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Fabien THIĖMĖ, Vice-Président du Conseil Général du Nord, le 13 février

le 13 février 2009

- Fabien THIĖMĖ
- Vice-Président du Conseil Général
- Délégué à l’Enfance et à la Famille
- Maire de Marly

à Madame Valérie PECRESSE

- Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
- 21, rue Descartes
- 75 005 PARIS

Lille, le 13 février 2009

Madame la Ministre,

La modification du décret de 1984 sur le statut des Enseignants Chercheurs suscite un mécontentement croissant et fort légitime.

La médiatrice que vous avez nommée ainsi que la réunion que vous avez provoquée le 11 février dernier et votre engagement de donner « davantage de garanties » n’ont pas suffit à apaiser cette situation.

En effet, la Coordination Nationale des Universités a d’ores-et-déjà appelé à une journée nationale de manifestations le 19 février prochain à laquelle devraient se joindre les enseignants du premier et du second degré. Et, ce jeudi 12 février, les étudiants défilaient à nouveau.

Une situation révélatrice de la colère et de l’inquiétude qu’entrainent les atteintes portées, à travers ce projet mais également la loi Libertés et Responsabilités des Universités, à la Recherche, l’Université et l’Enseignement en général.

Comme la Coordination Nationale des Universités, je condamne, à travers cette réforme, la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche ainsi que la précarisation des personnels de toutes catégories.

Avec leur statut actuel, les enseignants chercheurs ont deux mi-temps, l’un d’enseignement, l’autre de recherche. Avec cette réforme, un universitaire dont les recherches ne rapporteront pas assez de financements à court terme sera privé d’une partie de son temps de recherche et fera plus de cours, faisant ainsi de l’enseignement une punition.

Cette réforme aurait également pour conséquence de couper les enseignements de la recherche. Tandis que certains enseignants crouleront sous les cours, les autres feront de la recherche sans enseigner, donc sans former les étudiants à la recherche.

Les autres projets en cours sont tout aussi critiquables : suppression de 900 postes, dégradation de la formation des enseignants à travers la mastérisation des concours et la suppression des IUFM, financement des universités à la performance, gestion basée sur le modèle de l’entreprise, multiplication des bourses au mérite à la place de celles sur critères sociaux, menaces pesant sur les CROUS …

Cette politique qui s’attaque de manière globale à l’ensemble du service public d’enseignement aura des répercussions sur toute la société.

Albert FERT, Prix Nobel de physique 2007, n’a-t-il pas déclaré, en réaction au discours du Président de la République du 22 janvier dernier, qu’« à l’heure où l’économie réelle a besoin d’avenir, aux dires même du Président de la République, la politique à courte vue de coupes claires, sans discernement dans la recherche et l’enseignement supérieur est suicidaire. »

Notre société, de surcroît dans une période de crise et d’incertitudes, a en effet plus que jamais besoin que l’on investisse dans les savoirs, la recherche, l’enseignement, en un mot l’avenir.

Ceci est encore plus vrai dans le Valenciennois et le Nord qui restent durement frappés par le chômage et la précarité, en particulier chez les jeunes.

C’est pourquoi, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir retirer immédiatement ce projet de modification du statut des enseignants chercheurs ainsi que la loi Libertés et Responsabilités des Universités, de revenir sur les 900 postes supprimés et d’engager un vaste débat national sur les questions des savoirs, de la recherche et de l’enseignement.

D’ores-et-déjà je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à la présente et dans l’attente de vous lire,

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.