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Le gouvernement programme la suppression de 2000 emplois pour les seuls EPST (CNRS, INSERM, INRA etc.)

Par Henri Audier, le 16 juin 2010

Article publié le 17 mai 2010 sur le blog d’Henri Audier

Les Echos viennent d’en faire l’annonce : il y aura pour « les opérateurs de l’Etat » (dont Pôle Emploi, mais aussi le CNRS, l’Inserm, etc…) 1,5 % par an de suppressions d’emplois chaque année pendant trois ans et 10 % de baisse des crédits en trois ans (texte en annexe). Cela représente deux milles postes supprimés pour les seuls établissements de recherche (les EPST). Merci pour les précaires !

En fait, la presse gouvernementale présente le choix de l’austérité comme une conséquence de la crise grecque, alors qu’il n’en est rien. La preuve : il y a six mois, à l’occasion de l’annonce du « Grand emprunt » (on rappelle que seuls les intérêts du dit emprunt seraient utilisables par les heureux bénéficiaires), Sarkozy avait averti : « Les intérêts de l’emprunt seront compensés par une réduction des dépenses courantes dès 2010 et une politique de réduction des dépenses courantes de l’Etat sera immédiatement engagée »(Site de l’Elysée).

Mieux, milieu février, Eric Woerth, alors au budget, annonçait exactement les chiffres donnés aujourd’hui : une baisse de 5 % de l’emploi des opérateurs d’Etat et de 10 % des crédits, sur trois ans. (voir ici)

Le but est clair : remplacer encore davantage les crédits de base - c’est-à-dire les dotations normales - par des appels d’offre tenus en main par le pouvoir, et remplacer les emplois statutaires par des CDD. Le choix fait par Sarkozy de maintenir le paquet fiscal (13 à 15 milliards par an) et de réduire impôts et taxes pour les plus riches, n’est pas seulement un choix destiné à satisfaire une partie de sa clientèle électorale. C’est aussi le moyen de démolir le service public. Alors qu’on avait, à force d’obstination, obtenu un « gel » des suppressions d’emplois pour 2009 et 2010 dans l’enseignement et la recherche, la Grèce fournit au gouvernement l’occasion de faire sauter cette digue.

Le texte des Echos

« L’augmentation [du budget] sera limitée à l’inflation pendant trois ans (« zéro volume »), mais, « compte tenu de la dynamique inéluctable de la charge de la dette et des dépenses de pensions, cet objectif se traduira, dès 2011, globalement par une stabilisation en valeur de l’ensemble des autres dépenses de l’Etat. Certaines missions verront donc nécessairement leurs crédits diminuer en euros courants », indique le courrier que « Les Echos » se sont procuré. Pour y parvenir sont confirmés le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ainsi que la diminution de 1,5 % par an des effectifs des opérateurs (Météo France, CNRS, Pôle emploi, etc.). Le Premier ministre demande aussi à l’Etat comme aux opérateurs de réduire de 5 % dès 2011 les dépenses de fonctionnement courantes (10 % d’ici à 2013).

« L’ampleur du redressement budgétaire exige en outre que les dépenses d’intervention de l’Etat soient systématiquement réexaminées […]. Pour l’ensemble des dispositifs d’intervention, notre objectif doit être de réaliser le même effort que sur les dépenses de fonctionnement, soit une baisse en valeur de 10 % », indique le courrier. Le champ de dépenses visé représente cette fois plus de 60 milliards d’euros (contre moins de 10 milliards pour le fonctionnement courant). L’objectif d’économies sur trois ans dépasse donc 6 milliards. Il n’est pas chiffré pour 2011 ».