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Des réponses gouvernementales dérisoires, voire provocatrices.

le 18 mars 2009

Alors que le gouvernement espérait un essoufflement de la contestation, cette semaine a vu un renforcement de la mobilisation des personnels et des étudiants de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Partout en France, les actions se sont multipliées qui ont démontré la vivacité et la créativité de ce mouvement. La manifestation nationale “de la maternelle à l’enseignement supérieur et à la recherche” du mercredi 11 mars a été un formidable succès, réunissant près de 60000 personnes à travers le pays.

Jeudi 12 mars, une coordination nationale des laboratoires en lutte a été lancée par 500 délégués venus de la France entière. L’ensemble des délégués de laboratoires de recherche a mis l’accent sur la nécessaire solidarité des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche face à l’ensemble des contre-réformes gouvernementales (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2648).

Enfin la réunion des directeurs de laboratoires qui s’est tenue samedi 14 mars a confirmé cette tendance en appelant notamment à un renforcement de la grève administrative et en menaçant d’une démission collective prochaine (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2654).

D’ores et déjà, du fait du succès croissant des nombreux appels à la grève et au refus d’expertise, c’est désormais l’ensemble de la recherche et de l’université qui est menacé de paralysie. Cette situation, le ministère en porte l’entière responsabilité. Sa réponse apparaît pourtant dérisoire, voire provocatrice.

Ainsi, la prétendue réécriture complète du décret modifiant le statut des enseignants chercheurs s’est soldée par un texte quasi-identique à celui soumis au conseil d’Etat le 30 janvier, au dire même du porte-parole de l’Elysée Claude Guéant (http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/03/le-mensonge-de.html). Les analyses détaillées de ce nouveau texte (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2647), montrent que le soi-disant accord obtenu par le ministère avec les syndicats minoritaires est une farce, que ces mêmes syndicats dénoncent aujourd’hui.

L’échec de cette pseudo-négociation confirme notre analyse qu’aucune discussion sérieuse sur les conditions de travail des enseignants-chercheurs ne peut s’engager sans un préalable : celui de l’augmentation du recrutement statutaire au travers d’un plan pluriannuel de l’emploi, permettant une réduction globale du service d’enseignement. Or précisément, cette demande est refusée par le gouvernement qui lui oppose un vague engagement de non-diminution de l’emploi pour 2010 et 2011 à l’Université, entérinant ainsi les réductions d’emploi en 2009 et celles programmées dans les organismes.

Que dire également de prétendu recul sur la réforme de la formation des maîtres, qui consiste à faire de l’année 2009 une « année transitoire » sans changer les principes directeurs de cette réforme si largement rejetés (http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2657). Là encore, la réponse de l’exécutif relève de la provocation.

Enfin, sur les organismes de recherche et leur démantèlement dont la réunion des délégués de laboratoires jeudi a montré la réalité, le silence de la ministre est assourdissant. Elle laisse une direction du CNRS totalement décrédibilisée répondre seule à la colère légitime des personnels (voire par exemple la journée des nouveaux entrants).

Il faut le répéter : il n’y aura pas de sortie de crise sans une réponse globale à l’ensemble des revendications. C’est sans aucun doute un succès important du mouvement actuel que d’avoir su résister au piège de discussions séparées. Le refus du pouvoir politique de répondre à cette exigence d’une discussion globale sur le sens de ces différentes réformes devient chaque jour plus incompréhensible pour l’opinion publique. Nous devons tenir cette ligne, en resserrant les rangs, dans la grève, la grève administrative, les multiples actions qui font vivre ce mouvement.

Nous devrons donc être nombreux Jeudi 19 Mars, dans le cortège enseignement supérieur recherche qui rejoindra la manifestation nationale intersyndicale. Le RV est à 13h30 à Beaubourg – munissez-vous d’un carton rouge qui sera brandi pour symboliser notre refus des politiques actuellement menées.