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Syndicat National des Travailleurs de la Recherche scientifique (SNTRS CGT)

La direction du CNRS a décidé d’appliquer l’intégralité de la politique de Sarkozy

le 4 octobre 2008

La direction du CNRS a décidé d’appliquer l’intégralité de la politique de Sarkozy

Après avoir prétendu vouloir défendre le CNRS, ses laboratoires, son comité national, la direction du CNRS se range maintenant sans aucune ambiguïté ni état d’âme derrière la politique de Nicolas Sarkozy. Recevant le SNTRS CGT le 26 septembre, Arnold Migus a déclaré : « le CNRS sera à l’avant-garde de l’autonomie des universités ».

L’organisation du CNRS en Instituts a été prise en main directement par le Ministère contrairement à l’engagement du gouvernement début juillet, avec la constitution d’une commission et de deux groupes de travail (SDV et logiciel) par V. Pécresse La définition des liens avec les autres EPST et Universités échappe aussi à la direction du CNRS.

Le CNRS assurera désormais deux fonctions : opérateur de recherche et agence de moyen. D’ici 2013 la fonction opérateur diminuera au profit de celle d’agence de moyen. Il ne sera opérateur que pour un noyau de laboratoires stratégiques dont il assumera la gestion ou la cogestion. Il sera agence de moyen pour tous les autres laboratoires qui seront pilotés par d’autres organismes (universités principalement).

En 2013, la fonction agence de moyen sera majoritaire. C’est-à-dire que le CNRS mettra plus de 50% de ses moyens financiers et humains dans des laboratoires pilotés par d’autres. Les désassociations vont commencer dès maintenant. En 2008, elles ne seront pas aussi nombreuses que l’aurait souhaité la direction.

Le critère de l’excellence ne sera pas le seul prépondérant pour retenir un laboratoire, le CNRS veillera aussi à éviter la redondance des thématiques. C’est la mise en place d’une politique de site dont l’application commencera dès 2008, avec l’application de la vague C de contractualisation des universités. Des menaces pèsent sur de très bons labos d’Alsace ou de Lorraine qui ne sont pas dans le cœur de compétence de ces régions. En fait la stratégie sera faite par la direction générale assistée de la direction du Partenariat, sans transparence aucune. Ce sera le ministre qui tranchera.

Les personnels CNRS pourront éventuellement être affectés (jusqu’à 8 ans) dans les laboratoires désassociés, c’est ça l’agence de moyen ! Mais le CNRS peut aussi supprimer son soutien, dans ce cas les personnels devront être mobiles. Le CNRS pourrait appliquer les nouvelles mesures pour la mobilité des fonctionnaires après leur vote par le Parlement cet automne. Nous devons suivre de près la situation des personnels des labos qui seront désassociés. Mais il nous faut en premier lieu combattre tous les projets de désassociassions, ils sont loin de tous reposer sur des considérations scientifiques.

La création des chaires « juniors » réservées pour 5 ans à de jeunes enseignants-chercheurs qui ne feront qu’un tiers de service en enseignement Dès 2009, 20 à 25% des recrutements se feront ainsi. Cela réduira sérieusement le nombre des Chargés de Recherche

Le CNRS prétend garder ses postes dans les délégations régionales et au siège mais il y a déjà une expérience de mutualisation de la gestion avec l’Université de Nice avec sous-traitance au privé. Ce sont les gestionnaires qui sont visés et qui risquent de faire les frais des suppressions de postes. Par contre, le CNRS dit qu’il va renforcer la dimension RH des délégations pour suivre les personnels dont la mobilité doit être plus grande.

La politique annoncée menace de transformer profondément le CNRS en moins de 4 ans. Le nombre des chercheurs titulaires à plein temps sera réduit, celui laboratoires labellisés CNRS diminuera de façon drastique. Les personnels des UMR dés-associées seront soumis à une forte pression pour la mobilité. Les emplois de titulaires seront remis en cause pour tous les métiers en commençant par les administratifs. Certaines disciplines scientifiques n’y résisteront pas. Les solutions individuelles que prônent certains (regroupement de labos, stratégies bibliométriques etc.) ne suffiront pas. Il faut réagir fort et vite.

Le SNTRS-CGT propose aux autres organisations de manifester lors du conseil scientifique du CNRS le 21 octobre, pour soutenir les élus contre les projets de désassociassions.