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Les Demandes des enseignants universitaires viennois

Une tentative d’explication de quelques lignes générales

le 8 mars 2010

Texte de l’intervention de Christian Denker prononcée lors de l’Université d’hiver de Sauvons la recherche (vendredi 5 février 2010), dans le cadre de la table ronde "Emploi scientifique en France et en Europe"

par Christian W. Denker,
Lehrbeauftragter (chargé de cours) à l’Institut de Philosophie de l’Université de Vienne.

Avant de vous présenter les grandes lignes des demandes des enseignants universitaires à Vienne, je vous propose quelques informations de base sur la situation des enseignants en Autriche.

Les demandes dont je vais vous parler sont formulées par une majorité de personnes dans une situation « précaire ». La distinction entre le personnel « interne » d’un côté et « externe » de l’autre, prend ici tout son intérêt. La situation du personnel « interne », voire des professeurs titulaires, pourrait certainement être meilleure. En effet, les structures « internes » sont caractérisées par une hiérarchisation extrême et souvent par un manque de collégialité. Cependant, la majorité des enseignants « externes », une sorte de prolétariat universitaire, serait décidément très heureuse de passer au statut « interne ». En effet, la pression de la concurrence est énorme, les espoirs minimes. J’enseigne à Vienne à l’Institut de Philosophie comme « Lehrbeauftragter », c’est-à-dire chargé de cours, recevant pour chaque séminaire un dédommagement de 2612.89€, c’est-à-dire environ 435€ par mois, ainsi qu’une sécurité sociale de base. Pour des raisons de « diversification » les personnes concernées sont en général chargées d’un seul séminaire par semestre, ce qui permet d’embaucher un maximum de personnes avec des moyens modestes.

Les décisions concernant les contrats sont prises par une commission composée d’ « internes », c’est-à-dire d’enseignants « normaux ». Les contrats ont une durée d’un semestre voire de six mois. Les externes sont étrangers à toute décision « interne ». Au début du semestre, un enseignant « interne » est chargé de leur expliquer les besoins d’enseignement. Ensuite les « externes » présentent leurs projets d’enseignement par écrit. Par la suite la commission d’embauche les informe si leur est accordé nouveau contrat ou non. Le statut d’« externe » n’est pas exceptionnel. Au contraire : en 2008 l’université de Vienne comptait 379 Professeurs (dont 74 femmes et 305 hommes) et 6.106 personnes de statut « externe », le « personnel scientifique et artistique » (dont 2.890 femmes et 3.211 hommes) (Source : http://www.statistik.at/web_de/stat..., 15.02.10, 14h). Selon mon estimation, la situation ne s’est aucunement améliorée depuis la fin de l’année 2008. Des chiffres plus ou moins équivalents caractérisent toute la politique d’embauche des universités en Autriche (2.191 professeurs contre 31.413 « externes »). La majorité des enseignants se trouve donc en situation plus ou moins précaire.

Cependant, la situation des enseignants n’est qu’un élément dans la misère universitaire viennoise. De nombreuses vagues de protestation d’étudiants et d’enseignants se sont mises en mouvement depuis 2009. Entre autres, c’est la soumission de l’université aux nécessites économiques, le processus de Bologne et la politique générale du pays (en particulière la politique économique) qui sont visés.


Face a cette situation, l’assemblée des enseignants et des chercheurs des universités viennoises décidait le 2 novembre 2009 d’un catalogue de demandes (« Forderungskatalog ») (http://unsereuni.at/?page_id=14187, 15.02.10, 14h, voir annexe). Je ne vous donne pas une traduction complète et exhaustive mais j’essaie de transmettre les demandes principales :

§ 1. Nous demandons un débat sur un « concept d’instruction émancipatoire » (« emanzipatorischer Bildungsbegriff ») ! Actuellement, le concept d’instruction est orienté par une économie de compétition. La signification des institutions d’enseignement est mesurée en fonction d’une logique d’utilité de marché. Un « concept d’instruction émancipatoire » au contraire favorise l’apprentissage autonome et auto-organisé, la liberté de la recherche et la reconnaissance des cultures de savoir non académiques.

§ 2. Nous demandons l’accès libre au savoir et une démocratisation des subventions de recherche ! Les priorités des subventions accordées à la recherche ne sont pas transparentes. Les décisions des élites favorisent la profitabilité et causent la précarité dans de nombreux domaines de recherche. Le savoir créé par des institutions publiques devrait être librement accessible et gratuit pour tout le monde. Colonialisme, national-socialisme et rôle des scientifiques (« embedded scientists ») investis dans les guerres actuelles méritent l’attention de la recherche.

§3. Nous demandons l’instruction (« Bildung ») pour tout le monde sans limitation temporaire au lieu de « formation tout au long de la vie » ! L’impératif d’une formation tout au long de la vie » sert aujourd’hui avant tout à entraîner les personnes pour un marché du travail flexible(« employability »).Nous demandons que es certificats scolaires et universitaires ainsi que les compétences cognitives, sociales et créatives soient reconnus dans un contexte large d’épanouissement personnel et de mouvement de la société.

§ 4. Nous demandons des Universités de masse excellentes ! Le processus de Bologne soutient la formation des élites dans tout le système d’éducation. Il nous faut une éducation et une recherche excellentes à tous les nivaux, pour toutes les sciences et pour tous les étudiants, au lieu d’une liaison de la production du savoir aux privilèges sociaux. L’université de masse peut garantir cela, si elle est dotée des moyens financiers et personnels nécessaires.

§ 5. Nous demandons des mesures contre la discrimination ! Une grande partie de la population se trouve exclue du système d’éducation. Les frais d’inscription, les tests d’immatriculation brutaux (« Knock-out-Prüfungen »), la discrimination selon les critères sociaux, les origines ethniques, la race, l’âge, et la nationalité devraient disparaître. Les structures de soutien des groupes discriminés devraient être renforcés. L’enseignement et la recherche devraient produire un savoir antidiscriminatoire.

§ 6. Nous demandons le rétablissement et l’élargissement de l’autogestion et de l’autonomie des universités ! La limitation massive et systématique de la liberté des institutions universitaires en faveur de modèles économiques est à revoir. L’installation des structures de pouvoir autocratiques s’oppose aux formes de discussion démocratiques et collégiales. L’ensemble des personnes concernées (l’ensemble des « vier Kurien », c’est-à-dire des professeurs, des professeurs associés, des étudiants et d’autres personnels) devraient être intégrés dans les processus de décision pour mettre un terme à la politique hiérarchique (« Top-Down-Politik »). La fonction des présidents d’université et des bilans de savoir (« Wissensbilanzen ») est à revoir. Nous demandons l’abolition du Conseil d’université (« Universitätsrat »)

§ 7. Nous demandons la protection financière pour tout le monde ! La situation des professeurs associés et des jeunes employés est exemplaire de la précarité des conditions de travail. L’octroi de contrats de courte durée aux chargés de cours (« LektorInnen ») met en danger l’existence des enseignants et de l’enseignement. L’autofinancement des postes d’emploi par les sources tertiaires (« Drittmittel ») cause des pressions supplémentaires. Le personnel scientifique et non scientifique est forcé à un nombre inacceptable de travaux non payés sous une pression temporelle énorme. Nous demandons des contrats de longue durée, des postes fixes et des espaces de travail pour l’ensemble des enseignants et chercheurs. La flexibilisation des marchés du travail est symptomatique de la tendance générale à priver de plus en plus de personnes d’une sécurité financière stable. Nous demandons une discussion sérieuse sur un revenu minimum.

§ 8. Nous demandons des structures d’enseignement et recherche émancipatoires ! La structure de financement du personnel scientifique détermine la manière dont enseignement et recherche fonctionnent et ainsi la production et la transmission de savoir. Actuellement les structures établies sont privilégiées au détriment des structures innovatrices, risquées et critiques. Nous demandons des périodes de subventions prolongées et un renforcement des subventions au-delà des orentations « mainstream » de la science (« Förderung von Forschung jenseits des wissenschaftlichen Mainstreams »)

§ 9. Nous demandons une discussion de principe au sujet des suites et de correction du « processus de Bologne » ! Le processus de Bologne est le parangon des problèmes actuellement discutés dans les universités autrichiennes. La critique concerne notamment la « scolarisation » (« Verschulung ») des études, les restrictions de la reconnaissance des résultats des études et d’examen, la détérioration de la mobilité internationale et nationale, le manque d’acceptation du diplôme Bachelor (licence) pour la qualification professionnelle et les systèmes d’accréditation difficiles. Est également critiqué le statut du processus de Bologne comme directive européenne qui doit être interprétée et appliqué par les acteurs nationaux exclusivement. Nous demandons une réflexion approfondie sur les changements causés par Bologne.

§ 10. Nous demandons la révision des nouveaux programmes d’étude (« Studienpläne ») ! La révision des programmes d’étude selon les nécessités de Bologne, qu’elle soit prévue ou déjà appliquée, a causé de nombreux problèmes de structure et de contenu. Notamment la mise en modules cause une instruction contradictoire (« ‘Ver-Ausbildung’ von Bildung »), nuit à la curiosité scientifique des étudiants et à la liberté de la recherche. La pensée critique nécessite la liberté d’études autonomes, non la soumission à des programmes d’études inflexibles. Il faut rétablir les lieux de liberté pour l’organisation des études et des enseignements selon des critères de l’auto-organisation.

§ 11. Nous demandons des lieux publics pour le débat collectif ! La discussion publique occasionnée par les protestations des étudiants doit continuer. Les demandes ne peuvent pas être satisfaites par des mesures d’urgence, qu’elles soient financières ou d’action. Il nous faut des changements de structure qui correspondent à une réflexion sociale et globale de longue durée. Ceci n’empêche pas la nécessité des actions immédiates. En ce sens les enseignants et chercheurs des universités viennoises soutiennent l’annexion des lieux de réflexion et l’élargissement du mouvement d’occupation et de protestation. Nous demandons aux responsables de libérer les salariés et les étudiants pour la participation dans telles actions.

Annexe : texte allemand intégral du "Catalogue de demandes des enseignants viennois :
Erweiterter Forderungskatalog der Lehrenden- und Forschendenversammlung der Wiener Universitäten, 2. November 2009

§ 1. Wir fordern breite Debatten zu einem emanzipatorischen Bildungsbegriff !

Der derzeitige Bildungsbegriff ist am Projekt einer wettbewerbsfähigen Wissensökonomie orientiert. Bildungsinstitutionen wird fast ausschließlich im Kontext marktwirtschaftlicher Verwertungslogiken Bedeutung zugemessen. Ein emanzipatorischer Bildungsbegriff dagegen umfasst selbstbestimmtes und selbstorganisiertes Lernen sowie das Recht auf freie Forschung und erkennt auch nicht-akademische Wissensformen und Wissenskulturen an. Ziel von Bildungspolitik sollte daher sein, die Rahmenbedingungen für die Thematisierung und Reflexion möglichst vielfältiger Inhalte aus verschiedenen Perspektiven zu schaffen. Wir lassen uns nicht zu Humankapital einer Wissensökonomie reduzieren. Wir sind Teil einer ebenso breiten wie vielfältigen Basis emanzipatorischer, sozialer Bewegungen.

§ 2. Wir fordern freien Zugang zu Wissen und die Demokratisierung der Forschungsförderung !

Die Prioritätenbildung in der Forschungsförderung von Seiten der Politik ist weder transparent noch Ergebnis eines demokratischen, gesamtgesellschaftlichen Aushandlungsprozesses. Sie wird von Eliten vorgegeben und folgt oft partikularen wirtschaftlichen Interessen. Dadurch leiden viele nicht unmittelbar ökonomisierbare Forschungszweige und Fachgebiete unter Unterfinanzierung. Dies hat dramatische Auswirkungen auf das Lehr- und Forschungspersonal und die Infrastrukturen, wie Bibliotheken und technische Gerätschaften. Wissen, das an öffentlichen Einrichtungen geschaffen wird, soll auch frei und kostenlos für alle zugänglich sein. Insbesondere fordern wir eine öffentliche Auseinandersetzung mit der Teilhabe der Wissenschaft und ihrer Institutionen an Kolonialismus, Nationalsozialismus und „embedded scientists“ in gegenwärtigen Kriegen.

§ 3. Wir fordern Bildung für alle und jederzeit statt lebenslänglich Ausbildung !

Der Imperativ lebenslangen Lernens ist heute vor allem eine Aufforderung, sich für einen flexiblen Arbeitsmarkt „fit“ zu halten. Nicht nur zertifizierte Schul- und Universitätsabschlüsse, sondern auch außerschulische Kompetenzen und kognitive Fähigkeiten wie Intelligenz, soziale Kompetenz und Kreativität, werden in den Dienst von „employability“ gestellt. Wir fordern, dass diese Fähigkeiten auch außerhalb einer Verwertungslogik als Grundlage persönlicher Entfaltung und sozialer Bewegungen anerkannt werden. Eine so verstandene Bildung muss für alle Generationen und generationenübergreifend frei zugänglich sein.

§ 4. Wir fordern exzellente Massenuniversitäten !

Der im Zuge des sog. „Bologna-Prozesses“ offen zu Tage tretenden Tendenz zur Elitebildung im ganzen Bildungssystem muss Einhalt geboten werden. An die Stelle von fragwürdigen Eliteprogrammen, die eine höchst spezialisierte, politisch regulierte Wissensproduktion mit gesellschaftlichen Privilegien verbinden, müssen Bemühungen und Maßnahmen treten, eine ausgezeichnete Lehre und Forschung auf allen Ebenen, in allen Fachbereichen und für alle Studierenden zu gewährleisten. Eine Massenuniversität kann mit der entsprechenden finanziellen und personellen Ausstattung Exzellenz für alle bieten.

§ 5. Wir fordern verstärkte Maßnahmen gegen Diskriminierung !

Verschiedene gesellschaftliche Mechanismen erschweren und verhindern aktuell breiten Teilen der Bevölkerung den Zugang zum Bildungssystem. Dazu zählen nicht nur Studiengebühren und Knock-out-Prüfungen an den Universitäten, sondern ebenso Diskriminierung aufgrund von sozialer Herkunft, Geschlecht, Hautfarbe, Alter, Migrationshintergrund, StaatsbürgerInnenschaft, etc. an allen Bildungseinrichtungen, insbesondere im Pflichtschulbereich. Um mittelfristig allen Gesellschaftsmitgliedern den Zugang zu Bildung zu ermöglichen, sind wir für den Ausbau institutioneller Strukturen und Investitionen zur Förderung benachteiligter Gruppen, neben antidiskriminatorischer Betriebsvereinbarungen und der Anerkennung ausländischer Zeugnisse. Darüber hinaus fordern wir die explizite Orientierung von Forschung und Lehre an der Herstellung von Wissen, das die Strukturen der Produktion von Ungleichheiten benennt, analysiert und bekämpft, sowie die stärkere Förderung antidiskriminatorischer Kontrollmechanismen (z.B. Transparenz bei Besetzungsverfahren, Quotenregelungen).

§ 6. Wir fordern die Wiederherstellung und Ausweitung der universitären Selbstverwaltung und Mitbestimmung !

Die letzten Jahre brachten eine massive und systematische Beschneidung der Freiheit der universitären Selbstverwaltungsorgane und der Mitbestimmung aller Mitglieder der Universitäten zugunsten marktwirtschaftlicher Modelle. Die Installierung autokratischer Macht- und Herrschaftsstrukturen führte zu massivem Abbau demokratischer, kollegialer Arbeits- und Diskussionsformen. Um die aktuelle Top-Down-Politik zu stoppen, ist eine gleichberechtigte Einbeziehung aller vier Kurien in universitäre Entscheidungsprozesse unabdinglich. Die Befugnisse des Rektorats sowie die Praxis der Leistungsvereinbarungen und der Wissensbilanzen müssen neu überdacht werden. Wir fordern die Abschaffung des Universitätsrats.

§ 7. Wir fordern neue Formen finanzieller Absicherung für alle !

Die existentielle Situation des akademischen Mittelbaus und des wissenschaftlichen Nachwuchses ist beispielhaft für gegenwärtige prekäre Arbeitsbedingungen. Die kurzfristige und ungesicherte Vergabe von Semesterverträgen für LektorInnen bedroht die Existenz der Lehrenden wie die Lehre selbst. Die immer zwingendere Selbstfinanzierung des eigenen Arbeitsplatzes durch Drittmittel führt zu immensen zusätzlichen Belastungen. Wissenschaftliches sowie nicht-wissenschaftliches Personal leistet in diesen Kontexten unter hohem Zeitdruck ein untragbares Ausmaß an unbezahlter Arbeit. Wir fordern langfristige Verträge mit Aussicht auf Verlängerung, fixe Arbeitsplätze und Versammlungsräume für alle Lehrenden und Forschenden. Die Flexibilisierung wissenschaftlicher Arbeitsmärkte ist symptomatisch für allgemeine Tendenzen am Arbeitsmarkt, die immer mehr Menschen immer weniger kontinuierliche, finanzielle Absicherung bieten. Wir fordern daher eine ernsthafte Diskussion über das bedingungslose Grundeinkommen und einen allgemeinen Mindestlohn als Möglichkeiten kontinuierlicher, finanzieller Absicherung statt prekarisierter Arbeitsmärkte.

§ 8. Wir fordern Strukturen für emanzipatorische Lehre und Forschung !

Die Finanzierungsstruktur von Forschung und Lehre und damit auch die Arbeitsbedingungen wissenschaftlichen Personals geben den Rahmen für die Art und Weise vor, wie Forschung und Lehre angelegt werden und damit indirekt auch, welches Wissen produziert und vermittelt werden kann. In den derzeitigen Strukturen erhalten tendenziell die etablierten Forschungs- und Lehrbereiche mehr Unterstützung als neu entstehende und solche mit kritischem Inhalt. Kurze Anstellungsperioden und hoher Leistungsdruck schließen komplexere Fragestellungen aus und führen zur Vernachlässigung innovativer aber riskanter Forschungsinhalte. Wir fordern daher überall dort längere Förderperioden wo es nötig und sinnvoll ist sowie die stärkere Förderung von Forschung jenseits des wissenschaftlichen Mainstreams.

§ 9. Wir fordern eine grundsätzliche Bestandsaufnahme sowie Diskussion über Folgen und mögliche Korrekturen des Bologna-Prozesses !

Der sog. „Bologna-Prozess“ ist der Inbegriff für viele Missstände, die zur Zeit an den österreichischen Universitäten diskutiert werden. Sogar die deutsche Kultusministerkonferenz schließt sich der Kritik von Studierenden an einer „Verschulung“ des Studiums, einer restriktiven Anerkennung von Studien- und Prüfungsleistungen, der Verschlechterung der nationalen und internationalen Mobilität, einer geringen Akzeptanz des Bachelors als berufsqualifizierenden Abschluss, sowie den aufwändigen Akkreditierungsverfahren an. Hinzu kommt, dass „Bologna“ den Status einer EU-Direktive hat, weshalb sie nur von nationalen AkteurInnen interpretiert und umgesetzt werden kann. In diese Diskussion müssen alle Universitätsangehörigen und die Öffentlichkeit einbezogen werden. Wir fordern eine gründliche Reflexion darüber, welche positiven Neuerungen „Bologna“ bringt und was sich durch die Umstrukturierungen verschlechtert.

§ 10. Wir fordern die Überarbeitung der neuen Studienpläne !

Die im Zuge des sog. „Bologna-Prozesses“ geplante und teilweise erfolgte Umgestaltung der Studienpläne hat viele strukturelle und inhaltliche Probleme nach sich gezogen. Insbesondere die Modularisierung führt zur „Ver-Ausbildung“ von Bildung, zur Ermüdung der wissenschaftlichen Neugier der Studierenden und einer Einengung der Freiheit der Lehre. Kritisches und mündiges Denken vollzieht sich nicht entlang schablonierter Studienpläne, sondern kann nur in der Freiheit eines selbst bestimmten Studiums gedeihen. Daher müssen in die Studienpläne mehr Freiräume für ein selbstorganisiertes Lernen und Lehren eingearbeitet werden.

§ 11. Wir fordern die Einrichtung öffentlicher Räume für eine kollektive Debatte !

Es ist von wesentlicher Bedeutung, dass die öffentliche Diskussion, die die Studierendenproteste ausgelöst haben, fortgesetzt wird. Den vorgelegten Forderungen kann nicht durch einmalige Maßnahmen, weder durch rein finanzielle Mittel noch durch ein ad-hoc-Maßnahmenpaket, Genüge getan werden, sondern nur durch strukturelle Veränderungen und langfristig angelegte, gesamtgesellschaftliche Reflexion. Das bedeutet nicht, dass es nicht sofortigen Handelns bedürfte ! In diesem Sinne unterstützen die Lehrenden und Forschenden der Wiener Universitäten ausdrücklich eine Aneignung solcher Räume und die Ausweitung der Besetzungs- und Protestbewegung ! Zur Unterstützung der Bewegung fordern wir die Verantwortlichen auf, MitarbeiterInnen sowie Studierende der Universitäten für entsprechende Aktionen freizustellen !