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22/6/010 Lancement d’ATHENA, l’Alliance pour les sciences humaines et sociales

le 22 juin 2010

ATHENA, l’Alliance pour les sciences humaines et sociales regroupant le Centre national de recherche scientifique (C.N.R.S.), la Conférence des Grandes Ecoles (C.G.E.), la Conférence des présidents d’université (CPU), l’lnstitut national des études démographiques (INED) a été lancée officiellement le 22 juin.

Ellle est destinée à chapeauter l’ensemble de la recherche dans ce secteur, ainsi que l’indique le Communiqué du Ministère. Entre autres missions elle devra :
- "faire des propositions pour développer les interfaces et les coopérations entre les acteurs de la recherche en matière d’infrastructures de recherche et grands équipements (bibliothèques, numérisation)"
- "aider à la programmation de la recherche à moyen et long terme et participer à la veille et la prospective scientifique"
- "mettre en cohérence les stratégies de recherche des universités et des établissements d‘enseignement supérieur (...) et celle des organismes de recherche".

Le communiqué du MESR ne mentionne pas le rôle de l’Alliance dans l’octroi des crédits du Grand emprunt, qui suscite de fortes réserves de la CPU (voir 21/6/010 Alliances et Grand Emprunt : risques de conflit d’intérêt selon la CPU). Il ne précise pas non plus la composition des instances de direction de l’Alliance, mais le second rapport d’étape du Conseil pour le développement des Humanités et des sciences sociales (CDHSS) prévoyait qu’y siègeront des membres des organismes fondateurs et des personnes nommées par le Ministère.

La philosophie d’ATHENA est donc conforme à celle des 4 autres alliances déjà créées : organiser des interfaces obéissant aux projets décidés d’en-haut (en fonction des "grands défis sociétaux") (1) et ôter aux instances représentant la communauté scientifique ce qu’il leur reste de prérogatives (2).

Entre l’Agence Nationale pour la Recherche, les Alliances, les PRES, les campus d’excellence, les labos tout autant d’excellence, les comités ad hoc nommés par le gouvernement pour sélectionner les projets dans le cadre du Grand Emprunt, le Conseil de surveillance des investissements d’avenir, le paysage de l’Enseignement supérieur et de la Recherche exige désomais l’oeil du géologue expert en chevauchements de strates, remontées magmatiques et autre tectonique des plaques.

Point de doute en revanche sur l’essentiel : dans ce grand tohu-bohu, le pouvoir politique est l’ordonnateur suprême de la recherche.

(1) Pour les effets de la création de l’alliance en sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) voir L’organisation de la recherche en biologie en France va être bouleversée

(2) Le second rapport du CDHSS était aussi clair que pudique : "le rôle que jouera la future Alliance SHS en matière de prospective scientifique implique, de la part du CNRS et de la communauté scientifique, une réflexion sur l’évolution des missions du Comité national de la Recherche Scientifique, évolution dont il ne nous appartient pas de dresser les contours" (p. 29)