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On en apprend quand même de belles sur le CNRS

Par JUSSERAND Bernard, le 16 février 2009

Dans le supplément Economie du Monde daté du 10/2, est parue une page de publireportage sous le titre "La recherche au cœur de la mêlée" qui combine des interviews de quatre DRH, du CNRS, de l’INRA, de l’IRSN et de l’INRIA et un article de présentation signé L. PM (?).

Ce dossier semble plutôt tourné vers le milieu des ingénieurs (des « cadres dans les fonctions support » comme ils disent) mais le contenu traite de l’ensemble des emplois au CNRS de façon très confuse. Il n’est pas toujours facile de savoir qui a dit quoi.

On en apprend quand même de belles sur le CNRS.

Le ton est donné dès le chapeau avec la phrase suivante : Pour la première fois depuis longtemps, les budgets sont à la hausse et ses missions revalorisées.

Le texte journalistique se signale ensuite par ses tics linguistiques, ainsi les « hauts potentiels étrangers » que le CNRS attire ou les « très hauts potentiels issus des grandes écoles d’ingénieurs … tentés par les grandes entreprises du secteur privé ou de l’étranger ». Ne mélangeons pas les torchons scientifiques et les serviettes des grandes écoles…

Parmi les propos attribués à la DRH du CNRS, on y lit que le « le grand enjeu [du CNRS] est aujourd’hui de canaliser la richesse due à la multiplicité des disciplines ». Concernant probablement les chaires : « Et la réforme en cours qui débouche sur des recrutements communs entre l’université et le CNRS. C’est un atout car nous allons faire bénéficier les facultés de notre expérience et de l’excellence de nos recrutements. Même si le processus s’annonce lourd, il devrait permettre de faire progresser la parité dans les domaines scientifiques où la présence des filles est en recul depuis une quinzaine d’années » On cherche vainement une signification à ce texte dont l’enchaînement semble plutôt relever de l’erreur de copier coller. Dans la courte interview de la même DRH, on lit avec stupeur que « nous allons ouvrir 300 chaires sur concours CNRS » S’agit-il des prévisions pour 2010 ?

Mais le plus beau nous est réservé par le tableau Nota bene.

Dans le paragraphe Métiers sont présentés deux avantages des organismes de recherche : • La recherche retrouve ses lettres de noblesse. Dans tous les secteurs, avec une forte demande du privé qui redécouvre en période de crise les vertus de la R&D • Le volume de CDD est important Le CNRS ou vive la précarité !

Pour les rémunérations, elle ne sont pas terribles (c’est difficile à nier) mais : • on peut être directeur de recherche avant quarante ans • beaucoup de possibilités de doubler (voire plus) son salaire avec enseignement, brevet, consultations et expertises • salaires doubles dans le cas d’une recherche ou d’une mission à l’étranger De qui se moque-t-on ?

Ce texte atterrant reflète au moins l’incompétence professionnelle totale de la DRH du CNRS, sans doute aggravée par celle de l’auteur du dossier : erreurs grossières sur des données de base mais surtout méconnaissance évidente des personnels de la recherche, de leur travail et de leurs motivations. Le comble pour un DRH ! Encore une preuve de la coupure grandissante entre le CNRS (c’est à dire nous) et certains de ses "dirigeants". Question subsidiaire : combien de temps Mme d’Argouges a-t-elle travaillé dans un laboratoire ?