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Non aux expertises de l’ANR et de l’AERES

le 19 janvier 2010

Il y a plus d’un an maintenant, Sauvons La Recherche appelait tous les chercheurs et enseignants-chercheurs à refuser d’effectuer des expertises pour l’ANR et l’AERES, comme le firent ensuite le C3N , le SNCS et le SNESUP. Ce moratoire devait durer tant que le gouvernement n’adopterait pas une autre politique scientifique : augmentation du financement récurrent des organismes, création de postes statutaires, rétablissement de structures collégiales d’évaluation. Ces conditions sont loin d’avoir été remplies. En effet, au moment même où a été annoncée une baisse de 10% des budgets de tous les organismes nationaux, à commencer par le CNRS, l’ANR a vu renforcer son budget (250 M€ en 2005, 650 M€ en 2009). Si l’exceptionnel mouvement du printemps 2009 a forcé le gouvernement à ne supprimer aucun poste statutaire en 2010 (mais sans engagement pour les années à venir), aucun poste n’a été créé et le recours à des personnels précaires n’a cessé d’augmenter : selon les estimations actuelles, il existe plus de 6000 CDD ANR et d’après l’ANR elle-même, seuls 35% d’entre eux trouvent un emploi.

De même, le principe de l’AERES reste toujours impossible à cautionner. Son coût apparaît prohibitif : en 2009 elle a dépensé environ 7585000€ pour 1517 visites, soit 5000€ la visite (train 1ere classe, hôtel 4 étoiles, 200€ de défraiement), sans compter les 20000€ versés aux délégués). Les membres de cette agence restent toujours nommés et les rapports confirment le constat d’opacité porté les années précédentes. Aujourd’hui, la situation s’est aggravée, car les prérogatives de l’AERES se sont étendues : en octobre 2009, le Comité National a été dessaisi de sa fonction d’évaluation (il n’émet plus que des « avis de pertinence ») au profit de l’AERES.

On ne voit donc aujourd’hui aucune raison de suspendre ce moratoire, dont l’efficacité est avérée : en SHS par exemple, 54% des personnes sollicitées en 2009 ont refusé de livrer des expertises. En février et mars 2009, tous les Comités Scientifiques de Discipline de l’ANR ont voté des motions exprimant l’inquiétude de la communauté scientifique, et huit de ces Comités sur onze ont démissionné collectivement. En février 2009, le C3N a également appelé à un moratoire des expertises, position validée par l’ensemble du CoNRS lors de la réunion plénière du 10 Juin 2009. Le C3N, qui était mandaté par le CoNRS pour se prononcer sur la poursuite du moratoire, au vu de l’évolution de la situation, a pris la décision, incompréhensible pour nous, d’appeler à la levée du moratoire en décembre 2009. Cette décision ne peut être justifiée par une évolution positive de la situation globale, bien au contraire, et nous la dénonçons. A l’inverse le SNCS a appelé en Décembre 2009 à la poursuite du moratoire.

Sauvons La Recherche recommande donc plus que jamais à tous les chercheurs et enseignants-chercheurs de refuser de participer aux expertises de l’ANR et de l’AERES, agences qui participent d’une politique de destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire d’avoir été sollicité par ces agences pour s’engager dans le moratoire. Il s’agit d’une position de principe à laquelle tout chercheur ou enseignant-chercheur peut souscrire, même s’il estime inévitable pour la survie de sa recherche d’être dans l’obligation de leur demander des financements.