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Accueil / Tribunes et Contributions / III - Un mensonge d’Etat, prétexte à la démolition de notre système de recherche

III - Un mensonge d’Etat, prétexte à la démolition de notre système de recherche

Par Henri Audier, le 9 juin 2008

"Le budget de la recherche est déjà l’un des plus élevés du monde" Nicolas Sarkozy, Orsay, 2008

Troisième chapitre de la série : Le budget de la recherche raconté à Sarkozy.

Résumé

A partir de plusieurs approches complémentaires, il sera montré que ce que l’on appelle "recherche publique" dans les autres pays (universités, organismes, agences) représente non pas 1 % du PIB, comme l’affiche la propagande officielle et ses exécutants, mais environ 0,6 %. En effet, beaucoup plus que d’autres pays, le financement public français inclut une part importante de recherches militaires et de recherches industrielles civiles, les grands programmes industriels par exemple. Au sein de la recherche publique, l’OCDE fait un sort à part au pourcentage du PIB consacré par chaque pays à la recherche académique (universités et CNRS). C’est une glorieuse dix-huitième place mondiale (après la Turquie) qui nous est octroyée. Ah ! Shanghai !

Introduction

Les réformes des institutions de recherche et d’enseignement supérieur menées par le gouvernement actuel reposent en grande partie sur l’affirmation selon laquelle le problème de la recherche française serait d’abord et avant tout un problème de structure et non pas de moyens. En fait, il n’en est rien : la recherche française souffre bien - et peut-être même avant tout - d’un manque considérable de moyens. Dans la série "le budget de la recherche raconté à Sarkozy", nous avons montré que troisième pays scientifique en 1970, cinquième en 1985, encore septième en 1995, la France est désormais à la quatorzième place mondiale pour l’effort de recherche par rapport au PIB (http://www.sncs.fr/article.php3?id_...). Il représente 2,12 % du PIB en 2006, dont environ 10 % est consacré à la recherche militaire. Pour la seule recherche civile, publique et privée, la France se situe donc autour de 1,90 % du PIB. Comparativement, l’Allemagne atteint en 2006 un tiers de plus que la France, le Japon 75 %, la Finlande 82 %. La Suède avoisine le double. Dans ce troisième article, nous traitons du budget de la recherche publique. Depuis cinq ans, la propagande officielle fait croire que la France financerait grassement sa recherche publique, à hauteur de 1 % du PIB. "Le budget de la recherche est déjà l’un des plus élevés du monde" renchérit Sarkozy. Et c’est bien cette contradiction entre la générosité supposée du contribuable et les résultats, délibérément noircis, de notre recherche qui sert de prétexte au gouvernement, d’alibi pour le grand public, pour démolir notre système de recherche.

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