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Il ne s’agit que d’un exemple parmi tant d’autres...

le 30 janvier 2004

Je souhaite apporter mon témoignage pour illustrer le phénomène d’expatriation des scientifiques francais. Il ne s’agit évidemment que d’un exemple parmi tant d’autres.

J’ai effectué mon DEA et ma thèse en immunologie dans le laboratoire de Christophe Benoist et Diane Mathis (DEA en 1996-1997 et these 1997-2003). Ce laboratoire était situé à l’IGBMC (Strasbourg), dirigé par Pierre Chambon.

En 1999, le laboratoire a déménagé à Boston, dans le Joslin Diabetes Center, qui est affilié à Harvard Medical School. Les raisons précises de leur déménagement devraient être demandées directement aux intéressés mais il est clair qu’en arrivant les conditions financières étaient plus avantageuses (pour le fonctionnement du labo et pour le salaire également) et les opportunités pour élargir le champ d’investigation évidentes (études cliniques en collaboration, présence de nombreux immunologistes de premier plan sur le campus lui-même). En ce qui me concerne, les conditions de vie ne sont pas vraiment meilleures ici (salaire plus élevé mais cout de la vie egalement) mais je n’avais pas vraiment le choix (suivre ou le labo ou refaire une these ailleurs ?). De plus, l’occasion de pouvoir effectuer un sejour a l’etranger etait interessante. Entre l’annee sabatique des directeurs de these avant le depart (1997-1998) et le demenagement a Boston, mon travail de these a ete considerablement ralenti ce qui fait qu’au bout du compte, on arrive a une these en 6 ans ce qui evidemment me rejette en dehors de toute limite d’age pour les concours CNRS et INSERM. Et ce avant meme de commencer un post-doc.

Je comptais rentrer en France apres ma these mais il est apparu tres difficile de creer des contacts en France lorsqu’on fait sa these a l’etranger (en postdoc, on a au moins le contact de son labo de these). Ici, mes chefs n’ont plus vraiment de relations avec d’autres immunologistes en France (certains d’entre eux ont egalement emigre). J’ai contacte un labo a la genopole d’Evry qui avait passe une annonce pour un postdoc avec une bourse "retour" de la genopole. J’aurais pu obtenir cette bourse et beneficier d’un salaire tres convenable a ce niveau (equivalenet CR2 je crois). Pourtant, le sujet m’a paru trop eloigne de mes centres d’interet et j’ai prefere m’engager pour un postdoc dans une biotech en Californie (Novartis Institute for functional genomics-GNF). Le salaire y est a peine superieur a celui d’un postdoc academique

Je ne peux pas vraiment dire que les portes etaient completement fermees pour moi. Je n’ai pas pris suffisamment de temps pour avoir plus de choix. Je compte toujours rentrer en France apres mon postdoc mais je ne sais pas dans quel domaine.

Laurent Poirot