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Blocage de la transmission des qualifications : quel sens ?

Par Docteur Quiche, le 12 février 2009

A ce jour, au moins 16 sections du CNU ont décidé de refuser de transmettre le résultat des qualifications au ministère. Cette action fait partie d’un ensemble d’autres mesures prises par la communauté universitaire et peut être considérée comme faisant partie des blocages administratifs. Pour autant, nous devons nous demander quel est le sens de cette action particulière.

En quoi bloquer les qualifications sert-il l’objectif affirmé du retrait des réformes en cours sur le recrutement/statut des enseignants chercheurs ? Permet-il de mieux informer la population sur les difficultés que nous rencontrons chaque jour ? A-t-il un effet dissuasif sur le système administratif ? Valérie Pécresse et Nicolas Sarkozy vont-ils par ce biais soudainement prendre conscience des problèmes posés par leurs réformes ?

Les conséquences du refus de transmission pèsent uniquement sur les jeunes docteurs. S’ils n’étaient déjà atterrés par l’état de la recherche en France, découragés par les faibles perspectives d’avenir qu’ils entrevoient, on ajoute à leur démotivation légitime un nouvel obstacle, posé non par nos autorités mais par leurs futurs collègues. Un accueil chaleureux, en quelques sortes.

Pendant qu’ils attendent le résultat de leur qualification, ils ne peuvent postuler nulle part, contrairement à leurs aînés qualifiés les trois années précédentes.

Pendant qu’ils attendent le résultat de leur qualification, ils sont encore plus précarisés, non seulement par leur statut actuel (ATER, post-doc...), mais par leur impossibilité à préparer l’avenir.

Pendant qu’ils attendent le résultat de leur qualification, le ministère n’est en rien touché par cette grève, qui n’affecte pas le recrutement (les qualifiés des années précédentes peuvent se présenter), et qui désassocie les jeunes docteurs de leurs collègues actuellement en poste.

Et si le retrait n’est pas acté, qu’est-il envisagé ? Si les sections continuent le blocage, elles sacrifient à leur protestations les docteurs, ce qui serait profondément injuste et injustifié. Si les sections finissent par dévoiler les résultats, elles montrent bien à quel point ce moyen de pression n’en était pas un.

Il est compréhensible que les sections du CNU tentent de faire entendre leur voix, et utilisent pour cela une de leurs prérogatives. Mais les membres des sections du CNU font partie de la communauté universitaire et ont à ce titre de multiples moyens pour montrer leur désaccord. Alors pourquoi ce moyen là, qui tire dans nos rangs et ne touche pas nos gouvernants ?