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Catherine Bréchignac vous parle...

le 16 octobre 2009

Parue dans L’express une longue interview (4 pages) de C. Bréchignac avec une très belle photo pleine page. Elle mérite un peu de pub.

- On y trouve notamment à la question "Que dire à un jeune chercheur tenté par le départ vers l’étranger ?" la réponse hallucinante suivante : "Je le garderai ! En ce moment même nous avons un chercheur exceptionnel en biologie des plantes. On lui offre ici des mètres carrés, des budgets, des post-docs, des postes de jeunes..."

Vous êtes contents les jeunes chercheurs, non ?

- On y trouve aussi que "On peut être chercheur public et intéressé à la commercialisation des brevets"...

Vous êtes contents tous, non ? Car vous en doutiez... alors que vous ne doutez plus du tout de la possibilité de faire aujourd’hui une recherche dont la finalité ne soit pas la valorisation immédiate.

- A la question "Pourquoi les chercheurs sont-ils malheureux ?", elle répond : "Ils le sont d’abord de ne pas être compris. Il demeure une sorte d’image d’Epinal : le chercheur qui se fait plaisir en s’amusant dans son laboratoire avec l’argent public. C’est faux : le chercheur est sous pression, il doit trouver des financements, ET C’EST TRES BIEN AINSI ( je souligne). La réforme du statut a été mal perçue : quand vous êtes au bord du précipice de la connaissance [ quel lyrisme...] et qu’on vous tire le tapis parce qu’il faut changer de structure, il y a de quoi être perdu. Il faut expliquer qu’on prépare la recherche de demain. J’essaye de le faire"

Vous êtes contents d’être compris comme ça, non ? grands anxieux !

- A la question "Quelle a été votre réaction en entendant le 22 janvier le discours très sévère du président envers les chercheurs ?" elle répond "Je n’ai pas pu assister à ce discours" et lorsque le journaliste revient à la charge en disant "Il a été retransmis à la télévision...", elle répond alors : "Je ne l’ai pas entendu. J’avance en faisant confiance au président. [sans commentaire !] Il faut faire attention à la surmédiatisation [c’est pour ça probablement qu’elle accepte 4 pages d’interview]. Toute personne qui fait un discours peut utiliser des anecdotes que certains trouvent cariacaturales. Surmédiatisées elle n’ont plus de sens. Quand j’ai dit des sciences de la vie que "leur rapport qualité-prix" n’était pas bon [merci de nous le rappeler, on avait oublié !], cela a suscité des troubles. Alors quand c’est le chef d’Etat qui parle... Beaucoup se sont sentis rejetés, malmenés, mais, si le président n’aimait pas la recherche, il ne nous aurait pas donné autant de moyens. Moi je fonce sans écouter les sautes de bruit ambiants."

Alors, là, j’imagine que vous êtes franchement heureux de vous sentir ainsi représentés ! plus du tout "malheureux"...

- Au sujet du budget du cnrs c’est elle qui est très contente et qui remercie Valérie (et Nicolas bien sûr !). Et quand on lui demande "N’y a-t-il pas un risque de saupoudrage pour limiter les mécontents ?", elle répond : "Il faut faire très attention au clientèlisme [c’est sûr que toutes les réformes actuelles y font très attention !]. Autre risque : le star système. Dans une équipe, il y a toujours une vedette, mais chacun a son rôle à jouer. Il faut dire aux chercheurs : "Regroupez-vous et vous aurez plus d’argent et d’opportunité de carrière." C’est ma prochaine réforme. "

Vous voici donc prévenus... et contents !

On y trouve encore d’autres perles (notamment sur les SHS), mais je m’arrête là car je ne voudrais pas vous gâcher tout le bonheur que vous aurez à la lire...