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La recherche grecque en danger

le 17 juin 2009

Pour signer la pétition : ici http://www.eie.gr/petition-en_sign.asp

Le 4 Juin 2009, dans une action coup de poing et sans consultation préalable des parties intéressées, en particulier des experts du Conseil National pour la Recherche et la Technologie, le Ministère du Développement a publié un communiqué de presse visant à une restructuration de fond en comble des institutions de recherches nationales grecques. Le prétexte de cette restructuration est une réduction de dépenses du budget, déjà bien faible, de la recherche. Ce plan a pour objectif la fusion (aberrante) d’instituts dont les noms simplement sont proches dans le dictionnaire et de rendre monothématiques les centres de recherche, de façon autoritaire. Au cours d’une conférence de presse, dans un effort médiatique visant à défendre son plan, le Ministre a souligné l’économie qu’apporterait la diminution du nombre des membres des conseils d’administration des centres de recherche, de 192 à 66 personnes. Il ignore simplement que la participation à ces conseils n’a jamais été rémunérée et confond vraisemblablement la recherche et le secteur privé !

La recherche grecque, négligée par tous les gouvernements, dont le budget est en dessous de 0.5% du PNB (le plus faible en Europe), a pourtant réussi, depuis la fondation des centres de recherches nationaux après 1958, à s’imposer en partenaire valable des laboratoires européens. Ces centres, dont les plus anciens sont la Fondation Nationale de la Recherche Scientifique (FNRS), le Centre National de Recherche de Sciences Physiques (Demokritos) et le Centre National des Recherches Sociologiques (EKKE) ont non seulement réussi l’exploit consistant à survivre à cette pénurie budgétaire, mais surtout à obtenir des fonds importants des programmes compétitifs européens. Ils ont donc réussi, grâce à leur labeur et à leur dynamisme, à se développer, alors que le budget octroyé par l’Etat ne suffit même pas à payer les salaires des chercheurs ! Dans ce fameux plan de restructuration, EKKE cesse d’exister et s’intègre (en perdant 2 instituts sur 5) à un nouvel FNRS, duquel seraient chassés les instituts des sciences exactes. De cette façon les sciences humaines sont isolées et de fait éliminées. Il faut souligner que ces mêmes instituts de la FNRS qui viennent d’organiser des laboratoires de pointe, grâce à des financements extérieurs, sont sommés d’emballer leurs affaires pour se déplacer à « Demokritos » ou ailleurs. Quant à « Demokritos », il voit le nombre de ses instituts diminuer par la fusion de laboratoires de thématique de recherche bien différente, laboratoires qui ont le défaut d’avoir des noms à consonance voisine aux oreilles des « experts » ministériels.

Ce plan (contraire à toute logique puisqu’au lieu d’économie il implique un coût de réinstallation prohibitif pour le budget grec), le ministère a décidé de le faire voter par l’Assemblée Nationale pendant sa session d’été, en comptant sur la démobilisation des vacances estivales. Il est évident qu’il sera fatal à la recherche grecque qui ne survit que grâce aux réseaux internationnaux que les chercheurs ont pu établir. La construction de ces réseaux est le fruit de longues années d’efforts qui ont rendu reconnaissables les vecteurs de la recherche grecque. Ce qui est paradoxal, c’est que le gouvernement s’apprête à décimer ces mêmes vecteurs, alors qu’il vient de mettre en évidence leur utilité et leur dynamisme à l’aide d’évaluations effectuées par des experts internationaux. Nous n’arrivons pas à trouver de sens à ce plan autoritaire, sinon les obscurs intérêts d’anonymes apparatchiks. La communauté grecque des chercheurs, ses instances dirigeants et ses syndicats, exige l’arrêt immédiat de cette planification catastrophique. En revanche, elle est tout à fait favorable à mettre en place une consultation nationale afin de trouver les moyens qui amèneront au développement de cette recherche dont le pays a tant besoin.

Syndicat de la Fondation Nationale de la Recherche Scientifique