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Pour un collectif des chercheurs hors-statuts en sciences humaines et sociales

le 10 février 2004

Depuis les dernières mesures gouvernementales visant à réduire autant les budgets alloués à la recherche que le nombre de postes de chercheurs, le monde de la recherche se mobilise (pétitions, manifestations). Face au "programme de précarisation" annoncé, les revendications relayées par les syndicats sont claires : maintien voire renforcement des budgets, ouverture de postes, titularisation des CDD.

Nous, chercheurs hors-statuts, sommes donc directement concernés, or nous n’apparaissons pas. Les seuls chercheurs non-titulaires pris en considération sont ceux qui ont encore un peu de visibilité et un minimum d’attache institutionnelle : les post-doctorants et les chercheurs sous contrats à durée déterminée dans les établissements publics scientifiques et techniques. Nous ne sommes pas tous dans ces établissements. Nous sommes ailleurs, pourtant tous chercheurs actifs, répondant aux appels d’offres, aux charges de cours, de mission, etc. Notre situation professionnelle est financièrement des plus instables, les possibilités de valorisation de nos travaux sont aléatoires et la probabilité d’intégrer un organisme public de recherche faible. Chaque mesure qui affecte la recherche publique nous atteint les premiers. Nous sommes marginalisés, isolés dans des associations, intermittents, en "free lance", CDD, chômeurs, Rmistes. Lorsque nous sommes présents dans les institutions de recherche et laboratoires, c’est au titre de "chercheurs associés", de "collaborateurs bénévoles" ou encore assimilés à des post-doctorants - sans en avoir le statut. Nos situations sont diverses, mais cette diversité peut aller jusqu’à la misère, et nous y sommes directement exposés : "Hors-statuts". Le sort qui nous est fait est l’expression manifeste et parmi les plus scandaleuses de l’appauvrissement du monde de la recherche et des effets d’une précarisation à l’ ?uvre depuis plusieurs années. Les plus précaires d’entre les chercheurs ne sont donc pas inclus dans les revendications portées par le monde de la recherche. Pourquoi ? Parce que nous sommes déjà tellement précarisés que nous en devenons transparents. Nous ne serons donc absolument pas bénéficiaires des négociations qui vont avoir lieu. Tout au contraire, nous risquons de nous retrouver dans une situation encore un peu plus désastreuse. Il est question d’Assises Nationales de la Recherche, d’opérations "sciences en berne" : nous devons y être et nous y faire entendre en tant que hors-statuts. Au-delà de ces actions, nous envisageons d’ores et déjà d’organiser des rencontres sur l’état de la recherche hors-statut en sciences humaines et sociales. Un mouvement est en cours : il ne doit pas se faire sans nous ! Il ne tient qu’à nous de nous y inscrire. Il y a urgence à nous faire connaître et reconnaître, à nous inscrire dans les revendications actuelles. Nous y avons notre place, prenons là !

Nous appelons, concrètement et dans l’urgence, à la fédération en un collectif des hors-statuts, pour une concertation et l’établissement d’une base de revendications commune, afin d’exiger d’être présents autour de la table des négociations. Nous appelons nos collègues d’autres horizons disciplinaires à s’organiser et à nous rejoindre pour élaborer une plate-forme qui nous unisse.

Parce que nous sommes dispersés, isolés, divers, surexposés à la précarité, absorbés par nos recherches et le maintien de notre exercice professionnel, il est très difficile de nous organiser. Difficile, mais pas impossible : ·Afin de montrer que nous sommes nombreux et tenter une première estimation de ce nombre, nous vous demandons de répondre à ce courrier et de le diffuser autour de vous. ·Afin de pouvoir rendre compte des conditions de travail, de privation de travail et d’existence qui sont les nôtres, nous vous demandons de préciser dans votre réponse : votre âge, vos diplômes, votre situation sociale actuelle, vos conditions d’emploi, l’échelle des revenus tirés de la recherche dans laquelle vous oscillez, etc. Bref : ce que vous jugez utile pour que soit dénoncée publiquement la situation inadmissible dans laquelle nous exerçons le métier de chercheur. ·Afin de savoir plus précisément quelle forme et quel nom donner à un collectif comme celui que nous proposons de fonder, nous vous demandons de vous prononcer sur les modalités d’organisation que nous pourrions choisir et les rapports que vous envisagez avec les partenaires syndicaux, associatifs ou autres. ·Afin de savoir quelles revendications nous voulons porter aux tables de négociation, exprimez les dans votre réponse.

Répondez nombreux, répondez vite et : ALLONS-Y !

Contacts : Corinne Boujot, ethnologue, cboujot@club-internet.fr ; Martine Bergues, ethnologue, Arnon.Bergues@wanadoo.fr ; Anne-Elène Delavigne, ethnologue, anne.elene.delavigne@free.fr ; François-Xavier Trivière, ethnologue, francois-xavier.triviere@wanadoo.fr