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Une nouvelle Alliance sur l’Eau, l’Alimentation, l’Environnement et le Climat

le 11 décembre 2009

Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse sont décidés à utiliser des Alliances pour poursuivre le démantèlement de fait du CNRS, indispensable pour permettre un pilotage gouvernemental de la recherche, pour le plus grand profit des grandes entreprises.

Lors de la création de l’Alliance Nationale pour les Sciences du Vivant et de la Santé (Aviesan), V. Pécresse avait voulu nous faire croire que cette Alliance serait une simple structure de coordination. Trois mois après sa création, V. Pécresse n’avait pas hésité à lâcher une énormité en affirmant que cette création avait déjà fait gagner 6 mois à la recherche sur la vaccination anti-grippale. Depuis, les masques sont tombés.

Le 26 octobre 2009, N. Sarkozy recevant les dirigeants des principaux groupes pharmaceutiques en france (Sanofi, Roche etc…), a souligné explicitement une des fonctions de l’Alliance : L’Alliance doit aller vite vers une gouvernance opérationnelle intégrée. C’est une condition du succès de tous nos partenariats industriels donc de la valorisation de notre recherche et de notre croissance. Nous n’attendrons pas, nous ne céderons pas parce que c’est l’intérêt de la France !

Une telle fonction n’est pas compatible avec un CNRS autonome, en mesure de définir ses propres priorités. La direction de l’Alliance doit donc s’imposer au CNRS.

Le patron de l’Alliance, A. Syrota, qui est aussi le PDG de l’INSERM, a dit les choses clairement lors de la réunion syndicats Direction de l’Inserm du 3 novembre 2009 : "L’Alliance doit être l’agence de programmation de la recherche biomédicale (…) le système a maintenant gagné en visibilité : l’Alliance prépare la programmation de la recherche, l’ANR la met en oeuvre. (…)" Et le compte rendu syndical de cette réunion rapporte que A. Syrota a déclaré que le plan stratégique s’imposerait à l’Institut National des Sciences Biologiques (INSB) du CNRS et, il l’espère, au-delà, notamment à la Chimie.

Ce qui est actuellement vécu dans les sciences de la vie peut être résumé en quelques mots : Sanofi licencie ses chercheurs, externalise sa recherche dans le public, et le fera d’autant plus facilement que les laboratoires seront en situation de dépendance financière., et le gouvernement actuel déroule le tapis rouge public sous les pieds des grandes entreprises privées. Pour ce faire, il met en place une structure, l’Alliance, capable d’orienter la totalité de la recherche en biologie (et particulièrement celle du CNRS) à des fins biomédicales.

Les évènements récents nous démontrent que l’on peut passer très vite d’une Alliance-concertation à une Alliance dotée d’une "gouvernance opérationnelle intégrée" pour reprendre les termes de N. Sarkozy. Ceci devrait nous amener à une certaine prudence vis-à-vis d’Alliances à venir.

En effet, le déploiement des missiles Alliance continue. Le 10 décembre, Valérie Pécresse a annoncé la création prochaine d’une nouvelle Alliance, regroupant le CNRS, l’INRA, le CEMAGREF, le BRGM, Météo France, et les universités, "afin de répondre efficacement au défi scientifique global qui bouleverse le climat, et l’environnement. Cette Alliance couvrira un vaste champ de recherches sur l’Eau l’Alimentation, l’Environnement et le Climat".

Les naïfs se contenteront de penser qu’il s’agit d’une structure de coordination, dans l’air du temps, peut-être simplement un effet d’annonce. Il paraît plus raisonnable de penser que dans quelque temps, cette nouvelle Alliance se dotera, elle aussi, d’une gouvernance opérationnelle intégrée. Laquelle travaillera en liaison étroite avec des grands groupes qui se seront lancés dans les biocarburants, le photovoltaïque, les filières de valorisation du C02, les réacteurs nucléaires de 3e et 4e génération (thèmes explicitement présents dans la plaquette gouvernementale de présentation de cette Alliance). Serait-il très surprenant que le futur dirigeant de cette sympathique Alliance dicte alors ses conditions à la direction de l’Institut écologie et environnement du CNRS, et porte ainsi un coup supplémentaire à la raison d’être du CNRS ?