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Une nouvelle provocation de la Sinistre de la recherche

le 11 juin 2008

D’après le communiqué de l’AFP du 9 juin, V. Pécresse a déclaré : "Le CNRS reste entier, il a le même périmètre, les personnels gardent le même statut, mais il doit être plus ouvert". Déclaration rassurante à destination des quelques syndicats ayant accepté de la rencontrer.

Soyons simples : si on combat "l’éclatement du CNRS (et d’autres organismes) en Instituts pilotés par le gouvernement", ce n’est pas parce que nous préférons le terme "département" à celui "d’institut". C’est que nous ne voulons pas remplacer le CNRS, opérateur global et pluridisciplinaire de recherches, par un ensemble d’Instituts verticaux et "tubulaires", directement dans les mains du ministère.

Or, la ministre a précisé à l’AFP comment fonctionneront les instituts : "c’est-à-dire qu’ils n’auront pas de personnalité morale, qu’ils n’auront pas de budget propre, mais que le budget serait voté par le Parlement". Comment interpréter cette phrase-clé, auto-contradictoire en apparence. Si le français a un sens, cela signifie que dans le cadre de la présentation budgétaire, le gouvernement affectera le budget, les crédits et les emplois par Instituts (ou en thématiques fines recoupant le contenu de ses Instituts). De plus, qu’adviendrait-il dans ce cas pour ceux qui n’auraient pas d’Institut ? Certes, le CNRS aurait encore formellement un budget global, mais pré-découpé, lui enlevant ainsi toute marge de manœuvre pour une politique scientifique d’ensemble.

Par ailleurs, la ministre confirme que c’est elle qui nommera les directeurs des instituts, même si Mme Pécresse s’est déclarée "prête à ce que la direction du CNRS me présente un nom". Mais on sait que, dans la tradition administrative française, le poste restera vacant jusqu’à ce que le CNRS présente un nom qui plaise à la ministre.

Enfin, une nouvelle fois, la ministre se prononce avant que les instances du CNRS aient pu le faire, et quelques heures avant la tenue du Conseil scientifique. Elle reprend, cette fois officiellement à son compte, le document de travail "point d’étape" qu’elle avait arraché à la direction, mais qui est refusé par tout le monde. "La réforme prévoit que le CNRS pilotera la recherche dans six domaines : mathématiques, physique, chimie, sciences de l’ingénieur, sciences humaines et sociales, écologie et biodiversité. Les six instituts créés autour de ces disciplines s’ajouteront aux deux existants dans la physique nucléaire et les sciences de l’univers. En revanche, le CNRS n’aura pas la haute main sur les sciences de la vie et sur l’informatique, où les compétences seront partagées avec l’Inserm et l’Inria".

La ministre aurait pu aussi préciser que le ministère fait pression pour que le secteur SHS du CNRS soit fortement amaigri tant du point de vue des disciplines présentes et du nombre de ses unités. En fait, il ne restera du CNRS que quelques instituts autour des "Sciences de la matière" dont on peut craindre le pire quant à la démocratie qui y règnera.

Quand la ministre a déclaré "le CNRS reste entier", la qualité de la communication téléphonique devait être mauvaise avec l’AFP. Sans doute voulait-elle dire : "Du CNRS reste un tiers".