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ASSEMBLEE PERMANENTE DU 22 JANVIER 2004 : LA CDUS COMMUNIQUE

Par Bertrand Monthubert, le 30 janvier 2004

Sur la situation de la formation et de la recherche universitaires.

La Conférence des Doyens de Sciences réunie le 22 janvier 2004 en assemblée permanente, a débattu de la situation et de l’avenir de la formation et de la recherche universitaires.

L’enseignement supérieur et la recherche sont aujourd’hui en crise en France. Tous les indicateurs mettent en évidence les contradictions de notre système universitaire, contradictions renforcées par la dualité universités-écoles et par le rôle des grands organismes de recherche. De nombreux acteurs se mobilisent avec raison et interpellent les pouvoirs publics. Une réponse urgente doit être donnée aux interrogations et aux inquiétudes qui s’amplifient.

Dans le cadre de la construction européenne de l’enseignement supérieur, le financement actuel des formations universitaires ne permet pas de relever le défi de l’indispensable compétitivité, particulièrement dans le domaine « sciences et technologies ». En effet, actuellement le coût d’un étudiant est inférieur au coût moyen d’un étudiant de l’OCDE, il est même inférieur au coût d’un lycéen en France. Comment dans de telles conditions lutter contre la désaffection des jeunes pour les études scientifiques ? Comment permettre aux étudiants d’acquérir les compétences nécessaires à leur insertion professionnelle ? Comment réussir la grande réforme actuellement engagée au sein des formations universitaires ? La réponse est dans la capacité de la nation à soutenir ses universités.

La Recherche, support des formations universitaires et facteur essentiel de développement économique, est aujourd’hui en crise en France. La CDUS constate une baisse significative des moyens accordés à la recherche. Cela va provoquer à très court terme une déstructuration des laboratoires. Des crédits 2002 ont été annulés, une partie des crédits 2003 ont été gelés et les retards dans les versement des crédits de paiement ont fortement pénalisés l’activité des laboratoires. L’année 2004 s’ouvre dans des conditions difficiles. De telles conditions handicapent le développement et l’innovation de la recherche française, elles risquent de renforcer en outre la fuite des jeunes diplômés que nous formons dans nos universités vers des laboratoires étrangers.

En conséquence, la Conférence des Doyens de Sciences demande avec force qu’un débat soit engagé très rapidement, associant tous les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que le monde économique et social. Ce débat doit déboucher sur un projet politique clair assorti d’un plan pluriannuel nécessaire à sa mise en ?uvre sur la durée. Il y va de l’avenir de la formation et de la recherche universitaire dans notre pays et de leur rayonnement au niveau international.

Sur la modification du statut des enseignants-chercheurs.

La Conférence des Doyens de Sciences réunie le 22 janvier 2004 en assemblée permanente, a examiné les propositions pour une modification du statut des enseignants-chercheurs faites par Bernard Belloc, suite à une demande du Ministre.

La CDUS estime urgente une réforme du statut des enseignants-chercheurs et une revalorisation de leur carrière. C’est avec beaucoup de déception qu’elle constate que les propositions faites ne sont pas à la hauteur des enjeux. Aucune réforme de fond n’est envisagée et les mesures proposées, souvent trop techniques, ne sont pas de nature à répondre entièrement à la forte évolution que connaît le métier des enseignants-chercheurs et aux responsabilités qui lui sont attachées.

En dépit de ces réserves, le rapport de Bernard Belloc ne peut être ignoré. Il contient certaines propositions intéressantes qui prennent en compte l’interconnexion entre formation et recherche universitaires. Cependant, la CDUS estime que si ces propositions devaient être mises en ?uvre, alors pour le moins les mesures suivantesdevraient être simultanément intégrées :
- la juste reconnaissance du travail d’encadrement en sciences expérimentales (1hTP=1hTD)
- la prise en compte de tous les actes pédagogiques devant les étudiants (y compris l’encadrement des stages et des travaux d’études et de recherche) dans le volet « activités formelles d’enseignement ». un système unique de certification « recherche ». Cette certification étant au moins de niveau intensif pour tout enseignant-chercheur déjà favorablement évalué en tant que membre d’une UMR (ce qui exige une évaluation rigoureuse de l’activité individuelle des enseignants-chercheurs).
- un dispositif évitant d’écarter définitivement de la recherche les enseignants qui n’ont pas obtenu de certification recherche (décharges d’enseignement obtenues sur la base d’un projet, congés spécifiques pour recherche, ?)
- une évolution de carrière possible pour tous ceux qui ont fait le choix de se consacrer exclusivement à l’enseignement, à une période de leur carrière (ne pas le faire et leur demander 384h revient à instaurer une « double peine »).
- Enfin, faciliter l’intégration des Maîtres de Conférences nouvellement nommés dans un corps d’enseignant-chercheur en intégrant dans leur 192h d’activités dites « formelles d’enseignement » le temps qu’ils doivent consacrer à l’apprentissage de leur métier d’enseignant, dans des conditions à préciser et pour une quantité limitée.

Depuis plusieurs années, la CDUS insiste sur le fait que la mise en ?uvre de la construction européenne de l’enseignement supérieur universitaire nécessite une forte implication de l’ensemble des collègues. La commission Espéret a mis en évidence un besoin de modifications importantes dans la façon d’aborder les obligations de services des enseignants-chercheurs et une grande rigidité des obligations de services dans les universités françaises, en opposition avec de nombreux pays européens. La Conférence demande donc avec force à l’Etat de s’engager, en s’appuyant davantage sur les travaux de la commission Espéret, à procéder rapidement aux changements nécessaires, indispensables à la mobilisation de tous pour la réussite des réformes en cours dans l’enseignement supérieur.