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Développement de l’état policier ?

Par VINCENT Frédéric, le 22 mars 2009

Cet article, qui s’enrichira d’autres contributions dans l’avenir, vise à regrouper tous les témoignages relatifs aux violences policières et aux méthodes d’intimidation utilisées par le pouvoir face au mouvement de lutte pour la sauvegarde de la recherche et de l’enseignement supérieur.

19 mars :

Toulouse : autoréduction cher payée

A Toulouse, la manifestation nationale s’est terminée pour un groupe de 300 étudiants par une opération d’« autoréduction » dans un Monoprix : il s’agissait de bloquer les caisses pour permettre aux gens de sortir du magasin sans payer leurs achats. L’opération avait été négociée avec le gérant du magasin et se déroulait dans le calme lorsque la BAC a chargé sans sommation, blessant grièvement plusieurs manifestants. L’affrontement a duré une heure jusqu’à ce que la police parvienne à faire place nette. Deux personnes ont été interpellées et un rassemblement de soutien a été organisé le lendemain.

12 mars :

Toulouse : sit-in gazé

Les trois facs de Toulouse organisent un sit-in au rez-de-chaussée de l’Ecole de Commerce. Les étudiants participant au mouvement n’ont d’autre but que de protester contre la loi LRU et ne montrent aucun signe de violence. Pourtant, après 10 minutes de sit-in dans le calme, un membre de la sécurité de l’établissement prévient les manifestants que la BAC arrive. Les premières grenades lacrymogènes tombent immédiatement, créant un mouvement de panique dans la salle, tout le monde se ruant vers une unique fenêtre pour éviter les gaz. Bien entendu, aucun sommation n’a eu lieu avant la charge...

11 mars :

Article du Canard Enchaîné : des manifestations au pas

La police parisienne aura désormais ordre de sévir contre les manifestation « sauvages » non déclarées. Le meneur devra être systématiquement identifié et sommé de disperser la foule. S’il refuse, il risquera de se retrouver devant le tribunal correctionnel.

Strasbourg : prolongement de manifestation réprimé

A Strasbourg entre 1800 et 3000 personnes ont défilé sans heurt jusqu’à la place Kléber lors de cette journée de convergence « de la maternelle à l’université ». Arrivés à cet endroit, fin officielle de la manifestation, un millier d’étudiants décident de poursuivre jusqu’à la gare. Sans préavis, les forces de l’ordre ont chargé à coups de matraque et de gaz lacrymogène, selon un journaliste des « Dernières nouvelles d’Alsace » présent sur les lieux. Les manifestants (qui n’avaient donné aucun signe de violence) ainsi que les passants qui avaient la malencontreuse idée d’être présents ont dû lutter pour se dégager de la rue étroite et asphyxiée où la charge a eu lieu.

Besançon : sit-in gazé

La manifestation « de la maternelle à l’université » se termine en sit-in devant le rectorat, une barricade de chaise étant établie dans la rue. Comme le montre les photos, les manifestants ont l’air agressifs et dangereux. C’est probablement dangerosité avérée qui a poussé la police à déloger les manifestants en employant les gaz (au cri de « Allez ! Gazez-moi tout ça » - voir la photo).

9 mars :

Lyon : manifestation durement réprimée

Profitant de la venue de V. Pécresse au forum Biovision à l’université de Lyon 2, environ 200 étudiants manifestent contre les réformes en cours. La Brigade Anti-Criminalité et les CRS sont sur place. Une ligne de CRS s’interpose devant les manifestants qui s’agrippent les uns aux autres et avancent vers les forces de l’ordre. Le choc est rude, les CRS gazent. Les manifestants, sous surveillance des CRS et de BAC parviennent finalement à se rapprocher du lieu du forum. Mais les forces de l’ordre ne leur laisse pas beaucoup de temps pour en profiter : elles encerclent les manifestants et les plaquent contre la grille du parc adjacent : coups et flash-balls commencent à pleuvoir. Bilan : 4 ou 5 arrestations de « leaders » , des blessés dont un nécessitant l’intervention du SAMU (voir la photo). Selon un membre de SUD Etudiant, « jusque là, les flics étaient soft. Ils ont dû recevoir des motifs de fermeté, preuve que le gouvernement veut réprimer ce mouvement social qui lui fait peur”.

5 mars :

Paris : charge de CRS à la gare Montparnasse contre des collégiens

Hall de la gare Montparnasse, 19h. Des CRS chargent des étudiants qui occupaient les voies après la manifestation pour la sauvegarde de l’enseignement supérieur et de la recherche. Un groupe de collégiens de Cenon attendant leur train de retour après une journée de visite à l’Assemblée Nationale a le mauvais goût de se trouver sur place : malgré leurs cris ils sont frappés, matraqués, plaqués au sol, ainsi que les deux enseignantes qui les accompagnent. On imagine le choc subi par ces jeunes élèves. En réponse, M. Alliot-Marie trouve bon de préciser le lundi suivant : « quand on a la charge d’un certain nombre de jeunes, on évite de les mettre dans des lieux où il peut y avoir des manifestations et des mouvements de foule ». A ce propos, voir l’article d’Alain Trautmann.