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Accueil / Actualités / Plus de 4000 scientifiques français, européens et internationaux n’effectueront plus d’évaluations pour l’ANR et l’AERES cette année !

Plus de 4000 scientifiques français, européens et internationaux n’effectueront plus d’évaluations pour l’ANR et l’AERES cette année !

Descriptif :

Cet appel est ouvert à tous les enseignants-chercheurs et chercheurs, et plus généralement à tous ceux dont les fonctions peuvent les conduire à réaliser des expertises dans le cadre de l’ANR ou de l’AERES.

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Moratoire sur les expertises pour l’ANR ou l’AERES

le 6 octobre 2008

4134 personnes ont signé ce texte : liste des signataires

(English, Italian, Dutch, German and spanish versions of this text are now available (see below) )
Le texte ci-dessous est un appel à cesser de subir sans mot dire la politique actuelle du gouvernement en matière d’enseignement supérieur et de recherche. L’action proposée, un moratoire des expertises pour l’ANR et l’AERES, vise à entraver une politique qui nous paraît néfaste et se met en place dans des structures au fonctionnement contestable. Elle ne signifie pas que nous refusions le principe de l’évaluation ou du financement de projets de recherches : elle signifie que nous en avons assez que l’on ne prenne pas en compte nos propositions, que l’on mette en péril l’avenir de la recherche et de l’enseignement supérieur dans notre pays. Il n’est évidemment pas nécessaire, pour signer cet appel/engagement, d’être en accord avec l’ensemble des positions de SLR.
Cet appel est soutenu par le SNCS et le SNESUP. Depuis Février, il est également soutenu par le C3N du CNRS.
Les signatures s’amplifient depuis le 15 novembre et plu dencore depuis janvier. Rejoignez nous, rejoignez vos collègues pour la défense de la recherche et l’enseignement supérieur !

Qui peut signer cet engagement, et à quoi s’engage-t-on ?

Tous ceux qui estiment pouvoir être sollicités comme experts par l’ANR ou l’AERES, notamment tous les enseignants-chercheurs et chercheurs. Autrement dit, il n’est pas nécessaire d’avoir déjà été expert pour signer l’appel. En revanche, si vous êtes doctorant, par exemple, il ne serait pas logique de signer.

Il s’agit d’un moratoire, c’est à dire qu’on s’engage à ne pas effectuer d’expertise pour l’instant, sachant bien que cette situation ne durera pas éternellement, et l’on espère bien qu’une évolution positive de la situation permettra de lever cet engagement.

Cet engagement, une fois signé, concerne des expertises qui seraient demandes à titre individuel. En revanche, si un membre d’une commission CNRS ou INSERM est sollicité, en tant que membre de la commission, à participer à une expertise, il doit accepter. En effet, nous ne voulons pas que l’AERES accapare toute capacité d’expertise, et que les commissions en soient coupées. Puisque l’AERES existe, il importe de faire en sorte que le lien entre les commissions CNU, CNRS ou INSERM et AERES ne soit pas coupé. On peut donc parfaitement avoir signé individuellement le moratoire et être délégué par une de ces commissions à participer à une évaluation AERES.

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La France est en train de vivre une véritable mutation de l’organisation de l’enseignement supérieur et de la recherche et des valeurs qui les sous-tendent. Une partie croissante de ses activités est effectuée sur des contrats à court terme, faisant appel à des personnels précaires. Les choix scientifiques et pédagogiques sont de moins en moins définis par des scientifiques (enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs). Ce qui prime désormais est leur utilité supposée, définie par les services ministériels, qui fixeront régulièrement de nouveaux objectifs applicables à tous. La production et la transmission de connaissances sont censées sauver l’économie et doivent désormais être évaluées et pilotées dans ce seul but. Pour cela, évaluation et gestion de la recherche et de l’enseignement supérieur doivent être fondées sur des indicateurs simplifiés au point de devenir néfastes. Les sources de financement se multiplient et sont morcelées, mais répondent au même modèle, ce qui ne fait qu’accroître les charges administratives des acteurs de la recherche académique sans offrir de diversité. Cela conduira irrémédiablement à l’abandon de nombreuses thématiques.

Ces évolutions sont imposées au mépris de toutes les mises en garde émises par la communauté scientifique. La priorité censée être donnée à la recherche et à l’enseignement supérieur se traduit dans les faits par la suppression de 900 postes dans ces secteurs, par un budget réel calamiteux (voir Budget 2009 : le (la) sinistre de la recherche), par un "plan Campus" qui ne va laisser dans des régions entières (Nord, Bretagne) que des universités sous-financées.

Ce nouveau mode de gestion de la recherche et de l’enseignement supérieur s’appuie sur deux structures récentes : l’ANR et l’AERES. La première absorbe l’essentiel des crédits et prive ainsi universités et grands organismes de leurs moyens, donc de toute autonomie scientifique. Elle aboutit à un système déstructuré dans lequel il n’y aurait plus d’intermédiaire solide (laboratoires, Instituts, lieux propices à une activité collective, une mutualisation) entre le ministère et des équipes individuelles. Ces dernières sont mises en compétition les unes avec les autres pour se disputer des fonds publics. Seules les plus grosses et les mieux établies s’en sortiront (exactement comme le plan Campus, qui aboutit à laminer les petites universités, aussi dynamiques soient-elles). L’ANR est en outre à l’origine de la prolifération de postes précaires qui, allant de pair avec une réduction du nombre de postes statutaires, crée une véritable bombe à retardement. Quant à l’AERES, dont les membres sont tous nommés, elle vient se substituer aux structures collégiales d’évaluation (CoNRS, CNU). Quel que soit le sérieux du travail effectué par les experts, leurs rapports passent ensuite par une série opaque de filtres et reformulations dont ce qui ressort a plus d’une fois étonné et choqué les personnes concernées.

En juin 2008, à l’appel de SLR, 15 000 personnes se sont engagées à n’accomplir aucune tâche qui contribuerait à affaiblir les fondements de notre activité et son avenir à court terme, si le gouvernement ne tenait pas compte des demandes qui lui étaient faites. Le gouvernement a fait des choix, pris ses responsabilités. Nous prenons les nôtres.

Nous refusons de contribuer à cette déstructuration de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous nous engageons donc à refuser désormais de fournir des expertises pour l’ANR ou l’AERES, et ce, tant qu’il n’y aura pas de signes clairs d’un changement de cette politique, qui se traduise notamment en termes de budget, et par le fait que des postes statutaires soient créés et non supprimés.

Nous sommes en désaccord profond avec la politique scientifique du gouvernement et refusons d’en être les complices. Nous défendrons une autre politique, plus conforme aux intérêts de notre pays et à notre conception de la recherche et de l’enseignement. Les objections les plus courantes à cette action, et des réponses à ces objections sont ici.

Liste des premiers signataires

(les médaillés du CNRS sont indiqués par un astérisque)

Jean-Pierre ABASTADO, Daniel AUCLAIR, Pierre AUCOUTURIER, Didier BARRET*, Jean-François BAYART*, Hicham BENHAYOUNE, Fethi BENSLAMA, Armelle BLONDEL, Michel BOIVIN*, Luc BOLTANSKI, Morgane BOMSEL, Catherine BONNE-ANDREA, Violaine BONNEFOY, Danièle BRUN, Boris BURLE, Michel CAHEN, Anne CAIGNARD, Bruno CANARD, Pascal CARRERE, Valérie CASTELLANI, Christophe CHARLE, Pierre CHARNET, Didier CHATENAY*, François CHEVALDONNE, Rémi CHEYNIER, Yves CHILLIARD, Nadine CLERC, Aline COHEN DE LARA, Olivier COQ, Laura CORBO, Olivier COUX, Chantal CRENN, Laurence CROIX, Georges DEBREGEAS, Nathalie deKERNIER, Robert DESCIMON, Claude DEUTSCH*, Bruno FADY, Laurent FASANO, Annick FAURION*, Serge FICHELSON, Cécile FOUGERON*, Jean-Louis FOURNEL, Christian FRETIGNY, Gerard GACON, Olivier GANDRILLON, Cyprien GAY, Bernard GEYER, Laurence GIAVARINI, Hélène GILGENKRANTZ, Noëlle GIRAULT-LIDVAN, Yves GODDERIS*, José GOMEZ DE SOTO*, Roland GORI, Isabelle GRANGAUD, Joel GUIOT*, Denis HUDRISIER, Bernard JACQ, Steve JAEGER, Christophe JOUVET*, Georges KLEIBER*, Michel LACOUR, Jérôme LAMARTINE, Yves LANGEVIN, Jean-Claude LAPRIE*, Sylvie LE POULICHET, Jacques LECOQ*, Francois LEQUEUX, Hélène LOEVENBRUCK*, Thierry LORCA, Claude LORIUS*, Bruno LUCAS, Jean-Marie MAILLARD*, Michel MARIC, Alain MARTY*, Dominique MASSIOT*, Christian MAUDUIT*, Laurent MEMERY, Chaouqi MISBAH*, Bertrand MONTHUBERT, Henry NEEL, Laurent PERRIN, Christelle PEYRON, Laetitia PIEULLE, Olivier POULIQUEN, Bernard QUEGUINER, Michel RAYMOND*, Caroline RENARD, Alfonso REPRESA, Patrick REVY*, Patrick ROUDEAU, Stéphane ROUX*, Marie-Jean SAURET, Thomas SCHUCKER, Delphine SCOTTO DI VETTIMO, Bruno SENGER*, Charles SOULIE, Cécile TANNIER*, Isabelle THIS-SAINT-JEAN, Alain TRAUTMANN, Michel TROYON, Valérie VALLET*.


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