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Malgré des aides de l’Etat les plus fortes au monde, le volume de recherche des entreprises stagne depuis dix ans (en un graphique)

Par Henri Audier, le 31 mai 2010

Les données des « Principaux indicateurs de la science et de la technologie » de l’OCDE, le dernier fascicule notamment (2009/2), montrent (i) que le volume de la recherche des entreprises stagne en France depuis une décennie, (ii) que la France EST LE SEUL PAYS dans ce cas, (iii) qu’en conséquence, le Crédit d’impôt n’a aucun effet d’entraînement sur le volume de recherche des entreprises. C’est la faillite d’un système, le plus onéreux du monde pour l’Etat, mais qui s’avère minablement inefficace. Les milliards dépensés en pure perte ont été soustraits à la recherche publique qui, de ce fait, a stagné en volume depuis 2002.

Graphique 1

Le Graphique 1 ci-dessus résume la situation : les dépenses de R&D des entreprises françaises (investissements propres plus aides de l’Etat, directes ou fiscales) correspondent à un encéphalogramme plat depuis 8 ans. Donc une forte baisse par rapport au PIB. Par contre celles de l’Allemagne et de la Corée, déjà élevées, progressent fortement. Or, dans ces pays, les aides de l’Etat sont beaucoup plus faibles qu’en France : l’Allemagne n’a même pas de crédit d’impôt.

Madame Valérie Pécresse, au lieu de faire une tournée en Allemagne pour avoir des idées pour le grand emprunt, ferait mieux de se demander pourquoi les entreprises allemandes investissent dans la recherche deux fois plus que les entreprises en France. Et l’Allemagne est restée, de ce fait, un pays industriel, au commerce extérieur excédentaire. Mais cela n’est pas la mission de la ministre, mission qui est de démolir la recherche publique. Avec beaucoup d’agitation médiatique mensongère.

La France à la 16ème place pour la recherche des entreprises Il ressort du Tableau 1, directement tiré des statistiques de l’OCDE, que la France est dans les profondeurs des classements mondiaux pour les dépenses des entreprises/PIB. En prenant en compte la Suisse, dont le ratio est très supérieur à deux mais qui considère que le détail est un secret industriel, la France est en seizième position mondiale. Et ce n’est pas fini, à ce rythme, nous serons aussi rapidement dépassés par le Royaume-Uni, l’Australie et … la Chine.

Plus que le classement, ce sont les écarts qui frappent. Il faudrait augmenter de 50 % le volume de recherche pour nous situer honorablement, tout en restant loin derrière des pays de tête, scandinaves ou asiatiques.

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