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De la violence policière aveugle comme méthode de dialogue

Par Alain Trautmann, le 10 mars 2009

Violences policières contre des élèves de collège (troisième) le 5 mars, gare Montparnasse

Jeudi 5 mars, des élèves du collège Jean Jaurès de Cenon se trouvent gare Montparnasse, au retour d’une sortie pédagogique à l’Assemblée Nationale dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté. Or, ce jour-là, il y avait une manifestation nationale à Paris, pour la défense de l’enseignement supérieur et la recherche, manifestation d’ailleurs animée, colorée, vivante, mais sans aucune violence dans le cortège. Alors que les élèves attendaient leur train, des CRS ont chargé dans la gare Montparnasse sans discernement quelques manifestants auxquels les élèves se trouvaient mêlés. Ils ont alors été traités avec la plus grande violence. Des parents d’élèves et des enseignants ont constaté que plus de dix élèves ont été bousculés, frappés, jetés à terre, blessés comme en témoignent les certificats médicaux délivrés sur place. Ils ont constaté également que tous les élèves gardent un souvenir terrorisé de cette expérience. Comme on peut le lire dans le journal Sud-Ouest, Violentés par des CRS à Paris, des collégiens portent plainte. Les élèves étaient venus à l’Assemblée Nationale dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté. Avec des arguments frappants, le cours a aussi pu porter sur la question : est-ce que la police est au service des citoyens ou du gouvernement ?.

Madame Alliot-Marie perd les pédales

Suite de l’histoire mardi 10 mars, au journal de 8h de France Inter, interview de Michèle Alliot-Marie. La ministre ose insinuer que la responsabilité de ces violences incombe … aux enseignants : ils n’avaient qu’à pas se trouver là, ce sont eux qui ont entraîné les jeunes dans un lieu dangereux ! Lorsqu’on en arrive à utiliser sans vergogne des arguments aussi vils, c’est qu’on est vraiment prêt à dire et faire n’importe quoi, ce qui est préoccupant quand on est ministre de l’intérieur.

Le temps des matraques est-il de retour ?

C’est d’autant plus préoccupant que le gouvernement semble décidé à faire un usage de plus en plus fréquent et systématique de la violence en guise de réponse aux inquiétudes et aux colères des citoyens. On en a ainsi plusieurs exemples, en réponse à des personnes qui manifestaient récemment pour la défense de l’enseignement supérieur et la recherche. Dernier exemple en date, à Lyon, lors de la visite de Valérie Pécresse au forum international Biovision sur le thème des biotechnologies. Oui, la même Valérie Pécresse qui clame sa volonté de dialogue (tout en ne cédant en rien sur les questions les plus brûlantes), fait régler à la matraque la question du dialogue avec des gens trop déterminés.

On peut craindre que, se trouvant à court d’arguments faisant appel à la compréhension et l’intelligence, le gouvernement essaie de s’en sortir par la violence, la provocation, afin de déclencher chez nos concitoyens un réflexe de peur devant ces débordement, et les amener à souhaiter que tout cela cesse rapidement. Des violences similaires avaient été utilisées pour mettre fin au mouvement anti LRU de l’automne 2007. Nous serons attentifs à ce que l’histoire ne se répète pas. Nous le disons tranquillement : nous ne nous laisserons pas intimider par de telles méthodes, et continuerons à lutter, en multipliant les formes d’action pour défendre le service public d’enseignement supérieur et de recherche.

Pour lire la réponse de l’enseignante mise en cause par Alliot-Marie, cliquer dans l’onglet "réactions"

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