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Développement de l’état policier ? (2)

Par VINCENT Frédéric, le 30 mars 2009

27 mars :

Orléans : évacuation musclée du rectorat

70 étudiants et 5 profs ont occupé le rectorat de 11h30 à 15h45. Ils ont été délogés par les CRS qui n’ont pas lésiné sur l’usage de la force (voir photo), comme ils l’avaient d’ailleurs annoncé au préalable « si vous ne sortez pas on va vous faire saigner ».

Malgré une résistance purement passive opposée par les manifestants, certains étudiants ont été blessés. L’un d’eux a même été frappé jusqu’au sang pour avoir résisté aux CRS qui voulaient l’évacuer. Pour éviter qu’il sorte dans cet état face aux caméras, il a été embarqué au poste et convoqué au tribunal pour septembre au motif de rébellion.

26 mars :

Paris : une collègue violentée devant le siège du CNRS – APPEL A TEMOINS

Le CNRS est en état de siège ce jeudi après qu’une centaine de personnes ont décidé d’occuper les lieux suite à la tenue à la sauvette du CA.

Une collègue qui essayait d’entrer par une voie détournée au 43 rue d’Auteuil est arrêtée à la grille par deux hommes sans uniforme ni brassard qui l’empêchent de passer. Après avoir tenté de discuter, et appuyée par des collègues de l’autre côté de la grille, elle tente de passer. Les deux hommes la bloque violemment et la frappe plusieurs fois à la poitrine, avant de sortir leurs brassards de police. Aux hurlements de leur victime, ils répondent "fiche le camp, si on te retrouve on te viole".

Si des témoins de la scène ont des souvenirs clairs du déroulement des événements, qu’ils me contactent et je relaierai afin d’étayer le dossier.

24 mars :

Paris : des conséquence du port d’un badge

Quelle est la sanction à laquelle un manifestant doit s’attendre s’il ose porter un badge du genre « L’université n’est pas une entreprise » après la fin d’une manif ? Réponse : à se faire vider au visage une « gazeuse » ! C’est en tout cas le sort qu’a connu un collègue de Paris VII.

23 mars :

Amiens : manifestation sauvagement réprimée

Une manifestation était organisée pour recevoir Darcos, en visite pour une inauguration. Les enseignants-chercheurs et étudiants se sont rassemblés dans le calme et la bonne humeur pour accueillir le ministre. Les CRS sont en place et l’un d’eux, selon un témoin, met immédiatement les choses au clair : « on se fout pas mal que vous ayez convoqué la presse, nous serons violents ».

Ce sera en effet le cas. Après avoir demandé aux manifestants de se replier sur un trottoir pour laisser passer les gens se rendant à leur travail, les CRS chargent brutalement et sans sommation, matraquant avec gourmandise. Plusieurs blessés. Mais la place était nette pour recevoir M. le Ministre.

22 mars :

Toulouse : tir de flash-ball à la tête

Une opération « Robin des Bois » était organisée à Toulouse par des étudiants dans un Monoprix du centre : il s’agissait de réquisitionner des produits alimentaires dans le magasin pour les distribuer gratuitement aux passants. Les forces de l’ordre ne tardent pas à arriver et à charger, évidemment sans sommation, les participants à l’action.

L’un d’eux a reçu un projectile de flash-ball près de l’oeil : rétine décollée et multiples fractures. Il est possible qu’il perde son oeil, ou dans le meilleur des cas qu’il récupère deux dizièmes.

19 mars :

Marseille : interpellations après la manif

Après la fin de la manifestation, à 14h30, quelques personnes restent sur la place Castellane (arrivée officielle du cortège) pour danser, boire, ou casser la croute dans une atmosphère bon enfant. Pendant ce temps, des policiers en civil infiltrent les groupes et vers 14h45 commencent avec l’appui des CRS à évacuer les derniers manifestants présents.

C’est à ce moment qu’ont eu lieu les deux interpellations de Steve, enseignant ATER à l’université de Provence et de Benjamin, RMIste. Il semble que Steve, violemment pris à partie par les forces de l’ordre alors qu’il ne manifestait aucune disposition violente, se soit défendu et que Benjamin soit intervenu pour lui porter assistance. Fait aggravant, ce dernier était muni d’une arme potentiellement létale : une bouteille de bière.

Les deux jeunes gens ont comparu dès le lendemain au tribunal de grande instance de Marseille, qui, grâce à la persuasion de leur avocat, les a laissé repartir en liberté jusqu’au procès, le 22 mai.

Moralité : avant de se défendre si l’on est agressé, même par un civil, bien vérifier qu’il n’ait pas de brassard de police ou de matraque cachée sous sa veste...

La première partie de cet article (portant sur les jours précédents) peut être lue ici