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Contre les heures supplémentaires/complémentaires

le 8 juillet 2009

Le 3 juillet 2009, SUD Education a lancé une pétition intitulée "Pétition contre les heures supplémentaires/complémentaires Nous ne ferons pas d’heures sup" dont on trouvera le texte ci-dessous. Cette pétition reprend la question souvent débattue des heures sup dans l’enseignement supérieur. Leur volume global correspond à l’équivalent de 15 000 temps pleins d’enseignants chercheurs ! Ce serait en effet un succès extraordinaire si toutes ces heures sup étaient transformées en véritables emplois. Cette pétition pose le problème : est-il cohérent, au même moment, de demander des créations de postes et d’accepter de faire des heures sup qui permettent de ne pas créer de postes ? Mais cette pétition a-t-elle des chances de réunir des milliers de signatures, et de réellement peser sur ce débat ? Quelles sont les conséquences prévisibles du refus de faire des heures sup ? SLR souhaite ouvrir le débat autour de la façon la plus efficace et réaliste de faire avancer cette question. N’hésitez pas à Réagir à cet article en cliquant à l’endroit approprié, en fin de texte, et à lire les réponses en cliquant dans l’onglet Réactions (en haut).

Dans de nombreux établissements, du collège à l’Université, le nombre d’heures supplémentaires est tel qu’il dispense l’Administration de créer des demi-postes, voire des postes entiers de titulaires.

D’après la commission des finances, on dénombrait en 2007 près de 3 000 000 d’heures supplémentaires pour les seuls enseignants de l’enseignement supérieur, en augmentation de 5,2% par rapport à 2006. Ceci équivaut à 15 000 équivalents temps plein enseignants-chercheurs sur un total de 57000, soit plus de 25%.

Dans les universités, le recours aux heures supplémentaires (dénommées à tort « complémentaires ») est à présent inscrit dans les réformes : plan « réussite en licence », « enseignants-référents ». Dans une interview au journal Metro du 3 juin 2009, Valérie Pecresse déclarait : « Je me place dans une logique d’heures supplémentaires, d’optimisation des moyens, de mobilisation des ressources plutôt que dans une logique de création d’emplois ».

L’idéologie libérale tend à rendre l’universitaire responsable si un enseignement ne peut être effectué par manque de postes de titulaires. Pourtant, les politiques gouvernementales sont l’unique responsable de cette situation (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ; faible encadrement BIATOSS et enseignants-chercheurs).

En même temps, il y a tout lieu de penser que le décret sur la modulation des services des enseignants-chercheurs adopté le 22 avril 2009 permettra d’intégrer ces heures au temps de service normal, sans rémunération supplémentaire. Dans l’immédiat, les heures de TP seront comptabilisées 2/3 de TD au-delà du temps de service statutaire.

C’est pourquoi nous devons commencer par refuser lesdites heures et ensuite agir fermement pour qu’elles soient converties en heures statutaires, et ce, malgré le leitmotiv des instances supérieures, qui répètent en boucle l’impossibilité de changer la situation.

Refuser les heures supplémentaires, c’est opter pour une augmentation du nombre de postes aux concours et pour la création de postes de titulaires. C’est aussi ne pas accepter cette contradiction qui consiste à former de futurs enseignants-chercheurs que nous empêcherons -une fois qualifiés- de travailler, en monopolisant les heures supplémentaires qui devraient être réparties. De plus, les heures supplémentaires sont incompatibles avec la bonne réalisation des missions qui nous sont confiées car elles sont nécessairement effectuées sur le temps imparti à la recherche.

Le partage et la solidarité doivent se traduire par des actes, c’est pourquoi, nous nous engageons à refuser les heures supplémentaires non obligatoires et à agir collectivement pour permettre leur transformation en postes de titulaires.