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CNRS : la suppression de centaines de postes est programmée pour les années qui viennent

Par Alain Trautmann, le 27 février 2009

Des documents rendus récemment publics sur le blog de Sylvestre Huet/Libération constituent une véritable bombe.

CNRS : sciences² publie les documents secrets sur son avenir

Au départ, un document (ci-joint) tombe entre les mains des syndicats le 26 février 09. Ce document de travail porte sur le contrat CNRS-Etat pour 2009-2013. Il prévoit que sur cette période, le CNRS perdrait 399 postes de chercheurs, ingénieurs et techniciens. Dans ce décompte, les chaires mixtes CNRS-universités (dites d’excellence) sont comptabilisées comme des postes CNRS alors que ce sont des postes de "super Maitres de Conférence" également comptabilisés dans les emplois universitaires. Les 450 chaires dont la création est prévue sur cette période sont donc benoîtement comptées deux fois, comme postes universitaires et comme postes CNRS. Cette tromperie révélée, la diminution véritable du nombre de postes au CNRS serait de 849 (399+450) pour la période 2009-2013.

A peine Sylvestre Huet avait-il révélé l’existence de ce document, que le ministère s’empressait de déclarer qu’il n’en était pas l’auteur. Quelques heures plus tard, le secrétaire général du CNRS, Alain Resplandy-Bernard, déclarait que c’était lui l’auteur. On ignore si cette déclaration est spontanée ou fortement contrainte, et à la limite peu importe. Cela fait des mois que l’on voit la direction du CNRS suivre toutes les directives et changements de direction qui lui sont successivement imposés par le gouvernement, et même parfois devancer les desiderata gouvernementaux [1]. Peu importe qui porte officiellement le chapeau de la fuite, il s’agit indiscutablement d’un document d’inspiration gouvernementale.

La technique de la "fuite" est classique. Rappelons-nous début 2005. Le projet de loi sur la recherche que le gouvernement avait dans ses cartons était tellement éloigné du rapport des Etats Généraux de 2004, qu’il y avait lieu de craindre des vagues. La technique utilisée en janvier 2005 avait été d’organiser la "fuite" d’un projet de loi dont le ministère jurait ses grands dieux qu’il n’était pas de lui et ne l’engageait pas. Ce vrai-faux projet permettait d’estimer l’intensité des réactions hostiles sur les différents points, tout en assurant ne pas savoir d’où venait et ce que représentait un document qui, en réalité, contenait très exactement les principaux éléments de la loi qui serait votée plus d’un an après.

Alors ne nous laissons pas abuser par les dénégations officielles, les protestations selon lesquelles il ne s’agirait que de rumeurs et à tous ceux qui aujourd’hui seraient tentés de répondre favorablement aux propositions du gouvernement d’arrêter le mouvement en cours, dans la mesure où de nouvelles promesses pourraient être faites sur le statut des enseignants et la masterisation de la formation des maitres, nous disons : pensez-vous que la recherche à l’université se portera mieux si le CNRS disparaît (ou est progressivement étouffé), si les jeunes se détournent des métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur parce qu’ils n’y voient aucune perspective d’emploi digne ? Pensez-vous que l’on peut arrêter aujourd’hui de se battre, et renoncer à obtenir un plan pluriannuel pour l’emploi dans l’enseignement supérieur et la recherche ?

Pour notre part, faisons savoir au gouvernement que notre détermination reste entière, et que ses manœuvres ne nous détourneront pas des objectifs que nous nous sommes fixés.

[1] On signale à la direction du CNRS qu’elle a un petit retard d’adaptation sur un point : le projet de contrat 2009-2013 parle d’un CNRS découpé en 10 instituts, conformément à la commande gouvernementale initiale. Mais depuis, le chef de l’Etat a indiqué qu’il souhaitait que toute la biologie en France soit regroupée dans un unique institut du Vivant, afin de suivre à la lettre les recommandations du rapport Zerhouni, ce qui implique la disparition de la biologie au CNRS. Encore un effort et la direction du CNRS s’adaptera à cette recommandation nouvelle