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Histoire exemplaire d’une désassociation injustifiée

Par Michel Ferriol, le 28 juillet 2009

par Michel FERRIOL, membre du L.M.O.P.S.

Mardi 16 Juin 2009, notre Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche tient discours devant le Conseil Scientifique du CNRS. Elle y affirme : « Je serai d’ailleurs vigilante sur la réduction du nombre d’unités par « désassociation » pour des motifs non scientifiques,… » Bien ! Mais qu’en est il réellement ? Piège à gogos ou réalité ? Notre histoire vous permettra d’en juger….

Le Laboratoire Matériaux Optiques, Photonique et Systèmes de l’Université Paul Verlaine-Metz a été reconnu UMR (7132) à part entière à compter de 2005 après avoir fait ses preuves comme FRE pendant six ans. Cela grâce à l’implication des personnels du laboratoire qui ont œuvré durant ces années pour obtenir sa reconnaissance nationale et internationale comme en témoignent la qualité des publications, les brevets, les colloques organisés, les nombreux prix et récompenses obtenus, les contrats industriels, etc.

Les 27 et 28 février 2008, dans le cadre de la contractualisation prochaine de la vague D concernant l’Université de Metz, le laboratoire reçoit la délégation de l’AERES venue expertiser les UMR messines, parties prenantes d’un projet de regroupement qui ne verra pas le jour. A l’issue de cette visite, le rapport sur le LMOPS ici est particulièrement favorable aux orientations scientifiques développées et la qualité des résultats obtenus est, une nouvelle fois, soulignée. Le 6 Juin 2008, la section 4 du Comité National du CNRS, dont dépend principalement le LMOPS, rend son rapport dans lequel elle émet un avis favorable au renouvellement de l’unité pour la période 2009-2012 prenant en considération les évolutions scientifiques positives montrées par l’ensemble du laboratoire.

Extraits : « Suite aux recommandations de la Section 04 et à celles émises lors des évaluations successives, le LMOPS a fourni des efforts conséquents pour resserrer ses activités et recentrer ses personnels autour des quelques thématiques ciblées les plus pertinentes. » ou encore : « Une dynamique certaine a pu être développée et plusieurs des équipes sont bien établies au plan national, en termes de collaborations et contrats. Certaines ont participé activement à l’animation de la communauté nationale et européenne, en contribuant à une augmentation conséquente de la visibilité du laboratoire. Il s’agit d’évolutions positives qui conduisent la section à émettre un avis favorables au renouvellement de l’unité ».

Ainsi, tout semble aller pour le mieux à l’approche des négociations entre la Direction des Partenariats du CNRS et l’Université de Metz. Las, erreur sur toute la ligne ! A l’automne 2008, nous sommes informés que le CNRS ne souhaite pas renouveler l’association du LMOPS au prétexte que ce laboratoire « n’est pas stratégique pour le CNRS (déclaration du président de l’université de Metz au Conseil Scientifique du 19 Janvier 2009 en réponse à une de mes questions) » (mais qu’est ce qu’un laboratoire stratégique ?) mais qu’une intégration à l’UMI 2958 CNRS-Georgia Institute of Technology (GT), de certaines activités (« …sur la base de la mobilité individuelle d’agents actuellement affectés au LMOPS » (seul courrier de la DPA du 6 Février 2009 adressé au président de l’université et faisant état officiellement de la désassociation)) est possible, signifiant, entre autres, l’éclatement du laboratoire et la remise en cause d’une stratégie scientifique qui a largement démontré son efficacité. L’avantage est double pour le CNRS : contribuer à la réduction du nombre d’UMR en conformité avec la politique mise en œuvre dans le cadre du contrat de plan avec l’état et gonfler les effectifs de la partie française de l’UMI (qui, avec 6 permanents, est très loin d’avoir la masse critique que l’on cherche à imposer aux unités CNRS à travers des regroupements plus ou moins forcés), cela sans avoir à créer de postes de chercheurs, uniquement par le transfert des enseignants-chercheurs du LMOPS.

Néanmoins, le LMOPS refuse ce dépeçage et prend position pour une fusion (et non une intégration) de la totalité de ses membres et activités au sein de l’UMI (conseil de laboratoire du 16 Septembre 2009 élargi à tous les permanents) en cohérence avec la logique de développement d’un pôle Optique fort en Région Lorraine. Les discussions sur les modalités de la fusion des deux unités commencent alors, celle ci devant être effective au 1er Janvier 2009 afin que le LMOPS ne perde pas sa reconnaissance CNRS. Mais ce dernier préfère temporiser et renvoie la fusion au 1er Janvier 2010. Cependant, dans sa politique de désUMRérisation, il n’est pas non plus question pour le CNRS de conserver au LMOPS un statut d’UMR ou, au minimum, de FRE pendant cette année de transition. Une délégation du LMOPS se déplace alors à Paris le 12 Février 2009 pour participer à l’AG de protestation contre le démantèlement du CNRS au siège de ce dernier. Ce jour là, dépôt de motion, demande de rendez-vous avec A. Migus (restée sans réponse), rencontres avec les DSA concernés et belles déclarations n’y font rien : l’UMR 7132 a bien cessé d’exister le 31 Décembre 2008 à minuit. Cette décision n’a jamais été notifiée officiellement au laboratoire qui l’a appris par l’agent comptable du CNRS demandant le transfert de la gestion des contrats « ailleurs » et qu’il n’est plus possible de payer les post-doctorants sous contrat, ceci en toute illégalité.

L’avenir ? Plus de la moitié de l’année s’est écoulée et les discussions entre LMOPS et UMI s’enlisent…rendant la fusion improbable, l’UMI ne souhaitant que « faire son marché » au LMOPS en n’y intégrant que les activités les plus intéressantes pour elle. Cela est en totale opposition avec la position adoptée jusqu’à maintenant par l’ensemble du laboratoire, attaché à la conservation de sa pluridisciplinarité, gage de ses succès scientifiques et partie intégrante de sa démarche et qui, de fait, serait mise à mal au sein de l’UMI. De plus, cette démarche, en accord avec la volonté du CNRS, augure mal de l’avenir des relations entre chercheurs issus des deux laboratoires relations en cas d’intégration (et non plus fusion).

Conclusion : Cette désassociation fait peu de cas du travail accompli depuis des années par le personnel du LMOPS qui se sent profondément méprisé. Elle résulte uniquement de la volonté de réduire par tous les moyens le nombre d’unités et n’est étayée par aucun motif scientifique, prenant ainsi en défaut la Ministre, dont certaines déclarations ne seraient-elles destinées qu’à épater la galerie, jouer sur des effets d’annonces ou endormir les esprits ?