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Grave menace sur le Synchrotron SOLEIL : L’État ne tient pas ses engagements budgétaires !

Communiqué de presse du 17 novembre 2008.

Par Julien Brossard, le 18 novembre 2008

Communiqué de presse du 17 novembre 2008. voir aussi sur le site de Libération

Grave menace sur le Synchrotron SOLEIL : L’État ne tient pas ses engagements budgétaires !

Les personnels du Synchrotron SOLEIL apprennent que, lors d’un CA exceptionnel de SOLEIL du 29 octobre 2008, les tutelles ont annoncé leur volonté de réduire le montant de leur financement sur les années 2008-2011 : le CEA a annoncé son intention de réduire de 15% sur cette période sa dotation, soit ‑7,8 Millions d’Euros, il est suivi par le CNRS dans une proportion équivalente, soit -20,1 Millions d’Euros, au prétexte du maintien de la clé de répartition entre les deux organismes (CEA 28%, CNRS 72%) adoptée à la création de SOLEIL. Leur décision sera fixée au Conseil d’Administration de SOLEIL le 18 décembre 2008.

Si ces positions sont maintenues, c’est l’achèvement du programme initial de construction de SOLEIL qui serait directement remis en cause avec l’annulation de la construction des 6 dernières lignes de lumière (sur 26 prévues en tout). Le CA extraordinaire de SOLEIL du 29 octobre 2008 a d’ailleurs demandé à la Direction de SOLEIL de geler tout nouvel engagement sur ces lignes de lumière jusqu’au CA de décembre.

Un dégât énorme sur le programme scientifique de SOLEIL si ces coupures budgétaires étaient mises en oeuvre :

une totale incohérence scientifique puisque le choix de ces 6 lignes, sur une décision purement comptable, sans aucun arbitrage scientifique, produirait un fort déséquilibre du programme scientifique de SOLEIL.

une réduction de 25 % du nombre de lignes de lumière disponibles à SOLEIL pour les communautés scientifiques d’utilisateurs, françaises et internationales. Ces communautés, constituées dès aujourd’hui de plusieurs centaines de chercheurs (et à terme de plusieurs milliers) seraient privées des outils d’analyse qui ont été conçus pour elles. Leurs projets scientifiques deviendraient caduques, y compris les financements déjà attribués par l’ANR ou d’autres sources. Ce serait particulièrement le cas pour des domaines cruciaux dans l’utilisation du rayonnement synchrotron, et cela se traduiraient en particulier par une diminution de l’offre de SOLEIL de : 50% pour les sciences du vivant et le biomédical, 40% pour les nanosciences et les nouveaux matériaux, 30% pour les sciences du patrimoine.

Ces 6 lignes de lumière étant conçues après les 20 premières, bénéficient de toutes les avancées obtenues, et sont donc encore plus innovantes. L’impact en terme de perte de potentiel scientifique et d’attractivité de SOLEIL est donc sensiblement supérieur à une simple réduction de 25 %.

Le développement de nouveaux instituts autour de SOLEIL, le CPMS (Pharmacologie et conception de médicaments) et l’IPANEMA (utilisation du rayonnement synchrotron pour le patrimoine et l’archéologie) est mis à mal.

Un gâchis formidable sur le personnel et les ressources :

L’activité des 15 personnes hautement spécialisées (dont 11 chercheurs), déjà embauchées (certains depuis 5 ans) pour construire ces 6 lignes, se retrouverait suspendue, et leur investissement pour la proposition et la conception de ces lignes serait réduit à néant. Leurs propositions scientifiques originales, ainsi bloquées, seraient bien évidemment développées ailleurs …

Environ 4 M€ d’équipements déjà commandés, auxquels s’ajoutent les coûts d’études réalisées (soit plus de 5 M€ au total), seraient tout simplement perdus.

La diminution budgétaire annoncée de 29 M€, correspondant à 5 % du budget global de SOLEIL sur la période 2001-2011, obèrerait de plus de 25 % son potentiel scientifique. Au delà du non-sens scientifique, une telle décision serait un non-sens financier.

Avec cette réduction du nombre de lignes exploitées, le coût d’exploitation par heure de faisceau des installations de SOLEIL serait accru de 20%. Les capacités d’accueil de SOLEIL seraient drastiquement sous-utilisées, un véritable gâchis au vu de l’investissement important déjà consenti.

C’est aussi un coup d’arrêt à l’implication de tout le personnel de SOLEIL, sans lequel la construction de cet instrument unique n’aurait pu être menée dans le budget prévu, avec un haut niveau de performance, reconnu souvent comme une référence au niveau international.

La dégradation de l’image et de l’attractivité de SOLEIL dans les milieux scientifiques nationaux et internationaux serait énorme. Alors que les demandes d’heures de faisceau affluent, de la part des équipes de recherche françaises et étrangères, et que déjà des résultats scientifiques de 1er rang sont produits, cette remise en cause du programme de SOLEIL est incompréhensible.

Une remise en cause des engagements pris par l’État

On sait que les budgets reçus de l’État, particulièrement en 2008 et 2009, par le CNRS et le CEA sont, en réalité, totalement insuffisants, malgré les habillages présentés par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur. Mais toute la programmation budgétaire de la construction et de l’exploitation du Synchrotron SOLEIL a été précisément définie depuis l’origine, en 2001-2002, avec la planification des dotations de chaque partie.

La Région Ile de France et le Département de l’Essonne ont assuré l’essentiel des coûts matériels de construction, soit 34,5 % du coût total salaires compris. Elles ont déjà versé, selon l’échéancier prévu, 191 M€, soit plus de 96% de leurs parts contractuelles. Dans ces conditions le fait que l’État, à travers les deux grands organismes de recherche nationaux CNRS et CEA, ne tienne pas ses engagements, est incompréhensible et inacceptable.

A l’égard de l’investissement des collectivités territoriales, très important sur ce projet qui n’aurait pu voir le jour sans elles, ce serait un jeu de dupes !

Un jeu de dupes qui laisserait très mal augurer des importants projets d’aménagement et d’investissement scientifiques annoncés par l’Élysée pour la Région Ile de France (projet de « pôle scientifique et technologique à vocation mondiale » présenté par Christian BLANC pour le plateau de Saclay). On nous parle d’un projet d’aménagement du plateau qui couterait entre 3 à 5 Milliards d’euros, alors que l’état ne trouve pas 29 millions d’euros pour terminer la construction de l’un de ses fleurons !

Les personnels de SOLEIL se mobilisent pour obtenir que la catastrophe annoncée n’ait pas lieu.

Ils s’adressent dans un premier temps aux directions du CEA et du CNRS pour être reçues rapidement, avant le Conseil d’Administration du 18 décembre. La mobilisation ne fait que s’engager, et se poursuivra autant que nécessaire. Ne doutons pas qu’ils reçoivent l’appui des scientifiques de tous horizons qui attendent la mise en service de toute la capacité de SOLEIL selon le programme scientifique cohérent initialement prévu.

Les personnels de SOLEIL.

Contacts à SOLEIL :

Pierre FERET, Délégué Syndical pour le SGEN-CFDT 01 69 35 91 48 pierre.feret@synchrotron-soleil.fr

Patrick LE FEVRE, Délégué Syndical pour le SNCS-FSU 01 69 35 97 44 patrick.lefevre@synchrotron-soleil.fr

Pierre LEBASQUE Délégué du Personnel 06 08 25 90 41 pierre.lebasque@synchrotron-soleil.fr

Amina TALEB-IBRAHIMI Déléguée du Personnel 01 69 35 96 18 06 89 64 36 09 amina.taleb@synchrotron-soleil.fr

Laurent NAHON Délégué du Personnel 06 60 96 95 10 laurent.nahon@synchrotron-soleil.fr