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Accueil / communiqués partenaires / Occupation de la Sorbonne, le 19 février 2009

Occupation de la Sorbonne, le 19 février 2009

le 24 février 2009

La Sorbonne a été occupée par plusieurs dizaines de personnes le 19 février 2009, au terme d’une manifestation qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes à Paris. On trouvera ci-dessous l’appel lancé à la Sorbonne ce jour-là, ainsi que la compte-rendu de cette occupation.

L’appel de la Sorbonne occupée

Si nous occupons la Sorbonne, ce 19 février 2009, c’est que nous demandons l’abrogation de l’ensemble des réformes organisant la casse de l’enseignement et que nous nous opposons à la marchandisation de tous les secteurs de la société. C’est pourquoi nous exprimons, par notre présence ici, notre solidarité avec les deux départements en grève générale et toutes les luttes actuelles. Nous appelons l’ensemble de la population, étudiants, travailleurs, sans-papiers, lycéens, retraités, précaires, à s’auto-organiser en prenant part à ces luttes. Pour ce faire, nous appelons à bloquer et occuper les lieux de pouvoir, les axes de circulation des hommes et des marchandises. Il est aujourd’hui nécessaire d’unir les luttes et de suivre l’exemple de la Grèce et de la Guadeloupe : c’est la seule manière de faire reculer le gouvernement. … Les occupants de la Sorbonne

Compte rendu de l’occupation

18h -Fin de la manifestation et début de la manifestation "sauvage"

18h30 -Dispersion dans le calme de la manifestation "sauvage" mais appelant les plus courageux à se rendre discrètement à la Sorbonne

19h/19h30 - Arrivée à la Sorbonne

A notre arrivée les portes nous ont été fermées, on a donc forcé l’entrée gentiment et nous sommes entrés dans la cour de la Sorbonne.

A partir de là, on a empêché les vigiles de refermer les portes, en effet ils voulaient empêcher d’autres étudiants d’entrer. On a attendu après avoir appelé de nouveaux arrivants de nos universités respectives pour renforcer l’occupation que nous préparions.

Vers 20h - Arrivée des Schtroumpfs (police, gendarmes et CRS), ils ont bloqué les entrées, nous ont empêché de fermer les portes, ont empêché les étudiants de l’extérieur d’affluer dans la Sorbonne.

20h30/21H00 - Organisation d’une AG pour faire le point et pour savoir ce que l’on peut tirer de cette occupation (environ 50 à l’intérieur et plus de 200 à l’extérieur de la Sorbonne). L’Occupation avec si peu de personnes nous a donc paru très difficile, en sachant que les occupants étaient catégoriquement contre toute forme de violence (dégradation de NOTRE Université, affrontement avec les forces de l’ordre...). Nous avons donc décidé de sortir, contraints par les forces de l’ordre, avec un appel pour expliquer aux gens la raison de notre occupation.

Jusqu’à 22h/22h30 (heure supposée de l’expulsion) nous avons débattu des problèmes de notre société, nous étudiants (dont un personnel BIATOSS) de toutes les Universités d’ Ile de France, étrangers ou français, spécialisés dans la majorité des disciplines proposées par l’Université française [Science, Science Humaine, Littérature, etc...] (psychologie, histoire, sociologie, mathématique, biologie, science du langage, Langue vivante...(anglais espagnol), science politique, littérature, etc...).

Ce long débat nous a conduit à la rédaction de l’appel (voir ci-dessus) rédigé très rapidement et sous la pression d’être expulsés à tout moment (pour vous montrer la difficulté qu’on a eu à rédiger ce texte, et pourquoi il n’est pas plus précis, consistant et développé.) De plus, débattre d’un texte à 50 est également très difficile.

Au delà de ces difficultés, nous avons abouti à des idées sur lesquelles nous étions unanimes.

22h30/23h00 Nous avons décidé de le lire à la presse que nous savions présente, et nous avons été étonnés de voir une présence des médias beaucoup plus importante que prévu (la plupart des journaux et chaînes de télévisions les plus importants étaient présents et pourtant aucun n’a diffusé cet appel...)

23H00 à 1H du matin nous sommes restés (mis à part certaines personnes qui n’étaient présentes que pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de dégradations... il est d’ailleurs fort dommage de savoir que d’autres de nos camarades ne nous faisaient aucunement confiance...).

Nous avons jugé que par rapport à la demande que nous avons formulée dans l’appel de la Sorbonne, nous devions tous rester pour garder notre crédibilité.

La police est intervenue vers 1h du matin lorsque nous avons cru pouvoir rester toute la nuit (sans manger, sans boire et sans pouvoir aller aux toilettes puisque les vigiles, à la demande de la police, nous ont enfermés dans un espace réduit de la Sorbonne).

Nous sommes donc entrés dans l’amphithéâtre Richelieu à 1H pour nous réfugier. LES FORCES DE L’ORDRE SONT ENTREES A NOUVEAU DANS LA SORBONNE POUR NOUS EVACUER, ce qui pour nous est encore une fois une preuve de mépris envers la jeunesse, envers la France (suite à notre appel), à la démocratie, au droit et à notre liberté d’expression, à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (qui stipule que quand nos droits fondamentaux sont atteints nous devons et c’est un devoir nous insurger contre l’oppresseur...) et surtout aux étudiants et au savoir défendu par une grande partie de la communauté scientifique et universitaire actuelle.

C’est pourquoi nous devons faire connaître très largement ce qui s’est réellement passé ce soir là.

Une video de l’évacuation de la Sorbonne est visible ici.

… Notez enfin qu’il y a quelques différences entre ce CR de l’occupation (vécu et véridique) et ce qui en est dit par un journaliste dans l’article de rue89.