ».]

- Daniel Steinmetz (chimiste, ingénieur de recherche au CNRS, Toulouse)

- Isabelle This-Saint-Jean (économiste, professeure à l’Université Paris 13)

La principale raison qui motive mon engagement à SLR et ma candidature au CA est une certitude qui, je crois, anime beaucoup d’entre vous. Je suis en effet convaincue que la série de réformes que connaissent actuellement nos institutions, à la fois de recherche et d’enseignement supérieur, engendrent un bouleversement fondamental de nos activités d’enseignement et de recherche et de notre paysage institutionnel. En dépit d’une stratégie que je qualifierais « d’enfumage et saucissonnage » consistant à présenter ces réformes comme de « simples mesures techniques » qu’un réalisme et un simple pragmatisme imposeraient, elles vont inéluctablement nous fragiliser encore davantage au lieu de régler les problèmes que nous rencontrons.

Je partage avec, me semble-t-il, beaucoup d’entre vous l’analyse selon laquelle quatre traits principaux caractérisent ces réformes.

1- Elle sont motivées par une véritable révolution idéologique qui consiste à penser que la finalité première (pour ne pas dire unique) de la recherche et de l’enseignement supérieur est utilitaire ; la recherche et l’université doivent servir la société ainsi que l’économie, devenue « économie de la connaissance ». Les objectifs premiers et essentiels ne sont plus la création et la diffusion de connaissances nouvelles et de savoirs, mais la recherche n’aurait de valeur que par ses applications et ses retombées économiques et l’Université que par les compétences et les qualifications professionnelles qu’elle offre à ceux qui sont devenus ses « clients » (ou ses « usagers »), à savoir ses étudiants. Ces réformes prennent ainsi place dans une attaque beaucoup plus générale contre le savoir et la connaissance.

2- Pour atteindre ces objectifs, le meilleur moyen serait donc d’introduire les modes de gestion du secteur privé dans les institutions de la recherche et de l’enseignement et de considérer ces dernières comme des « entreprises universitaires ». Aussi, le principe central de cette réorganisation est-il un recours systématique à la concurrence. Au nom de ce principe, les individus, les équipes, les organismes et les Universités sont mis en concurrence afin que les « meilleurs » puissent être identifiés et récompensés par la seule vertu du « tous contre tous ». Une telle logique, incapable de distinguer la saine émulation de la concurrence stérile, se traduit donc par une remise en cause de la notion de service public et notamment de nos statuts qui étaient pourtant à la fois les garants de notre indépendance et l’une des raisons de l’attractivité de notre système. Pour les jeunes, le résultat inéluctable est une très forte précarisation qui s’accompagne nécessairement d’une perte, là encore, d’indépendance dans leur activité de recherche et d’un grand retour du mandarinat. Pour tous, cette concurrence ne peut se faire qu’au prix d’une remise en cause des notions d’équipe et de collaboration, notions pourtant centrales aussi bien dans l’enseignement que dans la recherche. En outre l’absurdité des critères d’évaluation qui règlent cette concurrence n’est plus à démontrer : recours systématique à une évaluation quantitative, faite a priori (sur projet) et non pas a posteriori, et réalisée par des experts nommés et non plus par des représentants élus de notre communauté.

3- Ces réformes correspondent donc à un mélange très curieux et assez inédit, à la fois d’un désengagement de l’Etat (qui apparaît notamment très clairement dans la LRU et la pseudo-autonomie accordée aux Universités) et d’un dirigisme extrême (dont les principaux instruments sont l’ANR et l’AERES, via à la fois l’identification centralisée des projets et la nomination des experts).

4- Enfin, ces réformes ne peuvent être comprise si l’on reste dans le paysage politique français. En effet, on retrouve une telle volonté réformatrice à travers toute l’Europe. Chaque pays se voyant imposer des réformes en bien des points analogues à celles que nous subissons, au mépris des spécificités qui font la force et la faiblesse de chacun.

Ayant été en poste dans trois Universités très différentes (pendant 10 ans à Paris 1, puis à l’Université du Littoral à Dunkerque pendant 3 ans et depuis septembre à Paris 13) et ayant assumé diverses responsabilités (tant nationales que locales, dans le domaine de la recherche comme dans celui de l’enseignement) j’ai pu acquérir un relative connaissance de nos institutions d’enseignement supérieur et de recherche, en particulier en SHS. C’est cette connaissance qui fait que je suis intimement persuadée que ces réformes ne sont pas les bonnes. Que la recherche française, si elle connaît des difficultés, ne correspond pas pour autant à l’image noire qui en est dressée -à des fins de pure propagande- à coup de critère de Shanghai et de fuite de cerveaux. Que la crise de l’Université - ayant eu à faire face à une arrivée massive d’étudiants sans que les moyens ne suivent et qui souffre de la concurrence inégale avec les IUT et les classes préparatoires- risque fort d’être encore aggravée. Comme vous, il me paraît donc urgent d’agir et un engagement à SLR me paraît le meilleur moyen de le faire.

- Alain Trautmann (biologiste, directeur de recherche au CNRS, Paris)

Attention : vous ne pouvez voter favorablement que pour 20 personnes, conformément aux statuts de l’association.