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A la recherche ... du temps perdu

Par laineeric, le 30 janvier 2004

Il paraît que la recherche coûte (trop ?) cher, comment expliquer alors que l’on puisse voir les sources de gaspillage (de "sous" mais aussi d’énergie) suivantes perdurer ou s’amplifier, quelle que soit la couleur politique de nos décideurs, même si le décalage actuel entre les actes et les déclarations devient criant (mais les plus anciens se souviennent d’une précédente arrivée tonitruante au pouvoir et des recrutements annulés au cnrs qui s’ensuivirent, pas de nom mais ça commence comme cnrs, continue comme chu, se poursuit comme inra et se termine comme fac, non ça ne fait pas Haigneré qui a du ramener un peu de vide intersidéral pour mettre dans sa réponse aux chercheurs) :
- faire effectuer par les chercheurs (mieux payés (au mois, sinon à l’heure) même si on se plaint ...) les taches d’entretien, de secrétariat, de communication, celles dévolues ailleurs aux techniciens etc ... parce la suppression de tous les postes techniques est continuelle.
- passer des heures d’un travail stupide, improductif (et pas toujours objectif) à évaluer, à être évalué, à raconter par le détail sa vie son œuvre, et aussi ses projets : réfléchissez à la proportion du temps que vous passez à ces tâches (disons au moins 25%) et si c’est "concurrentiel" avec un système ou moins d’évaluation conduirait à laisser pratiquer 25% de recherches "inutiles" ! D’un point de vue comptable ça doit se valoir quelque part et de plus les évaluations actuelles a priori enterrent peut être parfois une perle de créativité ...
- passer par des marchés publics qui font en règle générale perdre du temps, occasionnent moult paperasse supplémentaire, sont assez inapplicables car par nature les commande de recherche sont assez peu prévisibles ... et surtout aboutissent à payer plus cher la même marchandise ! (qu’on me démontre le contraire : juste deux exemples qui sont pourtant de ceux qui ne touchent pas directement les commandes directement de recherche : comment se fait il que des gens gagnent leur vie en vendant (à but lucratif donc, cf toutes les officines sises en général en face des facs) des photocopies pour moins cher à la page que ce que l’on paie dans une université(sans but lucratif), quand à l’informatique que d’ordinateurs déjà dépassés et bruyant sont achetés pour plus cher que le dernier cri au coin de la rue !). Rappelons quand même que ç’est sensé éviter des prises d’intérêts illégales ... dont on a quand même vu beaucoup plus d’exemples dans le monde politique que scientifique !
- former sur huit ans ou plus des jeunes pour les offrir aux universités américaines sur un plateau faute d’espoir en France ou en jouant sur l’espoir d’un retour gagnant (le post-doc à l’étranger ou le miroir aux alouettes : ne reviennent que ceux qui sont soutenus par un de leurs anciens patrons, qui n’ont pas trouvé l’âme soeur sur place etc ... Parfois c’est pire, ils ont passé leur temps à réellement faire de la recherche à plein temps et restent parce qu’ils y ont pris goût !. Si l’on est vraiment très optimiste (mais alors vraiment) on peut entrevoir une amélioration, en effet après un bac plus quatre le choix des meilleurs étudiants devient "le DEA si tout le reste a échoué" et non plus "le reste si on n’est pas pris en DEA", donc le brain drain va se tarir à la source ...à force de faire des stages en labo, ces étudiants commencent à voir "à temps ?" le fossé qui existe entre leur vision idyllique de la recherche et celle du boulot concret avec ses recrutements arrangés, ses rédactions de projets au centime près dont l’acceptation ne signifie pas le paiement, le temps passé à combattre les ubuesques autant que cervantesques (j’allais dire abacabrantesques) moulins administratifs etc ... Entre parenthèses, aux Etats-Unis, temple du libéralisme, on ne pense pas que la recherche publique doit obligatoirement être applicable tout de suite alors qu’en France on nous dit "inventez directement le lecteur de CD" sans penser qu’il a fallu d’abord inventer le LASER chose éminemment "inutile" bien sur ....).
- Il ne s’agit pas seulement de plus ou moins de recrutement de chercheurs et de plus ou moins de sous, il y a beaucoup plus à faire changer, il faut partir à la recherche du temps perdu et pas seulement (même si c’est également important) à la recherche des fonds perdus ! Mais quand même, tout ce gaspillage me fait penser à ce qui se passe en santé où, sous prétexte que cela sort d’une ligne de crédits différente (j’imagine), on ne finance pas assez les soins à domicile ... ce qui permet de payer le triple en soignant les gens à l’hôpital ... on rogne ici et là et le chef de cabinet est content car à la fin de la colonne dépenses le nombre est plus bas que l’année d’avant, pas grave si ça pèse un jour sur d’autres colonnes.
- Nos teneurs de cordons de bourse ne voient décidément pas plus loin que le bout de leur nez ... ou de leur mandat ... car il semble qu’ils négligent le gros gaspillage du futur : que dans vingt ans la France doive payer des royalties à ceux qui auront inventé les succès économiques de 2024 ?