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Développement de l’état policier ? (3)

Par VINCENT Frédéric, le 7 avril 2009

2 avril :

Amnesty International publie un rapport dans lequel elle dénonce « l’impunité » des forces de l’ordre en France. Libération cite l’organisation dans un article consacré à ce rapport : « ce tableau n’est pas nouveau - en 2005, Amnesty dénonçait déjà dans son précédent rapport l’impunité des forces de l’ordre - mais en 2009, l’organisation constate “l’accentuation manifeste d’un phénomène inquiétant : les personnes qui protestent ou tentent d’intervenir lorsqu’elles sont témoins de mauvais traitements infligés par des responsables de l’application des lois sont elles-mêmes accusées d’outrage ou de rébellion envers un représentant de l’autorité. Dans d’autres cas, des personnes qui se sont plaintes d’avoir subi des mauvais traitements sont accusées de diffamation par les agents concernés”. »

Amiens : expression artistique contre force brutale

En fin de manif, un groupe d’étudiants commence à projeter des ballons de baudruche remplis de peinture sur la préfecture. Ils sont arrêtés, sans qu’aucun n’ait été blessé selon la police, ce qui semble peu crédible au vu de l’état de choc « impressionnant » constaté par une délégation de personnel universitaire qui s’est rendu tout de suite au poste.

1er avril :

Paris : développement de la police politique

Un enseignant de Paris VIII raconte sa tentative de cours sur la biodiversité dans le Jardin des Plantes. Il est accueilli par un vigile qui lui interdit l’accès du jardin, sans explication. Son signalement a apparemment été donné à toutes les portes. Le cours se fait finalement en dehors du Jardin, mais l’enseignant tente d’entrer de nouveau une fois le cours fini. La tension monte et les vigiles finissent par accepter d’aller chercher le directeur de la surveillance du jardin. Celui-ci, « d’abord parfaitement méprisant, finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes ». L’enseignant finit par pouvoir entrer dans le Jardin à la condition surréaliste de « ne pas parler de politique aux étudiants », condition qu’il s’empressera de ne pas respecter.

Avignon : une demande de rendez-vous tourne mal

En fin de matinée, une vingtaine de membres du comité de grève de l’université d’Avignon s’est rendue à la mairie d’Avignon afin d’obtenir un rendez-vous avec le maire. Au bout de quelques minutes, la police municipale a chargé sans sommation et a roué de coups plusieurs étudiants et un membre du personnel. La police municipale a confisqué la caméra d’un des étudiants qui filmait l’agression policière. Pendant que les blessé-e-s allaient aux urgences, les autres manifestants sont allés au commissariat central pour déposer plainte contre la police municipale.

31 mars :

Tour : blocage brutalement réprimé

A la suite d’une cérémonie de remise de démissions administratives un blocage de circulation est organisé sur une place de la ville. La police arrive et s’en prend brutalement à une personne ayant touché le capot d’une de leur voiture. Des collègues interviennent dont un qui sort un appareil photo. Les policiers lui demandent immédiatement de le leur donner, ce qu’il refuse de faire : cela lui vaut d’être violemment frappé au ventre au point d’être emmené à l’hôpital. A la sortie, la police l’attend et l’embarque immédiatement sans lui laisser le temps de voir sa famille.

29 mars :

Paris : suite d’une interpellation à la Sorbonne

Un étudiant a été interpellé lors de sa participation à la manifestation de soutien à l’occupation de la Sorbonne le 26 mars. Il est accusé par un CRS d’avoir jeté plusieurs bouteilles sur les forces de l’ordre. Il semble que la parole d’un CRS soit supérieure à celle d’un manifestant car le démenti apporté par un de ses camarades n’a rien changé à l’affaire. Il faut savoir que, dixit le procureur, l’étudiant doit démontrer son innocence, et non le tribunal sa culpabilité...

27 mars :

Marseille : arrestations arbitraires

Profitant de la visite de F. Fillon à Marseille pour faire entendre leurs revendications, un groupe d’une trentaine d’universitaires a été arrêté par des CRS (6 camions quand même) alors qu’il ne montrait aucun signe de violence. Selon un témoin « les policiers les ont plaqués contre le mur alors qu’on ne peut vraiment pas dire qu’ils avaient l’air menaçant ». Le conseil de l’UFR de mathématiques et d’informatique s’est déclaré indigné par ces méthodes.

Retrouvez les articles précédents sur Développement de l’état policier ?

et sur De la violence policière aveugle comme méthode de dialogue