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Chaires mixtes ou délégations ?

le 15 juin 2009

Chaires mixtes ou délégations ?

La restitution aux organismes de recherche des 130 postes supprimés en 2009 prouve que l’opposition paie. Destinée à financer des chaires mixtes entre organismes et universités, une telle suppression était une erreur majeure. Afin que cette menace soit définitivement écartée, il faut ré-expliquer pourquoi ces chaires sont inacceptables, qu’il s’agisse du choix des personnes sélectionnées comme du choix des laboratoires auxquels ces chaires sont données. En effet :

-  Elles contribuent à transformer les organismes de recherche comme le CNRS en agences de moyens : c’est empêcher le développement indispensable d’une culture spécifique à chaque organisme, ce que seuls des postes statutaires permettent.

-  Elles nuisent à l’emploi scientifique à un moment où tant de jeunes et brillants chercheurs subissent la précarité :

  • lorsqu’elles sont attribuées à des Maîtres de conférences (MdC) déjà en poste, c’est autant de postes qui se ferment pour les jeunes chercheurs en situation précaire ;
  • sans création d’emplois scientifiques statutaires, elles vont augmenter la précarité en contraignant les universités à recruter encore plus de personnels précaires (ATER et/ou nouveaux CDD prévus par la loi LRU) pour compenser le service d’enseignement réduit de 2/3 attribué aux titulaires de chaires ; à moins qu’elles n’incitent à la modulation des services à la hausse pour certains MdC ;
  • elles créent de graves tensions dans le corps des Maîtres de Conférences en donnant des avantages décisifs immédiats (moins d’enseignements et meilleur salaire) et futurs aux titulaires de chaires dans l’accès au professorat, et cela d’autant plus que le jugement des commissions sera biaisé par la perte de revenu et de prestige qu’elle infligerait à un titulaire de chaire en lui refusant le professorat. .
  • Elles favorisent la concurrence stérile des unités entre elles, au sein des universités comme entre les universités, dès lors qu’obtenir une chaire « d’excellence » devient un marqueur « d’excellence » pour le laboratoire, avec toutes les opportunités qui en découlent

Pour le même budget, la priorité devrait être de résorber le nombre de précaires en créant des postes dans le cadre habituel. S’il faut effectivement offrir aux maîtres de conférences en poste des décharges d’enseignement, cela peut se faire dans le cadre et selon les procédures des délégations (qui pourraient être améliorées) entre universités et organismes, dont le nombre pourrait être augmenté à peu de frais et qui pourrait jouer dans les deux sens.

Nous exigeons l’abandon total du principe des chaires mixtes, politique catastrophique pour l’emploi scientifique, et demandons la mise en place d’un plan pluriannuel d’emplois statutaires et l’augmentation significative du nombre de délégations.

Nous appelons le Comité National à se prononcer fermement lors de la réunion plénière du 10 juin 2009 contre la mise en place des chaires mixtes et à refuser de participer à la sélection d’éventuels candidats.